Marielle de Sarnez, du Modem, participait la semaine dernière, quant à elle, à un échange initié par Vincent Peillon avec Daniel Cohn-Bendit et Robert Hue où elle avait tendue la main au PS. François Bayrou, sans trop se dévoiler et du bout des lèvres avait dit approuver ce rapprochement avant hier. Martine Aubry n'a pas souhaité en rester là, puisqu'elle a adressé à Bayrou un :
"J'ai besoin de savoir exactement ce que veut le Modem, quel projet ils veulent construire"
"Je demande à François Bayrou d'être clair, l'anti-sarkozysme ne fait pas un projet politique"
On notera tout de même, en souriant, l'anti-sarkozysme ne fait pas un projet politique.
Par l'intermédiaire de son université d'été, François Bayrou lui a répondu hier via "une offre publique de dialogue":
Ma conviction est qu'il faudrait que tous les Français puissent comprendre, au travers de leurs échanges, ce que pensent les familles politiques qui veulent une alternance" et cela avec "aucune condition au dialogue" et dans un "parlement de l'alternance".
"Après, lorsqu'on saura clairement où sont les convergences et les différences, et même les divergences. Et quand il y aura divergence, sur un grand sujet, qui tranchera? Ce sont les Français, et c'est à cela que sert le premier tour d'une grande élection"
Modem: année 2
On pourrait objecter à François Bayrou qu'il se positionne déjà dans la perspective de 2012. Quoi de plus légitime? On pourrait également lui objecter qu'avant 2012, il y' a les régionales l'an prochain mais rien n'y fait: une dynamique est lancée!
Le modem est désormais un parti exclusivement de centre gauche, il est né lors de l'élection présidentielle de 2007 de la scission du défunt UDF, sous l'impulsion de François Bayrou. Le Modem est très certainement né grâce à l'addiction récente de François Bayrou pour le président de la république.
Ségolène royal avait tendu la main à François Bayrou durant l'entre-deux tour de la présidentielle, mais François Bayrou n'avait pas tranché à l'époque entre droite et gauche, trop occupé qu'il était à construire le Modem. Ce coup-ci il vient de franchir le rubicon centriste, en se dévoilant davantage que par le passé pour un rapprochement avec le parti socialiste.
Ce rapprochement fait plaisir à voir! J'ai en effet apprécié entendre de nouveau des mots, qui me semblaient désormais faire parti du passé, dans la bouche de nos politiques, comme humanisme, pluralisme ou respect. Ce rapprochement, encore symbolique, est une nouvelle dynamique dont l'UMP est à n'en pas douter la seule cible, mais également sa meilleure émulation.
Le Modem, c'est comme le bon vin, avec seulement deux années existence il commence déjà à nous livrer ses meilleurs arômes.
Vincent Peillon a rendu possible la cristallisation de ce rapprochement
Vincent Peillon peut très certainement s'enorgueillir d'être "le créateur" de ce rapprochement qui va sans doute peser lourd lors des prochaines élections. Il doit certainement exulter puisqu'il s'en est pris vertement au chef de l'état en déclarant que celui-ci est le symptôme de l'abaissement national. Cet abaissement serait "construit sur des racismes, sur des violences". Il a poursuivi ensuite:
"Je considère que Nicolas Sarkozy n'apporte pas des solutions. Il a menti, il a construit sa campagne électorale sur des mensonges, on en voit les résultats aujourd'hui"
"Nous sommes sortis du boulangisme, nous sommes sortis du pétainisme, nous sommes sortis du bonapartisme, nous sortirons du sarkozysme"
"la France traverse une crise d'identité nationale à laquelle Sarkozy n'a d'ailleurs rien compris puisqu'il a cru que c'était lié à l'immigration" - "En réalité c'est beaucoup plus lié à notre rapport à l'éducation, aux Lumières, qui sont en véritable souffrance dans notre pays"
"Nicolas Sarkozy a abandonné l'Education Nationale et la nomination de Luc Chatel est le symptôme de cela"
Cette déclaration fait plaisir à entendre, ce rapprochement est non seulement une bonne nouvelle, mais également une aubaine pour changer d'air d'ici à quelques temps. Oui Vincent Peillon, nous sortirons du Sarkozysme, je n'en doute pas une seconde. Et en 2012 évidemment car ce rapprochement PS-Modem est la meilleure arme anti-UMP anti-sarkozy.


