Lundi 8 décembre 2008
Les lettres ont le vent en poupe ces temps-ci, après celle de Bastien cazals, voici celle de Jeanne Moreau (trouvé sur le Rocroco). 

   
 
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Vendredi 5 décembre 2008
C'est en passant chez Gaël que j'ai trouvé cette perle qui tombe à pic dans l'actualité tonitruante de L'Elysée.

Bastien Cazals est enseignant et directeur d'école, il vient d'écrire le 25 novembre une lettre au président l'informant des dérives que sa profession connaît aujourd'hui. Il fait part à Nicolas SArkozy de son intention de ne pas appliquer un certains nombres de mesures prises récemment. Il a pour cela été reçu à l'inspection académique par M Destouches (un parent à Louis Ferdinand Céline ?, allez savoir).
Il a donc décidé:

En tant qu'enseignant
  •  Je n'appliquerai pas les nouveaux programmes mais continuerai à travailler dans l'esprit des programmes de 2002 (qui n'ont d'ailleurs fait l'objet d'aucune évaluation).
  • Je n'effectuerai pas l'aide personnalisée auprès des élèves (qui est destinée à remplacer l'aide spécialisée du Rased) mais mettrai à profit ces 60 heures annuelles pour rencontrer les parents deux fois dans l'année (en milieu et fin d'année), organiser les projets pédagogiques collectifs et également pour faire vivre la bibliothèque de mon école (qui est actuellement sous-utilisée faute de personnel mis à disposition).
  • Je ne déclarerai pas à l'administration mon intention de faire grève, 48h à l'avance, mais j'informerai, comme par le passé, les parents d'élèves au moins deux jours avant.
  • Je ne me porterai jamais volontaire pour les stages de remise à niveau ni ne transmettrai de liste d'élèves.
et en tant que directeur
  • Je ne participerai plus au fichage centralisé des écoliers via Base Elèves
  • Je ne traiterai plus que les demandes administratives qui concerneront directement les élèves, mes collègues ou le fonctionnement de mon école.
Il prends donc le maquis de la désobéissance pédagogique à visage découvert, il est donc conscient du risque administratif qu'il encourt. Un bon point pour lui et chose rare: Cinq syndicats le soutiennent. En effet l'éducation nationale n'aime pas du tout ce genre de dissidence, surtout si elle fait du bruit. Cette lettre me fait penser à une autre, celle de Boris Vian au président Gaulliste de l'époque: Charles de Gaulle. J'espère que Nicolas Sarkozy appréciera cette lettre à sa juste valeur, si elle lui parvient un jour entre les mains.

                                             Le déserteur de Boris Vian
    
                      

                                                 Boris Vian - Le Déserteur -
                                                 envoyé par chantalounette
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Dimanche 30 novembre 2008

Le premier décembre à Madrid, les partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes adopteront leur manifeste pour les élections européennes de 2009. Suite aux récentes péripéties Franco-françaises intervenues au PS, je ne pense pas que le PS Français soit d'attaque pour ce chantier là.

Cette journée sera suivie en streaming sur le site du PSE à partir de 9h, les délibérations publiques auront lieu de 12h à 14h et le manifeste des partis progressistes Européens sera disponible à 14 h sur le même site.

C'est un premier pas pour donner une bonne claque aux pays qui sentent fort en Europe comme l'Italie et la France.


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Mercredi 26 novembre 2008

Ségolène Royal vient d'annoncer sur son blog qu'"elle continuait". Pour interpréter ce truisme ségolénien à sa juste valeur, il faut préciser quelque peu sa pensée. En effet, elle n'a pas dit textuellement accepter le vote des militants et reconnaître comme première secrétaire Martine Aubry, non elle ne l'a pas dit. Elle n'a pas dit non plus qu'elle continuerait à promouvoir sa candidature pour 2012 au sein du parti socialiste, non elle n'a pas non plus dit cela.

Chacun doit donc y aller de son interprétation sur ce "on continue" pour le moins très sibyllin. Pour éclaircir cela il faut je pense revenir à dimanche dernier, l'unité du parti n'était plus assurée, et je penchais pour ma part pour un départ de ségolène Royal du PS. J'interprète donc ce "on continue" comme: oui Martine Aubry est première secrétaire et non je ne vais pas quitter le parti socialiste. Ce "on continue" me ravie donc car il invalide mon hypothèse de ce week-end qui pronostiquait une scission du parti socialiste. Ce "on continue" signifie l'acceptation du choix des militants, même si il est discutable (personne ne pourra dire que les 102 voix d'écart sur les 137000 bulletins, au vu des nombreuses irrégularités commises, justifient pleinement l'élection de Martine Aubry).

Ségolène Royal après le passage de la commission de récolement n'était pas obligée d'accepter la situation actuelle, c'est pourtant ce qu'elle vient de faire sans dire nommément les choses. Elle s'est donc adressée aux gens de gauche pour leur assurer la continuité du parti socialiste, ce qui est une bonne chose. Mais elle ne digère pas ce choix là. Martine Aubry va donc très certainement avoir Ségolène Royal sur le dos dans les années qui viennent.

Ce "on continue" lui laisse également la porte ouverte pour sortir du parti socialiste dans les années à venir si le besoin s'en faisait sentir. Vous souvenez-vous qui a dit: on n'insulte pas le futur ? François Hollande bien sur. Ségolène Royal n'insulte donc pas l'avenir, car elle ne s'est pas positionnée comme la fossoyeuse du parti socialiste, qu'elle aurait pourtant pu être aujourd'hui et à juste titre, sans pour autant se fermer des portes pour demain.

"on continue" s'adresse également à ses électeurs du deuxième tour de la présidentielle ratée, elle leur signifie à nouveau son intention d'aller vers 2012, d'une façon ou d'une autre. 

Ce n'est donc pas une grande victoire au PS aujourd'hui. En effet, il vient juste d'éviter son effondrement par rupture en deux blocs égaux. La cassure programmée, avec comme corollaire une défaite en 2012, vient donc d'être évitée point barre. Ce qui est léger pour un début de mandat, Aubry a aujourd'hui du pain sur la planche pour que le PS redevienne seulement crédible.

    

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Mardi 25 novembre 2008

Mon sang n'a fait qu'un tour à la vue de cette vidéo de Patrick Devedjian, Frédéric Lefebvre et Chantal Brunel appelant le parti socialiste à refaire un scrutin pour élire le premier secrétaire du PS. La vidéo est verrouillée par le nouvel observateur, je n'ai pas réussi à l'importer.

Tiens en aparté, allez voir la tête d'un "débat" à l'UMP. C'est aussi caricatural que grotesque. Ces minis-pub ressemblent à un clip publicitaire de McDo ou d'Adecco - avec le ton décalé de la minute culturelle de France 3 le soir, entre deux pubs. La rhétorique de l'UMP est là toute entière assénée comme une vérité vraie. Ces jingles de l'UMP tiennent davantage de la certitude glabre plutôt que de l'envolée lyrique. Le leitmotiv de ces clips: non ce n'est pas sale le monde évolue, ton corps aussi et il doit s'adapter à ces nouvelle exigences de la vie. J'en ai encore froid dans le dos rien que d'y penser.

Je suis donc d'accord avec Patrick devedjian, puisque je souhaitais déjà avant-hier que ce vote est à nouveau lieu.

J'ai lu ce week-end qu'un expert avait conseillé à Sarkozy de ne pas souhaiter la chute du PS, afin de ne pas générer potentiellement de désordres sociaux dans les mois à venir. Le cerveau bicéphale du président a tilté immédiatement. Ni une ni deux - on a soufflé à l'oreille du cheval, et Devedjian, qui lui doit beaucoup, engoncé d'un Frédéric Lefebvre, qui en veut tout autant sont sur les spots publicitaires de l'UMP.

