LE MONDE | 10.04.07 | 16h02  •  Mis à jour le 10.04.07 | 16h02


Ils voulaient "réveiller la France qui se lève tôt". Ils se sont donc donné rendez-vous à 6 heures, mardi 10 avril, avec djembé, maracas et sifflets dans le 17e arrondissement de Paris. Un rassemblement qui s'est fait au métro Guy-Môquet,du nom du jeune résistant communiste dont Nicolas Sarkozy revendique l'héritage, pour un parcours "bruyant et festif". Objectif affiché : alerter la France "des simples employés" qui "serait a priori la plus sensible aux idées de Nicolas Sarkozy". Et la dissuader de voter pour lui.


Les traits bouffis, encore endormis, les membres du collectif tout récemment baptisé La France qui se lève tôt, souvent des étudiants ou de jeunes actifs, se sont donc retrouvés à une vingtaine, au petit matin. Parmi eux, de nombreux anciens du collectif Jeudi noir, ce petit groupe qui s'invitait dans les visites d'appartements loués à des prix jugés prohibitifs.

"Le fait que la majorité des Français pensent que Nicolas Sarkozy va gagner l'élection présidentielle et qu'il a désormais les mains libres nous paraît assez grave", justifie ainsi l'un d'eux, Manuel Domergue, 25 ans, assistant parlementaire du sénateur de Paris Jean Desessard (Verts).

Selon M. Domergue, le programme du candidat UMP ne favorise pas "les Français qui se lèvent tôt" mais "ceux qui s'enrichissent en dormant". "On veut dire à tous ces gens : attention, le discours de Sarkozy sur la valeur travail, le mérite... c'est du gros bluff !", explique Leila Chaibi, 24 ans, membre du collectif Génération précaire.

Mardi matin, après avoir tracté à l'entrée du métro auprès des voyageurs pressés, ils se sont donc élancés "à l'arrache" et en fanfare, la camionnette de l'un d'eux ouvrant la voie, autoradio à fond. Les rares riverains au balcon, souvent en pyjama, ont modérément apprécié le cortège. "La France qui se lève tôt" compte cependant répéter l'expérience au moins une fois par semaine, jusqu'au deuxième tour.

Elise Vincent