Commentaires
Cette alliance entre Modem et PS participe du TSS, ce qui ne constitue pas un programme de gouvernement. On l'a vu en Italie et on le voit encore. Les Italiens n'ont même plus un seul représentant de la gauche au parlement.
Avant de s'emballer, voyons le programme de Bayrou, ce qu'il propose sur l'environnement, la fiscalité, les retraites, les salaires, l'éducation. En 2007, il n'a pas appelé à voter Royal pour une raison dont tu ne parles : son programme soutenu d'ailleurs par Camdessus. Un vrai programme de droite avec les nécessaires réformes néo-libérales...
des pas perdus@des pas perdus : moi je suis emballé, sans doute l'effet des deux dernières années qui me rend peu difficile à vrai dire.
Christophepeillon fait beaucoup de bla bla mais il est trop condescendant pour faire adhérer et voter pour ses idées, il suffit de l'écouter au moment où les Francçais croulent sous d'énormes difficultés, comme un enfant, il nous parle de son nouveau "joujou" :la taxe Tobbin.
Je pose la question qu'est-ce qu'on en a à foutre déjà il y a un rejet de la taxe "duflot"?
Dans le même ordre d'idée que pense les "hamon et cie" qui voulaient au congrès de Reims un PS à Gauche toute.( Tout est fait pour le retour de dsk , j'attends avec impatience les militants faire campagne pour un mec qui gagne 400 000 dollars l'an dans les quartiers populaires)de l'alliance avec le Modem ?
L'arrogance tue...
MadePrendre le pouvoir pour faire quoi ? Virer Sarko, et qu'est-ce qu'on fait après ? Ils ont expérimenté le truc en Italie... Ça marche une fois, et puis deux ans plus tard, il n'y a plus d'opposition de gauche.
Imagine un gouvernement PS-MoDem avec Camdessus... Tiens, dans le rôle du ministre chargé des ressources naturelles..., notamment de l'eau...
Il reste trois ans. Les primaires, on a déjà vu, non ?
pas perdushops taggué dans une chaine de blogs
romain blachierSur cette vidéo que s'est procurée Le Monde, le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, a posé pour la photo en compagnie d'un jeune militant, samedi 5 septembre, lors de l'université d'été de l'UMP, à Seignosse dans les Landes.
"Il ne correspond pas du tout au prototype", plaisante M. Hortefeux en référence à l'origine arabe du jeune homme, avant d'ajouter : "Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes."
http://www.lemonde.fr/politique/art...
Brice Hortefeux, démission.
BAMaintenant, Sarkozy devrait nommer un républicain au poste de ministre de l'Intérieur.
Il y a beaucoup de républicains à l'UMP.
Sarkozy devrait choisir un républicain comme nouveau ministre de l'Intérieur car, sinon, les jeunes n'auront plus AUCUNE confiance dans la police nationale et dans " le premier flic de France ".
Sarkozy devrait trancher dans le vif.
Vite.
BALe positionnement du MoDem n’est compliqué que si on l’étudie avec le prisme du clivage droite/gauche.
Or ce clivage est archaïque et dépassé, les électeurs ne sont plus des moutons qui votent massivement pour une étiquette soit « la droite soit « la gauche » et cela de leur majorité à leur mort.
Le remarquable score de François Bayrou aux présidentielles de 2007, s’explique en grande partie ainsi, étant le candidat hors clivage droite/gauche.
Et depuis deux ans, un autre personnage politique en a pris acte et créé un nouvel ensemble…c’est Nicolas Sarkozy lui-même. Il est en effet aujourd’hui à la tête d’une majorité qui n’est pas « la droite » traditionnelle. L’UMP reste bien sur l’élément principal (et encore pour tout l’UMP…voir les derniers gaullistes) mais il y a aussi des gens issues de la gauche et d’une droite exterme. Bref un nouvel ensemble : le sarkozisme.
A la Grande Motte, au début du mois, François Bayrou a mis en avant ce nouveau clivage, cette nouvelle frontière : Sarkozisme / les autres (ceux qui s’y oppose).
Sous l’angle de ce clivage, la position du MoDem est claire : nous sommes opposé au sarkozisme et nous proposons à tout ceux qui ont ce même positionnement de construire un vrai projet alternatif afin d’offrir une réelle alternance au français en 2012.
Voilà, simple, non ?
Pour plus de détails : La grande Motte: pas un virage, une nouvelle frontière
Adrien