J'ai senti gronder la révolte en moi lorsque cet ex porte-flingue, flanqué de sa relève, sont venus délivrer d'une voix mielleuse au possible au Parti socialiste le message du  tout-puissant:« il n’est pas dans l’intérêt de la politique française de voir l’opposition s’affaiblir et que ces crises successives qui sont de nature à favoriser les extrêmes, et en particulier Olivier Besancenot, ce qui n’est pas réjouissant pour le débat politique ». La finesse, le tact et le sens politique vont décidément bien mal avec ces daltons là. Le message est envoyé tel quel, comme l'on prends une claque lorsque l'on est enfant sans en comprendre la raison.

C'est sans doute cette "toute puissance" présidentielle étalée comme de la confiture dans les médias qui me donne le plus de boutons aujourd'hui. Sarkozy semble faire une obole à un PS, aujourd'hui moribond. Il lui "donne" le présent comme on jette cent balles au clochard du coin de la rue, non pas pour lui-même mais plutôt pour satisfaire notre besoin de charité.

Nicolas Sarkozy, c'est un peu le Patrick Bateman d'American Psycho coincé par ses Swaps quotidiens  internationaux à l'Elysée, et livrant bataille par disciples interposés sur la scène politique nationale.

Une fois la bile sortie, il ne reste que les faits: un parti socialiste exsangue entre intrigues, plaintes, invectives et menaces. Et une gauche d'ores et déjà prête à livrer 2012 à Patrick.

Alors, j'insiste le parti socialiste, pour les raisons que j'ai indiqué Dimanche, a besoin d'un autre scrutin. Alors un peu de tenue, mesdames, on vous regarde.



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Dimanche 23 novembre 2008

J'étais persuadé vendredi soir, tout comme Rébus, que le PS avec ce deuxième tour de l'élection au poste de premier secrétaire était à la veille d'une nouvelle ère. Et patatra, samedi matin, un écart de seulement 42 voix séparait les deux candidates sur 137.000 votants. Inutile de préciser qu'avec cet infime écart les réclamations du clan Royal sont bel et bien fondées.

Je n'appartiens à aucuns partis, mais étant de gauche, je suis tout particulièrement intéressé par cette élection. J'ai été enthousiasmé par le processus démocratique interne au PS qui tranche d'avec le processus très bolchévique de l'UMP. Cette comparaison des processus et statuts est tellement sévère que les représentants de l'UMP ont préférés se perdrent en persiflages et conjectures diverses et variées. Les quotidiens se pourlèchent de ce flux incessant de fluctuations journalières. Un constat s'impose: le PS est donc (re)devenu le flux RSS privilégié des médias. Et finalement, c'est une bonne chose peu importe les raisons.

Une première évidence aujourd'hui: nous sommes en face de deux blocs d'exactes égalités de  forces: l'un plus proche du centre, l'autre plus "recentré" sur les valeurs de gauche. Cette situation inédite est à mettre au crédit de la démocratie, et en cela nous sommes en face d'une  problématique saine. Le PS est donc dans la situation des Etats-unis, lors du scrutin de 2000, qui avait élu G.Bush avec paradoxalement moins de voix que son concurrent Gore. Il n'y a donc rien de dramatique à cette situation sinon le tintouin médiatique, et les klaxons de l'UMP qui masquent leurs sourdes soumission au chef. Tout cela fait de toute façon, quoi qu'il en soit, une très bonne publicité pour la gauche. Ce n'est pas Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy, ces deux grands habitués de buzz médiatiques qui diront le contraire.

