Nicolas Sarkozy a conservé le financement de sa mauvaise réforme des retraites dans le cadre du régime par répartition, il n'avait d'ailleurs guère le choix, les Français ont largement plébiscité ce régime de retraite n'impliquant aucunes compagnies privées dans son fonctionnement. Ses amis du patronat lui avaient pourtant soufflé à l'oreille, qu'une dose de capitalisation serait de bon aloi, ils ont donc pris ombrage de cette décision.

Aujourd'hui le fruit mur est donc tombé dans les mains de nos chers assureurs, et ce n'est pas faute d'un lobbying prolongé à ce sujet. Nicolas Sarkozy vient donc, à nouveau, de tourner le dos à sa promesse de campagne de créer un cinquième risque "dépendance" des séniors dans le cadre de la sécurité sociale. Il livre donc une partie de cette manne financière aux compagnies d'assurance.

Il donne par ce retournement de veste, finalement habituel, aux compagnies privées ce qu'il leur avait enlevé voilà quelques semaines avec le financement des retraites. Le motif invoqué par cette volte-face est assez surréaliste:

  • le fait que le financement public est désormais incapable de procurer les futurs milliards de dépenses que coûtera dans un avenir proche la dépendance des personnes âgées"

Lorsqu'on ne le souhaite pas...on ne trouve évidemment pas de solutions adaptées. Et ce qu'il s'était interdit au sujet des retraites (augmentation de la CSG et de la CRDS) devient tout à coup raisonnable: le rapport de Valérie Rosso-Debord propose une augmentation de ce taux à 7.5 % à terme sur les pensions. Oui messieurs les retraités et futurs-retraités, vous allez casquer plein pot, parole de Nicolas.

Et comble d'une mesure de droite mal embouchée, le rapport préconise de "rendre obligatoire", dès 50 ans, la souscription d'une assurance contre la perte d'autonomie auprès d'un établissement labellisé (mutuelle, société de prévoyance ou société d'assurance). Ce système doit remplacer à terme l'APA crée en 2001. Celui-ci avait un talon d'Achille de taille: les compagnies d'assurance ne participaient pas à son tour de table.

Il s'agit enfin de cotiser OBLIGATOIREMENT à partir de 50 ans, oui vous avez bien entendu OBLIGATOIREMENT (un mot pourtant tabou à l'UMP), une partie de son salaire dans une "assurance dépendance", dont une partie non-négligeable sera destinée au privé. Ce qui était tabou voilà quelques semaines devient tout à coup une évidence. Ce pragmatisme à géométrie variable et inversée est certes cynique mais également plaisant à l'usage tellement celui-ci démontre la vacuité de son ambition et prouve une fois de plus  les échanges de bons-procédés entre connaissances.

Il est également fort amusant de constater Que seulement 38 % des plus de 55 ans travaillent actuellement, cette cotisation obligatoire, pour les séniors étant au chômage, va donc grêver un peu plus leur pouvoir d'achat, mais également les cotisations collectives versées par les autres salariés au titre du chômage.

Chapeau l'artiste !