Si je m'adresse à vous directement, Monsieur le candidat président, c'est sans doute à cause de mon insignifiance médiatique me confinant, comme la majorité de mes compatriotes, dans la catégorie des inconnus. Et comme votre nouvelle posture, sondages obligent, l'impose, notre fausse proximité en devient confondante, moi et mon clavier azerty, vous, votre pouvoir et vos obligés. Je peux donc en passer immédiatement aux confidences. 

J'ai appris par la presse votre candidature à votre propre succession. Et je dois dire que, comme en 2007, une violente nausée m'a repris - de celle qui a a voir avec l'insurrection ou la révolte, se sublimant néanmoins généralement avantageusement dans des lambeaux de notre démocratie encore palpitante, devenue à son insu le ministère des traitres d'une République (dés)orientée, par le biais du prisme des médias sous influence sur lesquels nous tentons de surnager - et me pousse à reprendre ma prose.

Si'il y'a bien une réalité, Monsieur, c'est bien l’asymétrie entre les moyens dont je me dote pour véhiculer mes valeurs, ainsi que mes idées, et les vôtres. Et pourtant, en tant que citoyen de ce pays, je n'ai non pas l'audace comme certains pourraient le croire, mais juste le devoir de m'adresser à vous, simple candidat, et à mes compatriotes, ceux que que vous ne côtoierez probablement jamais, service d'ordre oblige.

Mon pays, celui m'hébergeant par le plus grand des hasards de la vie depuis une quarantaine d'années, que j'ai pris en grippe depuis votre accession à la fonction suprême, n'est pas le vôtre. C'est un fait, et vous n'y pouvez, tout comme moi, rien. Nous pouvons seulement nous ignorer sans violences, je vous tolère tout au plus, Monsieur, vous faites partie du décor, tout comme les spot publicitaires défilant sur le net. Je tente malgré tout de zapper chacune de vos trop nombreuses mauvaises décisions, afin de rester droit dans mes valeurs, celle que je considère être en phase avec l'idée que je me fais de mon pays. Viscéralement, celles-ci existent encore malgré cinq années de tentatives, plus ou moins fructueuses, de déstabilisations permanentes.

Bref, la représentation actuelle de la France ou de l'état, sur la scène internationale et nationale, n'est pas celle de la France à laquelle je reste néanmoins attaché et que vous en avez travesti durant ces cinq dernières années. Vos (trop) nombreuses lois scélérates me révulsent bien plus que les échecs successifs de votre politique, dont le cap, n'est à postériori pas celui de bonne espérance. Ne doutons pas que les historiens s'occuperont de la période présente d'ici à quelques décennies avec la justesse et la précision que leur profession leur confère.

Après avoir récupéré les figures historiques de la gauche, auxquelles je me sens très attaché depuis très longtemps, et dont tout vous oppose dans les faits, vous avez mis la France sous le boisseau de la dépendance économique, comme aucuns de vos prédécesseurs, avec 500 milliards de déficits supplémentaires sur les 1700 nous étreignant aujourd'hui. Malgré le prix de vos erreurs que vous faites aujourd'hui, comme hier, partager aux plus faibles d'entre-nous, à l'aide d'une politique malfaisante, celle-ci n'est rien au regard de la perte de dignité dont mon pays me semble aujourd'hui la proie.

Monsieur Sarkozy, même si les corps intermédiaires - dont vous vous sentez et à juste titre le bouc-émissaire tout en analysant mal leur mécontentement - vous ont relégué depuis déjà bien longtemps au simple rôle de pantomime, vous en êtes aujourd'hui réduit à maltraiter le plus grand nombre d'entre-nous pour continuer à exister. Et cela m'est insupportable.

Il y'a dans la campagne actuelle de bons candidats, dont la valeur est démontrée, tant à gauche, au centre, qu'à droite. Alors, Monsieur Sarkozy, je vous demande d'acter la déconvenue dont votre politique passée fait aujourd'hui l'objet. Et votre magnifique slogan "la France forte", dont mon interprétation personnelle diffère de la vôtre, ne peut plus continuer à souffrir de votre présence dans la campagne actuelle.

Monsieur, pour une France forte, je vous demande de continuer à rester anonyme, tout comme moi en renonçant à votre propre succession, ce qui dans le contexte actuel, vous garantirait un minimum de considération de ma part.

PS: en ce qui concerne votre déconvenue dans le pays basque, je vous conseille un coaching approprié fin juillet durant la Féria de Bayonne.

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