Le conseil National du PS va trancher Mercredi et il y'a fort à parier, que les points marqués par Martine Aubry ce Week-end seront confirmés. C'est à mon avis l'hypothèse la plus crédible aujourd'hui. Si tel était le cas, Quelle serait la réaction de Ségolène Royal ? je vois trois réactions possibles au scénario que la démocratie vient d'imposer au PS:

  • Une acceptation "combative" de l'issue de ce scrutin, par S.Royal, ce qui la placerait illico dans l'opposition de l'opposition, avec n'en doutons pas un torpillage systématique à venir des choix du nouveau premier secrétaire - jusqu'à la prochaine échéance du PS avec lui-même: le choix du candidat à l'élection présidentielle de 2012
  • Une acceptation "passive" de S.Royal de ce scrutin, l'amènerait de facto à une marginalisation lente de sa position au sein du PS
  • Un refus de la victoire de Martine Aubry par S.Royal pourrait avoir plusieurs conséquences: un départ du PS, ou même pourquoi pas un retrait de la politique de celle-ci.

Je pense que la troisième hypothèse, avec un départ fracassant mais avec panache du PS  serait davantage dans son tempérament que les autres hypothèses. Ce serait sans doute la première étape de la création d'un nouveau parti de gauche. Et là se profilerait un spectre que je n'apprécierai guère: la balkanisation de la gauche. Ce parti a été réunis par François Mitterrand dans le but de remporter les élections présidentielles, cet objectif a été atteint. Cet éclatement de la gauche serait évidemment préjudiciable et provoquerait également une défaite annoncée pour 2012. Ce qui pour moi est une option impensable.

Alors, réjouissons nous, le PS à défaut d'être placé sur une mine de fonds souverains est aujourd'hui sur des fonts baptismaux, le tout sous un éclairage médiatique irrévérencieux et  puissant.

L'option du conseil National ne peut donc pas être une proclamation de la victoire de Martine Aubry. En effet, les rancoeurs sont importantes chez les militants, elles pourraient bien se transformer en scission du principal parti de gauche si une décision trop défavorable à S.Royal devait être prononcée.

La solution la plus convenable pour tous les acteurs du parti socialiste serait donc de refaire un deuxième tour afin d'obtenir une ligne de démarcation plus claire entre les deux courants en présence.

Aujourd'hui nous avons potentiellement trois premiers secrétaires, dont deux femmes, messieurs et mesdames, j'espère que le choix que vous allez faire mercredi, vous le ferez en commun car il en va simplement de l'unité de la gauche, rien de plus mais rien de moins. J'espère que vous saurez mettre vos égos en sourdine, puisqu'il en va d'ores et déjà de notre victoire en 2012.


                                                    La référence




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Vendredi 21 novembre 2008

Le deuxième tour des élections pour le poste de premier secrétaire du parti socialiste est en train de se dérouler. Chacun y est allé de son pamphlet pour tuer la bête PS. Mais la bête quoi qu'on en dise résiste grâce à ses statuts, et à la démocratie interne. Une première secrétaire (??) va être élue ce soir, c'est d'ores et déjà une grande victoire pour les femmes en politique. Elles étaient plutôt habituées, et reléguées, pour le poste de secrétaire tout court jusqu'à présent.


Nous avons eu droit à une belle démonstration de démocratie depuis le début de ce congrès avec une lutte rude à la hauteur de l'enjeu. Va t'on avoir un parti socialiste qui va batifoler avec le Modem ? ou se recentrer sur son aile gauche ? 


Tout est ouvert et tout est permis à l'heure qu'il est. La vivacité du parti socialiste ne cesse de me surprendre... grâce à ses luttes internes desquelles, j'espère il sortira par le haut.


Alors Martine ou Ségolène? Deux cultures et deux visions différentes de la gauche.


Pour ma part , cette affiche va m'empêcher de dormir puisque je vais suivre le feuilleton jusqu'au bout de la nuit sur mon touitteur.





