Ségolène Royal vient d'annoncer sur son blog qu'"elle continuait". Pour interpréter ce truisme ségolénien à sa juste valeur, il faut préciser quelque peu sa pensée. En effet, elle n'a pas dit textuellement accepter le vote des militants et reconnaître comme première secrétaire Martine Aubry, non elle ne l'a pas dit. Elle n'a pas dit non plus qu'elle continuerait à promouvoir sa candidature pour 2012 au sein du parti socialiste, non elle n'a pas non plus dit cela.
Chacun doit donc y aller de son interprétation sur ce "on continue" pour le moins très sibyllin. Pour éclaircir cela il faut je pense revenir à dimanche dernier, l'unité du parti n'était plus assurée, et je penchais pour ma part pour un départ de ségolène Royal du PS. J'interprète donc ce "on continue" comme: oui Martine Aubry est première secrétaire et non je ne vais pas quitter le parti socialiste. Ce "on continue" me ravie donc car il invalide mon hypothèse de ce week-end qui pronostiquait une scission du parti socialiste. Ce "on continue" signifie l'acceptation du choix des militants, même si il est discutable (personne ne pourra dire que les 102 voix d'écart sur les 137000 bulletins, au vu des nombreuses irrégularités commises, justifient pleinement l'élection de Martine Aubry).
Ségolène Royal après le passage de la commission de récolement n'était pas obligée d'accepter la situation actuelle, c'est pourtant ce qu'elle vient de faire sans dire nommément les choses. Elle s'est donc adressée aux gens de gauche pour leur assurer la continuité du parti socialiste, ce qui est une bonne chose. Mais elle ne digère pas ce choix là. Martine Aubry va donc très certainement avoir Ségolène Royal sur le dos dans les années qui viennent.
Ce "on continue" lui laisse également la porte ouverte pour sortir du parti socialiste dans les années à venir si le besoin s'en faisait sentir. Vous souvenez-vous qui a dit: on n'insulte pas le futur ? François Hollande bien sur. Ségolène Royal n'insulte donc pas l'avenir, car elle ne s'est pas positionnée comme la fossoyeuse du parti socialiste, qu'elle aurait pourtant pu être aujourd'hui et à juste titre, sans pour autant se fermer des portes pour demain.
"on continue" s'adresse également à ses électeurs du deuxième tour de la présidentielle ratée, elle leur signifie à nouveau son intention d'aller vers 2012, d'une façon ou d'une autre.
Ce n'est donc pas une grande victoire au PS aujourd'hui. En effet, il vient juste d'éviter son effondrement par rupture en deux blocs égaux. La cassure programmée, avec comme corollaire une défaite en 2012, vient donc d'être évitée point barre. Ce qui est léger pour un début de mandat, Aubry a aujourd'hui du pain sur la planche pour que le PS redevienne seulement crédible.


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