Eric Zemmour, c'est un peu la mauvaise conscience des médias. En effet ceux-ci n'arrivent pas encore à prononcer les mots "noirs" et "arabes" en direct. Il se promène donc d'un plateau de télévision à l'autre en répétant ces mots Tabous. C'est son fond de commerce, il en vit, on pourra juste sourire à ces écarts mineurs de langage apaisant un peu le PAF quotidien de sa médiocre insipidité. Eric Zemmour, c'est un peu le piment d'une soirée télévisée ratée.

Ainsi ce soir, réagissant à la polémique dont Nadine Morano a fait l'objet cette semaine  pour ses propos déplacés et généralisateurs sur les Français des banlieues. Celui-ci lui a donné tort sur la forme avant de lui donner raison sur le fond (voir la vidéo en bas de l'article).

Deux extraits :

  • "Ce sont eux (les jeunes garçons des banlieues de moins de 24 ans) qui se mettent en situation de ne pas être embauchés"

  • "les filles ne sont pas au chômage...les filles sont embauchées, parce qu'elles n'ont pas l'agressivité des garçons"

  • "Ils ont eu des chances égales enfin...C'est eux qui n'en ont pas voulu. c'est eux qui ne veulent pas apprendre. ils ont eu l'école de la république comme tout le monde...c'est eux qui ne veulent pas apprendre"

Les chiffres

Le propos d'Eric Zemmour est généralisateur, il n'est donc pas recevable. Les chiffres que cite Eric Zemmour viennent du dernier rapport de l'ONZUS, que j'ai commenté récemment.

Une capture d'écran de ce rapport permet de visualiser les chiffres dont toute la presse a parlé:



Nous voyons bien que le taux de chômage des 15-24 ans en 2008 dans les ZUS augmente considérablement par rapport aux deux années précédentes. On peut évidemment se poser la question de savoir ce chiffre n'est pas une aberration. En effet la fluctuation importante de ces chiffres d'une année sur l'autre autant à la baisse qu'à la hausse sont suspects. Il faudrait donc se pencher davantage sur ces chiffres pourtant afin de vérifier ces variations étranges à première vue.

Passé cette première remarque, il nous reste le propos d'Eric Zemmour qui tire une conclusion intemporelle et généraliste concernant ce chiffre de 41,7 %. Il me vient une question: si ce chiffre n'avait pas été aussi élevé fin 2008, comme en 2006 et 2007 par exemple, aurait-t'il eu le même propos ?

je pense que oui, ce chiffre n'est que le support à sa diatribe, non pas raciste comme on peut le voir ici où là. C'est en effet un discours conservateur bien connu tendant à culpabiliser les couches sociales les plus faibles et vulnérables.

Puisque c'est de cela qu'il s'agit, Eric Zemmour n'est pas raciste, il n'aime pas les gens qui ne possèdent pas un capital en bonne et due forme, et à fortiori un capital culturel. A force de fuir ses propres origines, elles finiront sans doute par le rattraper, allez savoir!

Les gênes

Il est tout de même question de gênes, et plus précisément de chromosomes dans cette vidéo. Les garçons seraient donc davantage agressifs que les filles dans les banlieues. Il me semble que cette idée tienne du lieu commun aujourd'hui comme au siècle dernier, et aussi loin que l'on puisse remonter dans l'histoire de l'Humanité. Ceci dit, cette soudaine agressivité qui a considérablement augmenté dans les banlieues entre 2007 et 2008 serait l'explication la plus tangible des difficultés des personnes habitant ces quartiers?

Soyez donc raisonnable Monsieur Zemmour ! je sais bien que votre salaire est lié à de telles interventions et à de telles polémiques, mais tout de même ! la raison n'a de cesse d'être agressée avec de tels propos !

Eric Zemmour est donc le phénomène de foire de la télévision chloroformée. Il sait dire devant la caméra les mots, non pas que les Français pensent tout bas, mais que les présentateurs télé n'osent pas dire en direct: les mots "Noir" et "Arabe". Eric Zemmour n'existe médiatiquement que grâce au déni de communautarisme Français.