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Dimanche 16 novembre 2008
Le parti socialiste nous offre une belle leçon de démocratie, encore une fois, lors de ce congrès. Ségolène Royal est arrivée au congrès auréolée de sa victoire acquise lors du vote de Mardi, depuis il semble que les choses soient moins évidentes pour elle. Le tout sauf ségolène est en train de refaire son apparition, comme si ses déboires à l'intérieur du PS en 2007 n'avaient pas suffit à ses détracteurs. Elle vient donc de concéder à ceux-ci une consultation des militants (de plus) pour savoir si le moment venu, une alliance avec le Modem serait possible. Il semble qu'elle soit bien la seule à porter un semblant, non pas d'idéologie, mais simplement une envie comme elle le dit si bien. La transformation de Royal à laquelle nous venons d'assister est époustouflante, elle doit être drivée cette fois-ci par des DirCom' assez doués, il faut le dire.
Beaucoup la croyaient ringardisée depuis l'an dernier, il faut croire qu'elle fait preuve d'une capacité de rebond surprenante. Certains appelleront cela peut-être de la résilience, si ce terme n'est pas déjà passé de mode.

Au royaume des Francs, c'est sans aucuns doutes le parti socialiste qui cultive avec le plus d'entrain cette idée mortifère d'un passé Français revisité dans lequel tout était...rose.

Les démons du PS ressurgissent au grand jour, les barons font la loi, et le conservatisme de gauche leur sied à merveille. Si la gauche n'avait pas gagnée tant de conseils généraux en 2004 ainsi que de cantons et de mairies au mois de février de cette année la contestation de l'impulsion Royal serait sans doute moins virulente aujourd'hui. Ces élus locaux ont été élus grâce au rejet de la politique de droite qui est à l'oeuvre depuis bientôt six ans. Ils ne sont absolument pas des champions de conquête, ce sont des second choix par défaut élus à un moment donné plus par la contestation de la rue que par le désir populaire. Il faut croire que ceux-ci une fois installés prennent leurs aises mais également leurs désirs pour la réalité.

Pour paraphraser Renaud qui chantait on choisit ses copains mais on ne choisit pas sa famille, Royal pourrait conserver cette phrase et rajouter à la fin de celle-ci le mot politique. Bref avec des camarades comme ceux-là au sein du PS, Royal mérite ses ennemis.

Sans dresser une couronne de lauriers sur la tête de la reine Ségolène de Reims, l'impulsion est de son coté, c'est indubitable. Les manoeuvres, les humeurs, les personnes et les choix des uns et des autres se cristallisent autour de ses positions à elle. La route est encore longue et semée d'embûche pour elle. Elle se retrouve donc encore une fois candidate avec M. Aubry et B. Hamon.

A défaut de synthèse court-circuitant les militants, nous n'avons pas eu de synthèse du tout, ni même de synthèse molle. On en viendrait presque à regretter le François Hollande rassembleur du coté des baronnies. Ce sont donc les militants qui vont élire le premier secrétaire mardi et/ou mercredi suivant le nombre de tours. C'est une grande victoire de la démocratie, et une belle leçon n'en déplaises aux commentateurs souhaitant par dessus tout la castagne. Le premier secrétaire sera élu démocratiquement. Les autres partis politiques Français peuvent prendre de la graine sur ce congrès du PS. A défaut d'avoir un projet performant et porteur pour l'avenir, le parti socialiste peut se targer de faire ses gammes sur un registre très plaisant, basé sur la solidité de ses institutions.

Les poupées Vaudou allant par deux, j'ai soudain envie de rajouter un petit couplet sur son vainqueur lors du dernier tournoi: j'ai nommé l'ôte de l'Elysée. Il pensait avoir ravi la vedette au congrès de Reims, ce week-end, grâce au G20 fantoche puisque sans Barrack Obama. Il n'en a rien été, la passion et la ferveur des Français est toujours présente non pas pour le congrès de Reims, ni même pour le parti socialiste mais pour Ségolène Royal. Pourtant, certains anciens PDG disent encore que la France n'est pas le lieu de la seconde chance.


