On ne déclare pas, en effet, au sujet d'un jeune d'origine Maghrébine - surtout lorsque l'on est ministre de l'intérieur:

  • "Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes."

Imaginez juste que l'on place le mot Corse, Breton, Alsacien, Antillais ou Parisien juste après "Il en faut toujours un". Nous aurions pris ces propos pour des propos du café du commerce. Alors lorsque l'on touche à une communauté en quête d'identité, ces propos deviennent forcément déstabilisants, voire insultants.

Le préfet Paul Girot de Langlade, soupçonné de propos raciste récemment, qui vient d'être mis à la retraite "d'office" par Brice Hortefeux vient de déclarer revanchard:

  • Brice Hortefeux a "orchestré" cette affaire afin de "se refaire à bon compte une virginité de parfait antiraciste"

  • "Qu'il n'était pas le plus raciste des deux"

De la belle ouvrage, il me revient à l'esprit le bon mot de Vincent Peillon ce Week-end: "Sarkozy est le symptôme de l'abaissement national".

Alors lorsque François Fillon classe l'affaire d'un revers de main en déclarant que c'est une  "campagne de dénigrement" et "qu'aucun propos ne peut lui être reproché". Je me pose cette  question: sur quel sujet ce gouvernement est il capable de faire un mea-culpa, si ce n'est sur celui-ci: un dérapage avéré ?

On serre les coudes, même si la politique du tout-sécuritaire est dans l'impasse. C'est à un gouvernement des proches de Sarkozy que nous assistons aujourdhui. Nous les voyons se recroqueviller sur eux-mêmes, au clairon de leurs idées néo-conservatrice. Même les coups de boutoirs de leurs échecs répétés ne les soustraient plus à leur rhétoriques étriquées.

L'échec de la politique du tout-sécuritaire

Le gouvernement ne le dit qu'à demi-mots, mais c'est un fait: l'échec de la politique du tout sécuritaire est actée. Et lorsque les seuls arguments que possède Brice Hortefeux, pour justifier encore et toujours cette politique, résident dans un jargon éculé appartenant à Sarkozy (qu'il pille sans vergogne). Nous en venons à douter qu'un plan B ne soit simplement envisageable idéologiquement à ce gouvernement là. Ce échec, qui ne nous y trompons pas est un échec pour nous tous, prend alors des allures pitoyables.

Cette raison-ci qui est une raison d'état, elle devrait s'imposer à François Fillon pour demander la démission de Brice Hortefeux. Pour paraphraser la petite musique présidentielle, il devrait "être démissionné" par manque de résultats sous le couvert d'un dérapage verbal. Cela serait très élégant, il me semble. Nous pourrions alors passer à une politique plus ambitieuse pour ces cités qui n'en finissent pas de dépérir.

Ce sont les policiers Suisse qui parlent le mieux de l'échec Français du tout-sécuritaire:

  • “Le commissariat est un blockhaus carré, tout est barricadé, grillagé. C’est une armée d’occupation.” A l’intérieur, des locaux “saccagés”, avec “chiottes arrachés” et bureaux lépreux, antédiluviens. Dans la cuisine, minuscule, des frigos cadenassés, de vieilles affiches syndicales, des posters de films policiers. “Une ambiance de caserne, de labeur, de souffrance, raconte le policier suisse. On sent que ça leur pèse sur les épaules.”

  • “l’immense immaturité organisationnelle” d’une structure où “tout le poids et la responsabilité sont mis sur des types de 22 ans”, obligés de multiplier contraventions et contrôles d’identité pour gonfler les statistiques chères à Nicolas Sarkozy

La boucle est bouclée sur cette politique néo-conservatrice, elle finit là où elle avait commencée: par un sourire grinçant en revoyant ces deux photographies qui ne sont que les symboles des années écoulées :