Noircissons un peu le tableau, le contraste n'en sera que plus saisissant:
La situation économique est désastreuse, le déficit de l'état atteindra vraisemblablement les 2000 milliards d'euros fin 2011. Sur ces 2000 milliards, 800 milliards sont imputables au gouvernement actuel. Ce gouvernement a laissé le déficit se creuser pour maintenir le dogme fiscal, en faveur d'une poignée de nantis, de l'actuel hôte de l'Elysée. C'est un choix politique que je ne partage pas, mais qui a en revanche le mérite d'être clair.
La précarité des retraités s'est fortement détériorée ces dernières années, 1 million d'entre-eux vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté.
Les salariés, dont le chômage massif est dissimulé brillamment depuis plus d'un an par le gouvernement, subissent régulièrement humiliation et maltraitance psychologique sur leur lieu de travail - si vous êtes salarié, vous savez évidemment de quoi je cause. Ils serrent donc les dents actuellement afin de "tenir un jour de plus". Les suicides de certains d'entre-nous, très médiatisés depuis l'été dernier cachent en fait la foret d'un malaise salarial profond. Il n'est plus question de "formations", dispensées par des organismes grassement rémunérées, nous ventant les mérites de la jouissance sans entrave au travail aujourd'hui. Il est seulement question d'aller bosser, pour s'en tirer et rapporter à la maison un salaire qui stagne dans le meilleur des cas. On supporte toutes ces petites brimades quotidiennes parce que l'on n'a guère le choix, et l'on se met subrepticement à espérer à chaque trimestre obtenu que la retraite viendra nous libérer un jour de ce fardeau. La vallée des larmes, c'est tout les jours au boulot ou à pôle-emploi pour une bonne partie d'entre-nous. Personne ne s'y trompe cependant, mais personne ne le dit, l'auto-culpabilité à ce sujet fait rage. Vous êtes pourtant 64 % d'actifs à vouloir aujourd'hui vous "tailler" à la retraite "le plus tôt possible" et 23 % d'entre-vous souhaitent même partir "le plus tôt possible" quitte à avoir une retraite moindre. Ce sondage en dit long sur l'état social du salariat aujourd'hui.... Je sais, je sais, vous n'avez pas été informé de ce sondage, et c'est de bonne guerre, la désinformation délivrée en guise d'information fait rage.
Les jeunes ne trouvent pas d'emplois et sont baladés d'un stage à l'autre pour 417 € par mois. De plus, une proposition de loi du nouveau centre est en cours d'examen au parlement pour exempter les entreprises de s'acquitter de cette obole. 1,2 millions de stagiaires risquent de perdre ce sous-RSA.... A la guerre comme à la guerre, me répliquerez-vous.
Nous apprenons également que l'effort déjà consenti par le salariat français, au sujet des retraites en 2005, nous placera dans le peloton de queue européen des pensions payées par l'état en 2049. Sur la base du dernier salaire du salarié, le taux de sa pension est déjà passé de 79% de celui-ci en 2006 à 63 % en 2049. C'est la plus forte baisse parmi les pays européen. En 2049, les salariés Français seront donc bien moins bien loti que leurs voisins Allemands, Portugais, Espagnols, Lettons, Grecs, Anglais, Slovènes, slovaques, Italiens Belges, Hongrois, Autrichiens, Hollandais, Danois, Irlandais, Bulgares et roumains.
.....Oui, je sais, vous n'étiez pas encore informé (bis...), et vous n'avez pas suivi les dernières négociations, trop compliquées à votre goût, réalisées en 2005.
Mais quand un Jean Peyrelevade s'invite dans une tribune du Monde, votre réflexe du respect du premier de la classe vous soumet entièrement à son discours. Cet homme, associé gérant dans la banque d'affaires Leonardo, et administrateur de plusieurs sociétés françaises de premier plan, condamné dans le cadre de l'Affaire Executive Life, à une peine de 500.000 $, 5 ans de mise à l'épreuve et 3 ans d'interdiction d'entrée sur le territoire US pour avoir fourni à la FED de fausses déclarations, quand cet homme au brillant CV vient en plus vous en remontrer, là vous écoutez.
Vous commencez alors à tendre l'oreille soumise et acquise à l'orateur qui a fait des études. Comme meilleur gage de bonne volonté, celui-ci ne combat t'il pas, comme l'on se bat contre les moulins, le "capitalisme total" à la manière d'un Sarkozy ?
Et à la lecture de son papier à l'équation facile, façon Messier 1+1=3, vous vous rendez à l'évidence sybilline, dont les termes n'ont même pas besoin d'être évoqués: il va falloir travailler plus longtemps.