      
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Dimanche 9 novembre 2008
Le parti socialiste est de nouveau en effervescence depuis quelques jours, le vote des militants a eu lieu et la motion de ségolène Royal est arrivée en tête. C'est ainsi que la motion, ce terme galvaudé à souhait a été repris en veux-tu en voilà par les médias en général. La presse a mis en exergue la lutte des chefs à la tête du PS à juste titre, ainsi que la soit-disant mollesse avérée de François Hollande. Nous aurions donc un parti en voie de décomposition avancée ne sachant trop à quel sein se vouer. Ce parti n'aurait plus que deux alternatives pour gagner: aller chercher une alliance au centre ou se recentrer, en ces temps difficiles, sur ses valeurs les plus à gauche. Ceci dans le but de stopper l'avancée d'un Olivier Besancenot ratissant large sur le thème du "tous pourris", mais ne mettant en avant qu'une concorde internationale des Hommes, par ailleurs sympathique, mais guère utilisable dans les faits

Cette rhétorique ronronne dans les médias depuis un certain temps déjà, elle est pourtant erronée. Les médias encensent les vainqueurs potentiel bien longtemps à l'avance mais anticipent également leurs chutes bien avant leurs départs, et ce d'une façon assez malveillante en général.

Avant d'habiller le parti socialiste pour l'hiver il faudrait voir les avancées qui ont été accomplies par François Hollande au sein de ce parti:

Tout d'abord, il faut noter le bon en avant démocratique qui a été réalisé par François Hollande au sein de son parti pour l'élection présidentielle de 2007. J'ai eu l'impression et le bonheur, en 2006, de regarder le processus du choix du candidat socialiste comme une élection à part entière - façon US. J'ai vu une vrai processus robuste, et j'ai été étonné par la très grande maturité démocratique de ce parti pour cette primaire réalisée d'une main de maître par le premier secrétaire. C'est sans doute cette vitalité démocratique, orchestrée par François Hollande, qui a insufflée un vent nouveau sur l'éléction présidentielle elle-même. La forte de baisse de l'abstention lors de cette élection est sans doute attribuable en partie à François Hollande himself.
Les barons et noeuds d'influences du PS n'étaient pas préparés à une telle "ouverture" lors de cette primaire, ils ont d'ailleurs tellement été ulcérés par cette leçon de démocratie qu'il n'ont jamais soutenus la candidate désignées par les militants.
La comparaison du processus interne d'élection du candidat vis-à-vis des autres partis est pour le moins douloureuse pour eux. En effet tous les autres partis pour cette même primaire nous ont joués au mieux une belle mascarade comme à l'UMP, une déchirure pour l'ex UDF et au pire au FN une magnifique continuité de l'oligarchie familiale.
Il y'a donc eu un grand renouveau démocratique au sein du PS en 2006 et 2007, puisque c'est ce parti qui a su (re)donner un élan à la démocratie Française. Il n'est pas certain que ce gain démocratique perdure dans le temps.

Deuxième gros reproche qui lui est adressé ici et là: la fameuse synthèse molle. Qu'il n'ait pas su orienter le PS vers un centre modéré ou une gauche plus radicale c'est une évidence, qu'il soit le responsable des fameuses synthèses molles, c'est également certain. Mais un parti rassemblant tant de mouvances contradictoires en son sein ne doit-il pas lui aussi être dirigé au centre ?
Poser la question, c'est déjà y répondre partiellement, si l'on prend le point de vue de l'intégrité même du parti. François Hollande a maintenu l'unité de son parti durant une décennie, contre tous les courants qui tiraient à hue et à dia. L'orientation du parti ne devait et ne pouvait être donnée que par le candidat à l'élection présidentielle et c'est ce qui a été fait.

Les élections présidentielles précédentes ont vues le patron de chaque parti de gauche et de droite cumuler les deux casquettes de responsable du parti et candidat à l'élection. C'était sans doute une faille de leurs système internes respectifs. La main mise d'un homme sur un "appareil" est toujours plus complète dans ce cadre là. C'est à l'orée de ce passé récent que l'on voit l'avancée réalisée aujourd'hui.

