L'entête de l’article "La France des assistés" annonce la couleur : « Faire travailler gratuitement les allocataires du RSA : l'idée choc de Laurent Wauquiez a enthousiasmé l'opinion ». Et enthousiasmé n’est pas trop fort puisque cette fameuse opinion serait «  lasse de déverser toujours plus d'argent dans le puits sans fond de la solidarité nationale ». Alors Subjugué et « Pris de vitesse, l'UMP et le gouvernement l'ont désormais compris : la lutte contre l'assistanat sera au coeur de la campagne de 2012 ». 

En fait, cet article de Sophie Roquelle, du Figaro, possède un code, comme le Da Vinci pour les non-initiés. Je viens juste de le craquer, je me suis rendu compte qu'il suffisait de prendre la première phrase de chaque paragraphe pour obtenir la substantifique moelle de l'article. Il se trouve chers lecteurs que je suis équipé d'un décodeur Dassault Electronique, on est Geek ou pas, n'est ce pas! je vous dévoile donc, et en avant-première, l'articulation de la France des assistés, avec les guillemets de rigueur pour les citations, cela va de soi.

1-Poser le problème

«  On les surnomme parfois les canapés» (NDA : les allocataires du RSA) » et « leur univers se résume à un gros sofa face à un immense écran plat qui ronronne en permanence pour meubler la solitude ». En revanche, « Wauquiez, le brillant jeune homme de la droite française »  compte bien éradiquer ce tartre en utilisant la nouvelle formule de Calgon puisque lorsque l'on « cumule tellement de minimas sociaux, on n'a pas intérêt à aller travailler et cela pose un problème. »

Hargh…. nous avons donc encore un soucis à résoudre et tout problème possède une solution ! D’autant plus que « c’est un vrai boulet pour les finances publiques » puisque « son coût pourrait dépasser les 10 milliards d'euros cette année, alors que Hirsch avait promis qu'il se situerait entre 6 et 8 ». Hirsch, ce jeanfoutre tout de même, il n’avait même pas ramené sa calculette solaire d’Emmaus lorsqu'il était au ministère. Incroyable tout de même. Et ce n’est pas tout « A ce surcoût s'ajoute le poids des aides sociales dites connexes » ainsi que « les listes incalculables des aides locales!». Le tout avec quelques exemples croquignolesques pour mettre en valeur le sujet. Il ne s'agit pas de la subvention de la fille du coupeur de joint non... mais de « la Mairie de Paris qui subventionne la coiffure à domicile ».une honte mon bon monsieur, vous rendez-vous compte ?

Bigre, que faut-il faire pour stopper l'hémorragie de nos finances publiques et la calvitie de nos concitoyens Parisiens. Faut-il jeter ces 1,8 millions d’allocataires, avec leurs enfants, à la rue afin d’économiser au bas mot trois milliards d'euros sur les 130 milliards de déficit annuels ? ou les envoyer en mission spéciale en Libye afin de tester leur résistance, façon télé-réalité à la sauce Koh-Lantha ?

Hé bien chers lecteurs, sachez que vous avez l’esprit bien tordu, si seulement vous avez pensé un instant ce que je viens d’écrire. Non, il faut la jouer sur du velours et remplacer la moleskine usée des canapés-Home Vidéo de cette racaille par l'envie du travail bien fait. Mais comment faire? rajouterez-vous très justement puisqu'il y' a trois millions de chômeurs, en France, depuis près trente ans ? 

2-Dédramatiser et utiliser la langue du château

Il faut donc, comme nous le dit fort justement Le Figaro «Lutter contre la déprime et l'enfermement». Bon sang mais c’est bien sûr ! Où avais-je la tête ?

« le gouvernement avait demandé à la sénatrice UMP du Nord Sylvie Desmarescaux de plancher sur des pistes pour rationaliser ce maquis d'aides sociales » Hélas, vous savez ce que c’est lorsque le président n’est pas derrière les fesses de tout un chacun, il s'est passé ce qu'il devait se passer et «rien n'a été fait ou presque ». Heureusement tout est pour le mieux dans le meilleur des monde puisque Mme Desmarescaux « n'est pas mécontente que Laurent Wauquiez ait jeté un gros pavé dans la mare» Ouf soulagé, on a failli passer tout près de la banqueroute.

D’ailleurs « Pierre Lang, député UMP, va encore plus loin que Laurent Wauquiez » en posant la question crûment «Travailler gratuitement pour la collectivité? », et à ce titre « Il propose que les titulaires du RSA et les chômeurs de longue durée effectuent 15 à 20 heures par semaine de travaux gracieux pour leur commune: débroussaillage, gardiennage, etc. » Son objectif est des plus social puisqu’il s’agit de  «Lutter contre la déprime et l'enfermement des chômeurs de longue durée ». Je n'ai pas de commentaires à faire à ce sujet.

