Eric Woerth vient de démissionner de son poste de trésorier de l’UMP, confirmant par là même les accusations de conflits d’intérêts dont il faisait l’objet. Il a donc fallu un scandale d’une ampleur inégalée pour en arriver à seulement ça… tout ça pour ça !

La sagesse, la déontologie, la morale et l’éthique auraient dû pourtant imposer cette décision au ministre dès le mois de mai 2007, nous pouvons en déduire que ce genre de considérations n’a jamais effleuré le ministre hier comme aujourd’hui, seule l’injonction du président lui a imposé cette démission. C’est fort dommageable pour lui évidemment, ça l’est encore davantage pour l’intérêt public comme nous le voyons une fois de plus aujourd’hui.

Le couple Woerth a cumulé tellement d’atouts politiques économiques et mondains dans ses quatre mains durant trois ans, qu’il lui a été impossible d’appréhender pragmatiquement les conflits d’intérêts qui se nouaient, se croisaient, s’épousaient pour se dénouer finalement dans un sens ou dans un autre suivant l’arbitrage du moment. Après un scandale sans précédent, c’est à une Florence Woerth médusée, piteuse ou candide, c’est selon, que nous avons eu affaire voilà deux semaines . Vraisemblablement peu habituée aux mensonges d’état, elle s’est laissée allé en déclarant « avoir sous-estimé le conflit d’intérêt » dont son travail pouvait la rendre coupable. Il est admirable de constater qu’une telle prise de conscience, certes tardive mais bel et bien présente, ait pu être jetée en pâture à l’opinion. Son mari n’a pas encore fait une telle confession publique

Le président a sifflé la fin de partie, pas si sur !

Le président a donc souhaité passer l’éponge, grâce à une manipulation médiatique hors du commun, pratiquement au vu et au su de tous, sur cette affaire. Suite à un discours ésotérique, mélangeant tout et son contraire, il demandait à tout un chacun de passer par perte collective et gain personnel cette affaire dont il est le premier bénéficiaire. Les français n'ont pas été dupes.

A peine le discours de l’homme au deux cerveaux tuyauté au bas-peuple aux 15 estomacs , Marianne ainsi qUe le Canard enchaîné révélaient dans la foulée qu’Eric Woerth était au centre d’un nouveau conflit d’intérêt concernant la vente de l’hippodrome de chantilly pour un prix dérisoire à des connaissances. Je suis resté sans voix suite à sa réaction sur RTL à cette nouvelle accusation :

"Des dossiers comme ça, on peut en trouver 1 000, 1 200, 1 300, 1 500. Il n'y a évidemment pas de sous-estimation d'un bien (…) c'est vraiment pas bien, c'est pas du journalisme, c'est de la malfaisance, voilà ce que c'est. Il y a la maltraitance, et ça c'est de la malfaisance. C'est des gens qui se complaisent dans la boue. Eh bien, qu'ils y restent ceux qui écrivent ça !"

Inutile de préciser que si il y’a encore 1500 dossiers de ce type, le sarkogate va procurer du boulot dans les rédactions pour des mois et des mois encore. Ce qui est légitime d’ailleurs, puisque ces informations doivent être connues par nos concitoyens, comme l’a révélé la décision de justice au sujet des enregistrements frauduleux réalisés chez Liliane Bettencourt.

Eric Woerth est incompétent

Je pense qu’Eric Woerth est finalement une brave patte, doté d’une couverture Elyséenne à toute épreuve, sensible au bien-vivre, aux opportunités et aux rencontres. Sarkozy ne peut d’ailleurs pas le lâcher. En effet si c’était le cas, celui-ci pourrait alors égarer dans quelques rédactions des souvenirs retrouvés de la probable double comptabilité de la campagne présidentielle de 2007. Et même si les faits sont prescrits, cela ne serait pas d’un bien bel effet quelques temps avant 2012. Eric Woerth est donc un ami indéfectible du président, et encore pour un bon bout de temps, quitte à tordre le coup aux usages, à l’intérêt public, à la moralité, à la prudence, à la liberté de la presse ainsi qu'à à la justice. Mais lorsque l'on est un affectif, ces usages n'ont aucune espèce d'importance.

Eric Woerth, si il est coupable de quelque chose c'est avant tout d'incompétence vis-à-vis de l'intérêt public.