Je souhaitais rebondir sur l'article d'Eric intitulé "au bistrot sans test ADN" sur son blog . Une phrase m'est restée et revient sans cesse comme un boomerang :
Le sarkozysme fonctionne en disqualifiant ceux qui le
critiquent.
Le
président semble ettayer cette thèse, en effet il aurait dit à Yasmina
reza lors de la sortie de son livre fin août: vous pouvez y aller, plus
on me tape dessus, plus cela me renforce. On peut voir dans ce propos,
un thème récurrent de la pensée stoïcienne, ou une ènieme fuite en
avant, nous pouvons interpréter comme nous le voulons.
C'est
fondamentalement très vrai sur trois points importants que nous allons
évoquer, la question à se poser est pourquoi ce discours si grossier
est en soi tellement difficile à contrer.
L'identité nationale :
Tout d'abord il faut préciser que ce mot est apparu depuis Mai seulement et que personne ne semble s'en offusquer maintenant.
Comment
ne pas avoir la chair de poule sur les bras avec le discours ambiant
sur les tests ADN, sur les lettres des recteurs aux directeurs d'écoles
demandant simplement un acte de délation de ces mêmes directeurs au nom
de la République ?
Sarkozy en effet n'est pas fasciste comme beaucoup de gens
d'extrème-gauche ont pû le dire. La gauche elle même n'est pas très au
clair sur ce sujet là, en effet de nombreuses voix à gauche souhaitent
encore des régularistaions massives. C'est tout simplement
irresponsable de leurs parts. Ils sont poussés par un angélisme
"mondial" certainement vrai sur le plan de la raison pure, mais
intenable au point de vue de la raison pratique.
Sarkozy
a senti cela depuis le début et a poussé dans ce sens là et a rallié
une bonne partie du Front National au second tour sur ce thème. A
chaque fois qu'un acte dans ce sens est mis en avant, et je pense aux
tests ADN, ce n'est pas lui qui se met en avant, il laisse faire la
basse besogne au dévoué Hortefeux, donnant ainsi le change à son
éléctorat FN.
Le président a donc bénéficié sur ce sujet là, d'un boulevard, généré
par le manque de clarté du Parti socialiste sur ce thème, que l'on
pourrait nommer avec quelques relants xénophobes de France française.
Il a donc exploité le vide du parti socialiste à ce sujet et il
continue.
On ne change pas les slogans qui gagnent.
L'Economie
C'est
certainement le sujet qui le passionne le plus, comme GDF et Suez
peuvent l'attester, c'est incontestablement un roi du Meccano
industriel à la Française, en effet la fusion des deux groupes s'est
réalisée à l'Elysée. Pour deux groupes cotés en bourse, cela est assez
étrange tout de même. On peut objecter facilement sur ce point en
mettant en avant le rôle prépondérant de l'énergie dans l'économie
actuelle.
Cela étant Sarkozy a
tiré les cartouches de l'état (réduction de 15 milliards par an pour
les plus riches) trop rapidement, comme le prouve la conjoncture
actuelle. La relance par la consommation ne s'est pas produite et ne se
produira pas. Et les risques internationaux sont bien là pour nous
rappeler que le volontarisme a ses limites.
Le président s'est fait tancé par tous les pays Européens sans sembler réellement saisir la pensée inquiete de nos voisins.
Les cisses sont donc à vides comme l'indiquait Le premier ministre
F.Fillon vendredi. Pourquoi cette politique anachonique de relance par
la ristourne d'impôt aux plus riches a t'elle été possible ?
Retour sur image, c'est la politique Etats-uniènes du
gouvernement Bush, qui a marchée (cela se discute pour le plus pauvre)
dans une conjoncture ou l'économie ne pouvait que rebondir, il y'a 4
ans.
Cette politique conservatrice classique vient donc
à contretemps en France. Là aussi un boulevard idéologique lui a été
laissé ouvert par le ...parti socialiste lui-même. En effet qui se
souvient de la politique économique de Ségolène Royal....? pas grand
monde.
Donc rien de crédible et porteur à gauche sur ce sujet majeur.
Il persiste et signe, donc maintenant sur le fil du rasoir, car les
réductions de recettes ont été réalisées..mais pas les réductions de
charges.
Donc le boulevard, même s'il mène droit au mur, est toujours ouvert devant lui.
La division dans l'alliance politique (ou l'habileté d'être le patron)
Il est de notoriété publique qu'un remaniement
ministériel va avoir lieu, et que lit-on dans Marianne d'hier ?
Que nous assiterions à une nouvelle fausse-ouverture afin de remporter
les municipales de 2008. Finement joué, car ce serait une ouverture si
le principal parti cible était partie-prenante mais ce n'est pas le
cas. Mais cela se nomme tout de même ouverture par nos médias, comme
hypnotisés par le charme de la rupture autoproclamée.
Donc nous ne connaissons pas encore les "entrants" mais en revanche les
"sortants" sont connus : MAM et Borloo, les deux seules personnes qui
l'ont aidés à prendre le poste qu'il détient pour 5 ans.
La boucle est bouclée, il expulse les poids lourds
de son gouvernement pour mieux régner, il y'a du Mitterrand là dedans à
n'en pas douter.
Et il va s'entourer de personnages plus à gauche reniés par leur partis
et qui ne serviront que de faire-valoir à la politique du Président, et
de béni-oui-oui idolâtres inexpérimentés de droite.
Que fais le parti socialiste sur ce sujet ?.......
Bref le roi est nu, au bout de 6 mois de pouvoir, il va être seul à nous diriger...pour aller on ne sait trop où ?
En effet le carnaval permanent des réformes esquissées est impressionnant, il reste à savoir comment tout cela va se terminer.
Là, où l'action comme moteur de gouvernement et de politique trouve ses limites: L'impasse est déja là,
mais avec cette fuite en avant permanente, rien ne laisse entrevoir, au
moins à court terme, une opposition revigorée qui agit collectivement,
ou des résultats significatifs en terme économique.
Néanmoins, la critique continue à faire
pschit et à se heurter à une fin de non recevoir de la part de
l'opinion publique. Car il n'ya pas en ce moment de construction
alternative cohérente qui pourrait venir à bout du discours actuel,
pourtant très discutable.
un Miro pour vos mirettes


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