Cet homme qui se foutait de tout, comme on jette le bébé avec l'eau du bain, c'était sans doute moi à la trentaine...il y'a dix ans, et c'est peut-être vous aujourd'hui. Mais voilà j'ai 41 ans maintenant (la flèche du temps est irréversible) et J'ai fait des études longues, comme il est d'usage de dire. Ma retraite n'interviendra donc pas avant 65 ans. je serai un senior d'ici à une dizaine d'années, et je serai donc viré comme tout un chacun à cet age où l'on devient un "dos gris". j'intégrerai d'abord la catégorie D de pôle-emploi avant de migrer peut-être vers la catégorie E, pour peut-être finir au RSA.
A 30 ans, on se croit plus malin, à 40 on se rend compte que l'on a intégré les statistiques, avec l'expérience du terrain, et à partir de 50 ans on subit la loi du marché. La main invisible comme grand coup de pied au cul, c'est notre lot quotidien.
Ne nous trompons pas, le recul de l'age de la retraite est une lutte idéologique et politique, c'est également un choix de société. Aucuns chiffres ne pourra jamais valider ce recul social qui est en train de se produire sous nos yeux. Le seul réflexe dé-conditionné est de refuser farouchement cette volonté de régression sociale.
Ma retraite n'interviendra pas à 70 ans, sinon expliquez-moi pour quelles bonnes raisons être encore dans la partie aujourd'hui?


Commentaires
Bien vu.
Quand tu vois que leurs projections vont jusqu'à 2050, tu te dis que leurs arguments sont extrêmement faibles... et qu'ils s'appuient sur des données fantaisistes.
C'est comme si en 1970, un gouvernement avait légiféré en vue de 2010 en prévoyant la fin du bloc de l'Est, le chômage de masse, la dérégulation de l'économie, ou la révolution numérique...
j'ai regretté hier qu'Aubry en sortant de chez Woerth ne regrette que la méthode...
des pas perdusEn pleine forme, le Peuples !
NicolasBonsoir,
Merci pour votre contribution (des plus construites) au débat sur la réforme des retraites !
Vous dites que la question de l'âge de la retraite est une question politique avant d'être technique. Elle est en effet de deux ordres, Eric Woerth le rappelait avant-hier en introduction du 2ème Mercredi des Retraites avec Hervé Le Bras, Raoul Briet et Danièle Karniewicz.
Le choix du système par répartition, particularité française qu'il convient de sauvegarder, est également un choix très politique qui s'appuie sur un principe clairement énoncé par Alfred Sauvy, démographe, fondateur de l'INED : "Les retraites de l'année sont payées par les actifs de l'année". Dès lors, il est important que le système fonctionne de manière équilibrée. A cet égard, les données fournies par le COR, tout sauf fantaisistes (il s'agit de projections fondées sur des paramètres parfaitement maîtrisés) sont indispensables. Il conviendra donc de prendre les décisions, quelles qu'elles soient, de nature à garantir l'équilibre et la pérennité du système par répartition.
Cordialement,
Retraites 2010
PS : petite précision issue d'un rapport de la DREES et de la CNAV (en lien avec le troisième paragraphe de votre article), le taux de pauvreté des retraités a fortement décru au cours des 40 dernières années.
Retraites 2010@Retraites 2010 : Merci pour votre commentaire.
trois points importants:
-Le gouvernement ainsi que le président n'ont plus de légitimité démocratique aujourd'hui: cette réforme vient donc à un mauvais moment du point de vue du calendrier
-L'instrumentalisation de ce dossier par l'Elysée est clairement annoncée. Il s'agit de remettre en selle le président.
Dans ce contexte là, il est urgent d'attendre 2012 et une nouvelle majorité.
L'échec de cette (mauvaise) réforme qui se profile cette année est selon moi une nécessité.
ChristopheForme au zénith !
magInterrogation à 1/2 heure du départ pour la manif de Lille. Combien?
Verra-t-on encore et encore toujours les mêmes et pas de nouveaux?
J'ai déjà l'impression d'entendre les commentaires ironiques des médias "faible mobilisation" ou le sempiternel "demi-teinte", en plus cela me fait penser à un ministre très lié aux compagnies aériennes :-((
Heureusement qu'à Lile, on a toujours la fête de la soupe à Wazemmes après et des variétés de bière avec lesquelles le KB ne pourra jamais rivaliser.
Mag
Pour mémoire rappelons que la retraite pouvait ce prendre effectivement a 60 ans avec le nombres d'annuitées requises autrement il fallait attendre ou subir une forte décote et la complementaire a 65 ans pour qui n avait pas ces trimestres a 60 ans
dromenlaire@mag : Alors cette manif., elle était comment ?
Christophe@dromenlaire : Ne remuez pas le couteau...
ChristopheAttention le message de retraites2010.fr est rémunéré par vos impôts pour vous influencer. La preuve : http://o-x.fr/n3ng
Christophe