Le parallèle est troublant. Il y'a deux ans seulement, les hommes politiques de la majorité étaient alors nombreux à s'offusquer des "méthodes de voyous" utilisées par certaines entreprises ayant une activité industrielle en France. Celles-ci ont en effet profité de la crise pour délocaliser sauvagement tout ou partie de leurs opérations Françaises. Les salariés Français ont été alors durement touchés, par des plans de licenciements en veux-tu en voilà; le tissus industriels s'est contracté, très certainement irrémédiablement.

Le chômage de masse, présent depuis trente ans en France, s'est à nouveau pérennisé une fois de plus au dessus des 10 % de la population active. Rien ne laisse présager aujourd'hui une embellie sur ce front macro-économique. Sur le front micro économique les ghettos des banlieues Françaises continuent d'êtres des parcs à êtres-humains désocialisés, ces "casseurs" en herbe sont surtout bien éloigné de nos regards chastes. De cette France préférant les ignorer plutôt que de les éviter, la délocalisation en banlieue est une bonne chose.

Les dettes des sociétés anonymes ont depuis été mise au passif de l'état Français. L'état doit donc régler les exubérances néo-libérales passées et présentes. Alors que "L'état ne pouvait pas tout", dixit Lionel Jospin, il y' a une dizaine d'année. Aujourd'hui, sous la férule d'un Sarkozy, et après une bonne quinzaine de gouvernement de droite successifs, l'état semble à nouveau prêt à prendre ses responsabilités. Il a reprit du poil de la bête semble t'il.

La réforme des retraites

Après une grave crise économique, en passe de se transformer en dépression, grâce à des déficits Français records connus depuis fort longtemps, et la propagation de la crise Grecque à toute l'Europe. Le gouvernement Français a donc repris le flambeau des mesures d'ajustements structurelles préconisées par le FMI ainsi que par le marché. La compression économique actuelle des Européens est donc sans précédent.
La situation économique Française est pourtant bien moins préoccupante que celle de nos voisins du sud. Peu importe, on est en train d'essayer de guérir ici le malades avec les saignées néo-libérales classiques employées avec succès sur les Espagnols, Grecs, Italiens et Portugais.

Après un puissant tir de barrage, grâce à la presse aux ordres, aux budgets des ministères, et à la manipulation de masse. La rhétorique fut alors la suivante: "nous ne pouvons pas rester isolé par rapport aux autres grands pays!" Une sorte de parangonnage des pires pratiques sociales internationales, toujours revues à la baisse par ailleurs. Cette logique biaisée ne possède cependant aucune légitimité. Personne n'a jamais dit, sauf dans les agences de communication, que la la majorité avait toujours raison.

En effet, il faudrait au prétexte que tous les pays sont contraints, par des mesures exogènes, de réduire leurs salariés à l'état de bêtes de sommes, que nous soyions, nous aussi, obligé de suivre ce mouvement ! Quelle magnifique perspective !

En ce qui me concerne, ma retraite est prévue aujourd'hui à 65 ans, cette réforme la fera passer à 67 ans, mais je serai certainement licencié avant 60 ans. Le package actuel étant inconséquent, elle passera très certainement rapidement à 70 ans d'ici peu, avant de se noyer dans quelques marais dans les décennies à venir. Voilà le panorama !

Les Français, tout comme moi, ont fait fi de ces grosses ficelles pour entrevoir la face cachée de ces mesures inefficaces (l'équilibre précaire du régime des retraites est prévu en effet pour...2018).  

La manipulation continue, certains casseurs sont en fait des flics chargés de décrédibiliser le mouvement Lycéen et étudiant, on utilise des méthodes illégales pour réquisitionner les travailleurs grévistes des raffineries, et on matraque l'opinion publique d'une manipulation médiatique, digne d'une république bananière.

Alors oui, l'Etat Français est aujourd'hui un état voyou dirigé par quelques voyous à l'occasion. Ceci engendrant peut-être cela d'ailleurs.

Une issue à ce mouvement ?

Devant cet état voyou, tel un sphinx reclus à l'Elysée, et largement minoritaire dans l'opinion. Tout est aujourd'hui possible, sachant que le timing du sénat n'en est plus un.

En effet, devant la myopie gouvernementale. Son manque de respect assourdissant à l'encontre des organisations représentatives syndicales Françaises, pourtant force de proposition en la matière, et l'opposition, la démocratie s'en est en allée au diable-vauvert sur cette réformes des retraites. Nos deux assemblées ne sont donc plus représentatives du peuple sur ce dossier. Elles sont donc désavouées. Tous les sondages successifs montre la même photo: les Français sont majoritairement contre cette réforme.

Vouloir faire porter à ces deux seules assemblées le rôle démocratique, en vue de saper le puissant mouvement actuel est le déni même de la démocratie et de son fonctionnement en France. En effet si seule ces assemblées devaient représenter notre démocratie, oublieuses du travail de fourmi effectué entre les corps intermédiaires. Il y' a bien longtemps que la démocratie serait le bréviaire préféré des dirigeants Africains, Afghans, Irakiens etc.....

On invoque les congés pour faire taire les étudiants, on invoque un vote pourtant très largement anti-démocratique au sénat pour faire taire la masse.  Mais faites donc un référendum messieurs, si vous êtes tellement certain de votre choix, et si celui-ci obtient la majorité, je m'inclinerai. Mais tel n'est pas le cas aujourd'hui.

Le sénat et l'assemblée nationale sur ce dossier n'ont donc aujourd'hui aucune légitimité. La démocratie est dans la rue, messieurs, sur le dossier des retraites. Devant la Thatchérisation de l'éxécutif Français, la mobilisation ne fait que commencer.

Personnellement, j'ôte toute légitimité aux deux assemblées sur ce dossiers, les Français réprouvent de telles méthodes. Tirez donc les premiers messieurs les sénateurs, nous apprécions ce folklore ! Etre patriote, messieurs, c'est aujourd'hui être dans la rue.

Le seul objectif de ce mouvement a-politique est, et reste, le retrait de cette loi sur les retraites anti-démocratique.

Seule la lutte est belle, le retrait de la réforme n'en sera que meilleur.

PS: pour l'aide des grévistes, c'est ici.

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