Le parti socialiste est libéral au sens Américain du terme, et il est novateur sur le fond, puisqu'il est à même d'apporter des réponses aux questions qui se posent à nous maintenant lors de cette crise. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce parti n'est pas présenté par ses dirigeants et pasr la presse sous son meilleur angle. C'est la loi du genre, du moins pour la presse.

Toute cette transformation de fond ainsi que cette intégrité du parti conservée est à mettre au crédit d'un François Hollande.   

La vitalité de ce parti est toujours présente aujourd'hui puisque beaucoup de motions se sont affrontées avec un vote pour le moins clair et précis. C'est encore une victoire du premier secrétaire qui vient de remettre les clefs du parti dans les mains de la motion arrivée en tête, en souhaitant toujours avec la même constance, que les autres motions y participent. Consensuel le gars non ?

Au dessus de cette réalité pas tellement mis en relief ces temps-ci, la lutte des chef est bel et bien présente...et quoi de plus naturel dans une démocratie de bon aloi. Presque dix années sans aucunes responsabilités au sommet de l'état ont fait tomber nombres d'ambititions personelles de l'autre coté de la barrière. Quoi de plus naturel chez les plus versatiles, ceux qui font de la potilique comme on monte sur le premier cheval qui passe au galop. Les Talleyrand du PS, inutile de les nommer, ils donnent encore des leçons au PS, mais ils y reviendront certainement.
Ce n'est pas l'UMP et Sarkozy qui pourront dire le contraire tant ce parti est désormais schlérosé de l'intérieur au niveau de ses statuts. Y'a ti'l un président à l'UMP ? la réponse saute aux yeux: non, il y'en a plusieurs, la maxime diviser pour mieux régner est donc d'une grande nécessité pour comprendre ce qui se passe à l'UMP aujourd'hui. La naïveté d'un parti regroupé autour du président est donc toujours à l'oeuvre dans les faits et dans la pratique à l'UMP. Ceci est à mettre en parallèle d'une affectivité d'un président guère mature. Dans la réalité, beaucoup attendent la chute du président pour prendre les rènes de l'UMP. Il y'a donc de la rancoeur étouffée à l'UMP.

La dramatisation excessive réalisée aujourd'hui autour de François Hollande et/ou du parti socialiste est à mettre à l'actif des frustrations des ambitions personnelles bien compréhensibles par ailleurs au sein de ce parti. La recherche de l'événementiel à tout pris de nos médias, fort peu enclin à réaliser du travail de fond comme nous le constatons tout les jours davantage, est également à mettre au crédit de cette hypothèse pour expliquer ce consensus poisseux qui tient lieu de vérité au sujet du parti socialiste et de François Hollande en particulier aujourd'hui. Il n'y a pas de chienlit rampante au parti socialiste. Il y'a au contraire une continuité qui a été gérée correctement par le premier secrétaire.

François Hollande laisse donc un parti entier, renouvelé, et mature à son successeur. De plus, il ne peut pas lui être reproché d'avoir fait perdre le parti socialiste en 2007 puisque cette responsabilité revient toute entière à Ségolène Royal.


                                          François Hollande



   
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Mardi 17 juin 2008
Les syndicats désunis ont mobilisés moins qu'ils le souhaitaient aujourd'hui, il y'a eu 700.000 manifestants selon eux, alors qu'ils ne faisaient pas mystère qu'ils en attendaient 1 millions.

Quelque chose a cependant changé en France subrepticement depuis un an en France devant ce symbole qu'est la manifestation. Jusqu'à 2007, les ministres ou le premier ministre pouvaient "valser" suite à un mouvement de grève puissant orchestré par les syndicats, il y'avait donc un respect, ou plutôt un modus-vivendi autour de la fonction syndicale et de la grève en particulier. Tous les gouvernement de droite et de gauche successifs qui se sont succédés ont respectés cette symbolique du contre-pouvoir, même si les syndicats sont manifestement peu représentés dans les entreprises en France.

