A chaque fois que je lis ce type de lettre de RESF au sujet d'une nouvelle expulsion, il me vient simplement une envie:
pleurer.
Je résume l'histoire de ce jeune homme qui vient de faire l'actualité
une nouvelle fois dans sa vie. Konstantin est géorgien, il est arrivé
en France en 2004 à 17 ans. Il fuyait son pays où son
père et sa mère avaient été assassinés sous ses yeux. Il vient d'être
expulsé lundi 5 décembre.
Une sourde envie de pleurer est passée - étrangement j'ai repensé, en lisant cette lettre, à un livre de
Marcel Pagnol que j'avais lu lorsque j'avais 12 ans. Le château de quelque chose... sans doute.
Chacun des livres de Pagnol avait une suite, je les prenaient donc les
uns après les autres comme de petits bonheurs uniques. Ils résonnaient,
à mon jeune âge, comme un appel à la joie et à la
liberté. Ces livres magnifiaient les sentiments les plus simples comme
l'amitié et l'authenticité. Mon imaginaire se berçait du chant des
cigales, de la chasse à la bartavelle et des coup de
jarnac incompréhensibles auxquels se livraient les adultes entre-eux.
Un sentiment diffus de bonheur s'emparait de moi à
chaque nouveau livre, et il se prolongeait bien après le tome terminé.
De cette lecture assidue que je faisais comme on cache un secret
intime, il ne restait que l'amitié entre ces deux jeunes
adolescents qui parcouraient la provence au grand dam de leurs parents
respectifs. Deux jeunes issus de milieux très différents qui étaient
réunis par la beauté de la nature et la joie d'être
ensemble.
C'est d'ailleurs en repensant aux souvenirs d'enfance du jeune Pagnol
que je remarque que l'enfance que j'ai vécu moi-même dans le
Lot-et-Garonne n'est finalement pas si éloignée de celle racontée
par l'auteur. Il est vrai que c'était dans les années 70.
La réverie de la lecture se prolongeait souvent et
régulièrement. J'ai donc un souvenir particulier des livres de Marcel
Pagnol, pourtant un
souvenir me reste comme une épine plantée dans le pied. En effet à la
fin du dernier tome, Marcel Pagnol racontait que le jeune avec qui il
jouait dans les collines chaque été avait disparu lors de
la guerre de 14-18. Cela m'avait procuré une grand désarroi, et une
incompéhension de cette injustice tout aussi importante. Très
certainement aussi importante que le bonheur qui m'avait lié
à l'amitié qui était née entre ces deux enfants.
Je viens de finir cette lettre, après avoir lu les autres,
et j'en viens à me demander si je vis bien dans le même pays. Je suis
désormais adulte, la roue tourne, je n'ai pas pleuré car j'ai bloqué
les émotions qui me terassaient mais
l'incompréhension de l'injustice est toujours aussi présente chez moi.
Je vieillis, je comprends mieux les ressorts de cette violence là, mais
le sentiment d'injustice reste intact en moi. La
modernité a profondément changée la vie de chacun d'entre nous; mais
finalement nous sommes peut-être plus cruel volontairement maintenant
que ne l'étaient nos aïeux involontairement, ou par
naïveté, auparavant. Poser cette question revient sans doute a y
répondre.
La vulgarité et les inégalités s'étallent devant nos yeux blasés chaque
jour davantage. La dernière en date est une poche en carton sur
laquelle se déshabille, certainement contre son gré, la femme
du président. Le pastiche du m'a-tu-vu est là posé devant nous comme le
meilleur symbole de notre société. c'est sans doute l'allégorie la plus
représentative de la France d'aujourd'hui.
Sans papiers ni carton

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Commentaires
Bonjour Peuple net,
Tu es enfin de retour,
Peuple net nouveau est arrivé, bravos avec un s et merci.
J'ai repris sur "La lettre de Jaurès" ton article sur les "Sans papiers". Sarkozy et ces sous fifres donnent une très mauvaise image de notre pays la France. France pays d'accueil, de Fraternité d'égalité et de liberté cela est terminé.
à bientôt et bon courage,
Jean-Luc
Jean LucLe Timbré, n°60, extrait
VerthuitMarianne nous sort son xième brûlot antisarkoziste comme on récite une leçon très bien apprise pour nous proposer la liste des anti sarko : c'est étrange, depuis au bas mot 90 unes consécutives consacrées à l'hôte du Palais, on se demande quel genre d'inspiration chez l'hebdo leur permet de tirer aussi inlassablement à longueur de semaines le même plomb sans se préoccuper de l'enrayement du fusil, pas davantage que du fait que ce type de thème ayant très difficilement pu échapper à 90 unes, la nécessité de le traiter dans ce n° 605 pourrait laisser penser à tout un chacun que Marianne craigne fort que personne ne les lit. J'ouvre au hazard et je tombe sur Alain Badiou qui nous explique qu'il s'octroie le droit d'insulter ses ennemis, entreprise vaine s'il en est du fait que ses ennemis qu'il insulte - dont je vais me faire un honneur d'être - sont tout autant légitimes à lui rendre la pareille. L'insulte est le principal moyen d'enliser le débat et je suis convaincu qu'elle ridiculise beaucoup plus son auteur qu'elle n'affecte celui qu'elle agresse. L'insulte est celle que ce "philosophe" jette dans un pamphlet : " De quoi Sarkozy est il le nom ? " dans lequel je cite l'hebdo " il déchiffre la présidence sarkozyste comme l'effet d'une tentation pétainiste récurente dans l'histoire de France, en usant d'une expression freudienne, métaphore zoologique - l'homme aux rats - pour désigner le débauchage de personnalités de gauche. " Une telle asertion transpire de mauvaise foi. En effet, elle n'a aucun sens du fait que pour que le président puisse débaucher des gens de gauche, il faut avant tout que ces gens acceptent de l'être. Le " corrupteur " pourrait il corrompre s'il ne rencontrait pas sur son chemin des " corrompus ". Ainsi est-il donc inacceptable un tel parti pris malhonnète qui ne s'en prend qu'au président en laissant tranquilles ceux qui profitent de sa bénéfique ouverture. Mais l'insulte n'est elle pas le pendant incontournable de l'inébranlable vacuité ?
Victor C.