C'est peu dire que les résultats des régionales sont mal passés au château: Guéant et Sarkozy déglutissent encore. Ils ont donc opté pour un remaniement à la hussarde, celui-ci est déjà dans les tuyaux depuis 19h35 hier soir. Un communiqué laconique sur le site Elysée.fr nous le livre sans fards:

  • M. Eric WOERTH est nommé Ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique.

    M. François BAROIN est nommé Ministre du budget, des comptes publics et de la réforme de l’Etat.

    M. Marc-Philippe DAUBRESSE est nommé Ministre de la jeunesse et des solidarités actives.

    M. Georges TRON est nommé Secrétaire d’Etat auprès du Ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique, chargé de la fonction publique

  • M. Xavier DARCOS sera prochainement appelé à d’autres responsabilités.

    M. Martin HIRSCH quitte les fonctions de Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Haut-commissaire à la jeunesse. Il sera nommé Président de l’Agence du service civique.

On appréciera le départ de Mr WOERTH du budget, en effet ce poste était incompatible avec son job de trésorier de l'UMP. C'est néanmoins la moindre des choses.

Du coté des mauvaises surprises, Frédéric Lefebvre, le porte-parole resté sans voix ce week-end, ne rentre pas au gouvernement...il ne pourra donc continuer à décrédibiliser celui-ci.

L'ouverture à droite: un poil décalé non ?

Au moment même où Europe-Ecologie, le PS et le Front de gauche viennent de remporter une écrasante victoire aux régionales, le président grand amateur d'autisme éclairé vient de réaliser une...."ouverture à droite".

En effet, en faisant rentrer François Baroin au gouvernement, il se rapproche d'un proche du président Chirac. Et en intégrant Georges Tron, il donne des gages à Dominique de Villepin. Les conjurés, il vaut mieux les avoir auprès de soi que dans quelques sénacles de conspiration. Tu quoque mi fili : très peu pour Sarkozy.

Mieux contrôler ses adversaires potentiels semble avoir été la seule optique de cette décision. Ces choix nous ramènent inévitablement, comme souvent chez Sarkozy, à un gain personnel immédiat.

Nombril - égo, quand vous n'êtes plus là, la fange pourrait bien m'emporter vers un ça encore plus dévoyé.

Martin HIRSCH et Xavier DARCOS paradent donc en tête du cortège, les chaînes autour du cou, l'un pour avoir trop représenté l'ouverture à gauche, et l'autre comme symbole de cette défaite. Alea Jacta Est et malheur aux vaincus.

Afin que les éditorialistes ne se perdent en conjonctures trop longtemps au sujet de cette lourde défaire de l'UMP, l'Homme-Elysée leur coupe l'herbe sous le pied de façon habile, il faut le préciser.

La composition de ce gouvernement aurait dû pour le coup faire une place de choix à des hommes de gauche en vue de la énième renégociation du financement des caisses de retraites. Cette option trop risquée, mais qui aurait eu le mérite de réconcilier éventuellement gauche et droite sur ce sujet aussi sensible, n'a pas été retenue. C'est une réelle occasion manquée.

Mais sagesse et précipitation ne font jamais bon ménage.

                                                            Tout ça pour ça