L'internet a ses début, disons jusqu'en 1999, a été une ère de pionniers fonctionnant tel des embryons créatifs se nourrissant les uns les autres des connaissances croisées de chacun.

La base de l'internet, est indéniablement celle du logiciel libre. C'est évidemment le moyen le plus fluide ainsi que le meilleur terreau d'une innovation permanente, basée sur le modèle de la recherche scientifique. Le lien  est donc le meilleur moyen de communication de ces bulles en évolution permanente. Ce n'est pas un hasard si Wikio classe les blogs selon le nombre de liens que ceux-ci ont recueilli sur une période donnée, c'est le principe même de classement des publications scientifiques par cette communauté très mal connue du grand public.

Bref, cette innovation par percolation, comme dirait Serge Soudoplatoff, ressemble à s'y méprendre à un fonctionnement de type horizontal  et anarchiste  (au sens premier du terme).

Cette période est désormais révolue ( cf la conférence de Benjamin Bayart ). 

Une autre anarchie s'est emparée de l'internet gratuit

La Finance, cette autre anarchie basée sur des modèles mathématiques d'une complexité toujours croissante, a avalé cet ensemble avec une rapidité incroyable. Cette absorption a été si rapide qu'elle a généré la crise économique de 2001. La crise de 2008 est également une crise anarchiste des modèles mathématiques déconnectés des réalités économiques.

L'anarchie civique

C'est Jean-Luc Mélenchon  qui a eu un sursaut de lucidité  en ce qui concerne le premier tour des régionales, celui-ci a évoqué  une "insurrection civique" alors même que le chiffre de 53%  d'abstention  n'était pas encore connue de façon définitive.

Il faut ajouter à ce chiffre les 11 % de votes en faveur du Front national qui stigmatisent également un mal de vivre réel. Nous obtenons ainsi le chiffre de 64 % de Français qui ont trouvé chacun une raison de porter l'opprobre sur l'UMP, et par ricochet au clivage UMP-PS lors de cette journée du 14 mars 2010. Cette subite inspiration du leader du Front de gauche fait écho bien évidemment au livre qui a fait un tabac voilà deux ans : "l'insurrection qui vient". Ce bouquin se voulait lui-même être un écho de l'insurrection des banlieues Françaises en 2005 .

L'UMP vient de subir l'extrême onction  dimanche, il ne représente plus qu'environ 27%/2 de la population soit un peu moins de 13.5%. Ce parti, via Nicolas Sarkozy, considère  malgré tout, et à juste titre, qu'il possède encore une réserve de voix suffisante pour démontrer sa suprématie. Il est pourtant peu probable que sa volonté soit réalisée, tellement l'insatisfaction est grande, mais il est toujours permis de rêver  ici-bas. Bien sur, on peut se gloser de l'offre politique  réduite à sa portion congrue à droite, le constat  est pourtant des plus cruel . Et c'est encore jean-Luc Mélenchon qui tire son épingle du jeu avec ces quelques mots judicieux  : c’est le cri qui monte : «que se vayan todos».

Alors que les médias se délectent des tractations  en cours, représentant un peu moins de 40 % de la population inscrite sur les listes électorales. Les médias tentent encore une fois de culpabiliser l'abstentionniste . Ce reportage  du monde en est le meilleur exemple. Et ceux-ci de se défausser naturellement d'une raison impérieuse les ayant bloqué chez eux. ma Femme qui n'est pas Française appelle ces turpitudes la lâcheté des Français. Une opinion parmi d'autres.

Notre société est elle une anarchie symbiotique ?

L'anarchie sous toutes ses formes, souhaitée ou non, semble être le leitmotiv de notre société, sans que nous voulions l'admettre, et à mon corps défendant. Mais ce n'est pas d'anarchie responsable, but ultime de celle-ci, dont il s'agit. Ce n'est encore que d'un ersatz  de celle-ci dont il est question. Celle prônée par "les idéologues" lucides de ce bouquin qui a marqué l'opinion. Finalement celui-ci ne faisait que le constat d'une société en cours de délabrement, comme la notre.

Il est clair que l'UMP va rester sourd à cet appel pourtant tapageur qui vient d'être donné à nos dirigeants. La responsabilité des partis de gauche est donc totalement engagée désormais pour 2012, comme seule alternative à cet autisme d'état. Et pourtant le talon d'Achille de la gauche est clairement édicté par la droite elle-même: la gauche peut elle être porteuse d'un projet disruptif pouvant créer un engouement réel dans notre population ?

Rien n'est moins sur, mais J'aimerais pourtant le croire ce soir!