Ce modus-vivendi a produit et repoussé certaines réformes de fond trop longtemps, c'est un fait; sarkozy a donc opté
stratégiquement dans un premier temps à ce sujet, pour une "obligation de résultat" du dialogue social entre partenaires sociaux. Et ils se sont tenu à cette obligation de résultat faisant fi de leurs divergences pour trouver un nouveau dialogue à la Française selon l'expression consacrée. Les syndicats ont concédés plus que de raison lors de cette négociation, quitte à fracturer leurs équilibres internes.

Le président a choisi de rendre caduque cet accord récemment, sans aucuns égards pour les  représentants syndicaux, et la négociation qui a été menée durant plus de 6 mois. Il a donc décidé d'aller plus loin que l'équilibre qui avait été trouvé. Et cela est un vrai changement - voire même une rupture dans la symbolique du modus-vivendi Français. A l'heure où Bertrand Thibault est
espionné dans sa voiture, que reste t'il de notre modèle social à bout de souffle si ce n'est un grand vide, à la merci d'un coup de tête supplémentaire du chef de l'état ?

Hier soir, j'écoutais du
Grain à moudre de Brice couturier sur France-culture. Lors de cette émission très instructive, sur le thème Politique de civilisation, se sont affrontés Sami Naîr et yves Roucaute. Le néo-conservateur Yves Roucaute a donc déroulé sa rhétorique, dont il doit être un des derniers défenseurs à ce jour, et c'est tout en son honneur. Un résumé de sa pensée tient  en Lorsqu'aucune solution ne peut réconcilier les peuples, l'homme spirituel, qu'il soit religieux ou laïc, défend la seule guerre juste, la guerre humanitaire. Mais punir les injustices ne surfit jamais à établir une « paix durable ».

Cette rhétorique de la justification de la force par tous les moyens dont l'apogée est sans aucuns doutes possible, la guerre en Irak ne serait elle viable que pour les états ? ne serait elle pas transposable en politique et en France en particulier ? ce débat a fait écho en moi avec une réflexion que je menais ce Week-end, en effet une rancoeur profonde, tenace, et exacerbée est en train de s'installer dans le peuple de gauche. Celui-ci paye déjà pour les plus aisés, et on lui enlève tous les mois un peu plus de droits en lui rajoutant un peu plus de devoirs, les problèmes liés au pouvoir d'achat ne sont que la partie visible de l'iceberg, la partie la plus symbolique du refus de son existence prendra plus de temps à se manifester. Sous prétexte que le peuple a voté en mai 2007, et loin de la réconciliation prônée un soir, nous sommes humiliés chaque jour davantage par cette politique du désespoir social.

Lorsque je trouve que les inégalités sociales prennent l'ampleur qu'elles sont en train de prendre, que les organisations syndicales sont à ce point ridiculisées, que les lois deviennent à ce point coercitives et que l'inégalité devient la justification du puissant sur le miséreux. Il me vient à l'idée que je pourrai prendre la posture de l'Homme spirituel chère à yves Roucaute pour prôner une guerre juste, au sens propre, contre le pouvoir en place et contre l'instigateur de cette chienlit sociale: Nicolas Sarkozy.

L'Homme spirituel que je suis n'est pas un néo-conservateur...de gauche, mais on peut être certain qu'il y'en a quelques uns. Cela n'enlève donc rien au raisonnement que je viens de faire, car cette analyse d'un néo-conservatisme de gauche extrême garde toute sa crédibilité aujourd'hui.
La lutte armée politique en France ? on peut en sourire mais je reste persuadé qu'elle n'est plus une chimère au vu des faits qui se déroulent sous nos yeux.





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