Le second tour des régionales est terminé. Celui-ci nous laisse une France quasi-inchangée sur le plan politique au niveau régional. Il faut dire qu'Il n'y avait guère de suspense.

Bien entendu le sourire affiché, hier soir, par Martine Aubry faisait plaisir à voir, mais celui-ci cachait déjà les vicissitudes à venir au sujet de 2012. Ségolène Royal largement élue à 61 % ressort également comme la grande gagnante de ce match dans le match. Celles-ci sont donc d'ores et déjà qualifiées pour 2012. Nous n'avons pas vu une gauche triomphante hier soir, même si EE et le Front de gauche ont été assez marginalisés sur le plateaux télé.

L'abstention et le chiffre du FN étaient, à mes yeux, les seuls chiffres qui méritaient d'être observés. En effet contre toute attente, le Front National a été récemment remis en scène par Eric Besson.

La participation / l'abstention

La participation avait été respectivement de 60% et de 65 % au premier tour et au second tour en 2004. Elle a été en 2010 de 47 % et d'environ 51 % hier soir. Il va sans dire que ce mauvais score met à mal notre acceptation par tout un chacun de ce système électoral. Si celui-ci, comme aujourd'hui, est à peine partagé par la moitié d'entre nous, il y' a de gros soucis à se faire sur la représentativité des Hommes politiques dans la population dans les mois à venir. 

Il y' a donc 13 % de français qui votaient habituellement qui ne se sont pas rendus aux urnes. Le gouvernement actuel et sa politique anti-sociale y est bien entendu pour beaucoup, mais Nicolas Sarkozy et sa présidence fantasque y est pour bien plus encore.

La communication gouvernementale est devenue une véritable source d'inquiétude, puisque la manipulation de l'information est devenue une routine.

La mayonnaise ne tient plus, et Nicolas Sarkozy est personnellement responsable de cette débacle en ce qui concerne l'abstention. La gauche a également une grande part de responsabilité dans ce mauvais score puisque ces électeurs déçus ne se sont pas déplacés pour aller voter pour elle.

L'anarchie civique débute aujourd'hui, il reste à voir si les principaux partis vont en tirer les leçons qu'il convient de faire.

Le Front National

Le Front national est de retour: c'est la grande surprise de ce premier tour confirmé par le second. Alors même qu'Eric Besson se proposait ouvertement, lors de son chantier inachevé sur l'identité nationale, de ratisser à nouveau les voix du Front National. Les électeurs qui étaient passés casquette UMP en 2007 sont revenus au FN en 2010. Ceux-ci n'ont pas été dupes de cette grossière manoeuvre.

l'UMP

Pour l'UMP, passé le déni du premier tour, le message était clair hier soir, et le "nous avons perdus" s'étalait volontiers sur les plateau Télé, excepté Christine Lagrade qui avait dû échappé au briefing.La défaite est d'autant plus cinglante quelle est dirigée essentiellement vers Nicolas Sarkozy. Les élus UMP sont de plus en plus mal à l'aise avec le président sans pouvoir encore le dire au grand jour, ou de façon détournée. L'initiative de Dominique de Villepin pour la création d'un nouveau parti au sein de l'UMP programmée le 25 mars fait figure de cheval de Troie dans le dispositif sarkozyen. Il reste à voir combien de députés vont franchir ce rubicon.

Les résultats, un thème cher à la droite de nos jours, ne sont pas là. Et à entendre la rhétorique gouvernementale qui prie au grand jour la retour (prévisible) de la croissance, on peut se dire que l'on ets pas sorti de l'auberge (Espagnole ?). En effet si croissance il y' a, elle sera faible et se fera donc sans embauches. Et l'emploi est devenu l'inquiétude majeure des Français aujourd'hui.

Nous sommes donc dans une impasse, Pour changer de politique, on change l'attelage, mais c'est du président dont il s'agit puisque depuis 2007, son fusible à Matignon n'existe plus.

De ce grand écart sans solution à court terme, et d'un remaniement à venir en trompe-l'oeil, il va falloir que vous vous accommodiez messieurs ! Ce qui validera, à n'en pas douter toutes les bonnes raisons des abstentionnistes.

Aujourd'hui, on rira volontiers avec la une du Figaro: