Mars 2008 Lhassa au Tibet - Gudak se réveille douloureusement, il a chaud et il a mal, il sent qu'il est allongé au sol. Il ouvre ses yeux et remarque du sang séché à coté de son visage. Il essaye de le toucher mais il n'y arrive pas, ses mains sont attachées dans son dos par une cordelette. Les noeuds lui cisaillent les poignets, il reconnait à nouveau cette douleur lancinante d'avant son réveil. Il tente de bouger mais ses pieds sont également entravés par des cordes.

En regardant autour de lui, il reconnait alors Tsomo, son ami du monastère, celui-ci git, non lui de lui, un filet de sang à la bouche. Il y' a également Thashi et Youtso enchevêtrés l'un sur l'autre. Ils ne bougent plus non plus. Les yeux de Gudak s'écarquillent enfin en voyant le crâne éclaté de Wangmo, qu'il ne connaissait que très peu. Un rouleau adhésif large, double bande, est collé sur la bouche de ses amis. Il sent alors que la sienne est également scotchée. Une mèche de ses cheveux a été arrachée et est resté coincée entre sa joue et l'adhésif.

Il fait chaud, il y' a bien une cinquantaine de ses amis couchés ici, certains râlent encore. Au bout d'une demi heure, c'est long une demi-heure, les policiers de Hu Jintao reviennent, Gudak ne voit que la couleur verte de leurs pantalons ainsi que leurs matraques.

Un policier chinois l'a vu bougé, il le tire alors de coté, et  appelle calmement un de ses collègues. Les matraques visent d'abord son sexe avant de s'acharner sur son corps puis sur sa tête. 

Gudak ne voit plus très bien, il psalmodie alors quelques prières qu'il connait depuis son enfance, celles-ci se font de plus distantes, de plus en plus lointaines. Gudak ne ressent plus la douleur........ce 4 novembre Hu Jintao descend de l'avion Air China, il est à Paris.

Il est souriant, des tapis rouges jonchent le sol, son homologue français Nicolas Sarkozy est venu l'accueillir avec sa femme Carla, celle-ci est souriante jusqu'aux yeux.

Hu Jintao apprécie l'empressement de cet individu, le Français lui court après pour sa commande de 150 Airbus que celui-ci doit recevoir. Hu Jintao n'en a guère envie, mais il n'a pas le choix. De toute façon les A320 seront assemblés dans l'usine chinoise d'EADS. Il espère bien que ce sera la dernière commande d'avions qu'il passera. Le Comac Chinois devrait en effet rentrer en service d'ici à 2018. Hu Jintao ricane intérieurement des courbettes insipides du Français, il tient en effet la diplomatie Française pieds et poings liés depuis l'inconséquente sortie du président Sarkozy pour les JO de pékin en 2008.

Hu Jintao doit être heureux de rencontrer les dignitaires du régime Français vendredi. En effet depuis l'accord entre le PCC chinois, son parti, et l'UMP de son homologue Français, le courant passe bien. Xavier Bertrand, un haut dignitaire Français, peu après la chute du mur de Berlin, n'était-il pas allé sceller l'amitié entre les peuples Français et Chinois fin 2009 ?

La presse et la société civile Française a eu droit à un ruban adhésif, double face, sur le visage. Elle est priée de détourner son regard en direction des 20 milliards de dollars de contrats, même si une partie sera réalisée en Chine. Seul le gigantisme compte. Et puis de toute façon, si ce n'est pas nous qui le faisons.....ce sera les Américains, hein !

Je rediffuse la vidéo que j'avais publié l'année passée au sujet des assassinats de moines Tibétains par la police Chinoise en mars 2008. Attention, ces images sont d'une rare violence.



tibet_mars_2008.jpg