Cher lecteur, vous êtes auto-entrepreneur, spécialisé dans les espaces verts municipaux, et cette mesure commence à vous faire dresser les cheveux sur la tête. Pas de stress inutile puisque c’est une «Fausse bonne idée ». Vous respirez mieux, là hein ? votre rôle social, au travers de l’emploi de vos salariés en CDD 8 heures par semaine, n’est donc pas remis en cause. D’ailleurs «  Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint de l'UMP » dissipe totalement vos inquiétudes « puisqu’un tiers des bénéficiaires du RSA relèvent d'un «accompagnement social lourd. Il faudrait mettre deux personnes derrière chacun...». Ha Ha ha ha.......les fainéants, qu’ils restent donc devant leurs écrans plats, tandis que leurs gamins obèses bouffent chez Mc Do, et achètent du shit sur le chemin du retour, en agressant un à deux Français de souche afin de décuver.

Et pourtant s’exclame Isabelle, conseillère insertion auprès de chômeurs de longue durée, pleine de bonne volonté à la façon du bon pain pétri dans les caves du Château : «C'est vrai qu'on les sent moins motivés depuis quelque temps. Ils répètent qu'il n'y a pas de boulot, ce qui est inexact, mais c'est comme s'ils n'y croyaient plus.». Ha le sentiment d’échec, il n’ont pas la niaque, en fait….non, ils n’ont pas la niaque !

Alain, deuxième mitron du château confirme également les propos d’Isabelle « Travailler le soir et le dimanche devient un vrai problème, sans parler de la coupure de l'après-midi entre les deux services. Pour 300 euros par mois de plus que le chômage, beaucoup préfèrent rester chez eux». D’ailleurs, Alain lui, il en voulait, il est de la race des seigneurs Alain, de ceux qui se lève tôt. La preuve il est « Parti en apprentissage à 16 ans et a épluché des légumes pendant des mois. C'était le job des apprentis, se souvient-il. Aujourd'hui, tout le monde est poussé à aller jusqu'au bac.». Et puis d’ailleurs, c'est bien connu, la restauration, c’est comme le bâtiment, c’est très bien payé; en plus certaines fois, vous avez la chance d'être déclarés. Et puis l’ambiance, j'vous dis pas «Il y a un vrai esprit d'équipe et, quand ça tourne bien, la paye est bonne. Dans les bons jours, on repart avec de grosses enveloppes de black.»

Nous savons donc qu’il y’a des solutions, et pas forcément border-line, comme certains députés extrémistes voudraient nous le faire croire. Et puis,  il y’a tellement de boulot en France comme le dit ce patron «qui enchaîne les chantiers et s'évertue en vain à recruter des gars qui veulent travailler et qui savent travailler Chez moi, les bons ouvriers peuvent gagner 3000€ net par mois,. », que l’on en vient à se demander ce que foutent ces vauriens devant leurs écrans plats.

3 CQFD

Bref, si ces 1,8 millions d’addicts à internet et aux chaines pornos de Free reprenaient un boulot, comme le dit très bien Roger, un petit patron d’une PME de BTP : «J'ai du mal à faire signer des contrats à durée indéterminée à mes salariés. Ils me répondent qu'ils préfèrent rester en CDD ou en intérim pour gérer leur temps comme ils veulent, partir en vacances s'ils le souhaitent. » Alors, si et seulement si, ils écoutaient enfin Xavier Bertrand, hé bien je vous le dis, les 4,5 millions d’emplois non pourvus (source : ministère du travail via un sondage d’Opinionway du 7 juin) aideraient ces électeurs du parti socialiste à s’en sortir.

Dans un bon article de presse, une conclusion neutre et ouverte, sous forme d’interrogation, est souvent nécessaire afin de montrer l'ouverture de l'auteur ; Visiblement au Figaro, cette coquetterie est passée de mode puisque nous avons droit à « La France va-t-elle se mettre au diapason du reste de l'Europe en imposant des conditions draconiennes aux bénéficiaires de la solidarité nationale ? ».

Cette conclusion ressemble aux questionnaires ouverts d’Opinionway. Et à ce stade de ma lecture, je me demande si la journaliste Sophie Roquelle, n’est pas une ancienne salariée de l’institut de sondage en fin de droit, et tentant de se réinsérer grâce à un job non rémunéré au Figaro.

PS: si ma prose ne vous a pas convaincu, et si vous n'avez pas acheté le décodeur Dassault Electronique, dans les années 2000-2002. Voici la version originale non sous titrée du Patron du Figaro.