Les bons-mots du week-end sont décortiqués, les ambitions personnelles analysées à la journée.

Cet environnement actuel n'est pas nouveau, certes - mais la "peopolisation" très récente de notre Agora, grâce à un président imprégné de cet univers là nous englue dans ce quotidien sans cesse renouvelé mais semblant immuable. La rhétorique de droite est bien là, sous couvert d'une passion pour l'interro-négation (la dernière en date: comment voulez vous empêcher les gens de travailler de dimanche avec un chômage à de tels niveaux ?). La liberté de travailler le dimanche est donc le dernier crédo de ce gouvernement pris au piège de sa passion Atlantiste. Il s'agit d'une esclandre de plus dans ce pays que l'on pousse de force vers un modèle dont il n'est pas friand. Nous nous dirigeons à grands pas vers l'ancien modèle Etatsunien, celui qui a commencé avec Reagan et dont l'apogée s'est terminé voilà quelques mois seulement. Ce modèle-là a eu une fin digne des passions qui l'avaient portées: il vient d'engendrer une dépression, non pas limitée à un pays, comme cela aurait été le cas voilà encore 10 ans, mais d'une dépression mondiale. Une fin en supernovae -économique, dont certains libéraux nous expliquerons encore et toujours que c'est parce que ce modèle n'est pas encore allé au bout de sa mutation (ultime ?). cela suffit, les faits sont là, le dépression mondiale est installée...elle.

Notre crédo actuel est donc de rejoindre au plus vite ce modèle obsolète dont on connait les issues. Nous bradons donc nos spécificités (qui sont forcément notre force) pour se noyer dans ce magma négationniste de notre identité. La France devient donc bicéphale à grands coups d'interrogations-négations présidentielles.

Le Franco-négationnisme présidentiel...flotte toujours en France

Deux ans de Sarkozye, c'est long. Les médias actuels sont déjà en train de faire tourner toutes les planches à billet prévisionnelles pour connaître quel sera le meilleur adversaire de Sarkozy en 2012 - quel programme et quelle fébrilité de tous les instants me direz-vous !

La France génère au bas mot entre 2000 et 3000 chômeurs par jour ouvré depuis bientôt huit mois. Les chiffres ont été caviardés par le pôle- emploi au mois de mars afin de ne pas rendre publique l'ampleur de la catastrophe. De la manipulation à la petite semaine, depuis maintenant deux ans: nous sommes désormais également bien rodés à cela.

Et pourtant, une banque a encore fait faillite aux USA ce week-end - le FMI a encore rappelé que les créances pourries des banques ne sont pas encore totalement purgées. Qu'est ce qu'une créance pourrie? c'est la contrepartie publique des richesses engrangées par des particuliers depuis des d'années. Ce principe qui restait jusqu'à présent localisé à quelques états ou entreprises s'est généralisé au monde entier.

La dépression est bel et bien là et sans doute pour de très nombreux mois, voire plusieurs années.

Le paysage social et politique français est mal adapté à la situation

La dépression est majeure donc. Bercy envisage, comme en Allemagne, un plan de sauvetage des banques dans les mois à venir si cela tournait mal...et très certainement un deuxième plan pour l'industrie automobile.

Mais où sont donc bien passés les Français dans ces mesures qui se succèdent ?

Il y'a ceux qui serrent les fessent (le chômage: c'est pour les autres), ceux qui subissent cette contraction du "nombre d'heures travaillées" sans trop de problèmes. Et ceux qui manifestent.

C'est donc une routine pour ces derniers: ils manifestent et les syndicats vont ensuite défiler à l'Elysée, et ce jusqu'à la prochaine fois...d'ici à quelques mois.

Les syndicats vont donc jurer fidélité aujourd'hui au président. Ce qui est assez français pour le coup ! Et tout va continuer comme si de rien n'était. Ellie Domota avait pourtant trouvé une ouverture sur la façon de procéder, mais il ne semble pas faire d'émules en métropole.

La dépression économique transforme radicalement le paysage Français, mais tout semble ronronner pour que les français restent endormis.

Demain, autre chose puisque "les voyous, c'est pas nous" !

Tout ceci n'est peut être que la démonstration la plus parfaire que quelque chose est en train de se tramer. En effet, le grands écarts entre les injustices sociales, économiques et les perceptions que la population en ont est en train de prendre forme...et pour cela une perte d'emplois est sans doute le fait générateur le plus parfait d'une prise de conscience individuelle. Les "conti", ces ouvriers dociles depuis des décennies n'ont ils pas saccagé une administration avec comme mot d'ordre "les voyous, c'est pas nous" ?

La prise de conscience de l'injustice se fait donc dans la douleur, et les syndicats ne peuvent rien à cela. Villepin et Royal trouvent que la situation actuelle comporte un risque insurrectionnel important, et effectivement tous les mois nous assistons à une montée des exactions pourtant répréhensibles au niveau du droit mais légitimes sur la forme.

Le grand écart des injustices entre classe sociales est en train de se creuser rapidement. Les "prises d'otages des patrons voyou" est une spécificité Française. Les étrangers ne peuvent pas comprendre...puisqu'ils ne sont pas Français. Ce n'est pourtant pas une nouveauté dans l'histoire Française à ce que je saches!

Le Monde, tel qu'il se présente aujourd'hui à nous, n'est plus acceptable - les peurs pour franchir le rubicon sont cependant encore grandes...mais Dieu que l'autre rive peut sembler belle aujourd'hui.

Le label Gouvernemental, retouché par mes soins, pour vous faire endurer :