La métropole joue profil bas son indifférence: ils n'ont pas de boulot nous non plus, ils ont des problèmes nous aussi. Et pourtant avec ce qu'ils nous coûtent !! ils devraient être heureux, ils nous ressortent, une fois de plus, leurs négritudes. Allez césaire, il est mort, et tout cela est bien vieux. J'appuie là où ça fait mal, mais l'indifférence actuelle de la métropole vis-à-vis de la Guadeloupe est bien de ce degré là: nous esperons que le calme revienne rapidement là-bas.
Neuf intellectuels Antillais ont rédigé un manifeste pour soutenir ce mouvement social. Quelques extraits:
C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n'est illégitime. Aucune n'est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte.
La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l'on peut saisir l'impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité.
L'imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu'est l'association des maires, ont montré leur impuissance
Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens. l'illusoire bienfaisance de ces accords sera vite balayée par le principe du "Marché" et par tous ces mécanismes que créent un nuage de voracités.
On peut mettre la grande distribution à genoux en mangeant sain et autrement. On peut renvoyer la Sara et les compagnies pétrolières aux oubliettes, en rompant avec le tout automobile. On peut endiguer les agences de l'eau, leurs prix exorbitants, en considérant la moindre goutte sans attendre comme une denrée précieuse, à protéger partout, à utiliser comme on le ferait des dernières chiquetailles d'un trésor qui appartient à tous.
An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l'utopie.
La gauche française a été prise de court par ce mouvement dont elle ne sait trop quoi faire. Elle risque même de se faire déborder par la rue malgré la tentative de canalisation de ce mouvement par le président. La rue française est tellement sous l'emprise de sa consommation que son génie s'est évaporé.
La grève générale est en train de devenir l'ombre de ce qu'elle pourrait être, la meilleure preuve est ce tee-shirt made in china que commercialise Rue89. Le peuple a attendu sagement la fin du mois de janvier pour voir son salaire tomber, et il reviendra peut être le 19 mars si le coeur lui en dit. C'est une grève repoussante par son aspect consumériste. On veut que tout redevienne comme avant pour continuer à dépenser du produit manufacturé, la moyenne ne sent pas vraiment bon dans ces moments là.
Où sont passés nos poètes, les Raimbaud, les Verlaine, les Jean Genet ? ceux qui savaient aiguillonner par quelques vers bien sentis nos esprits vers l'abstraction ? Nous ne serions donc que des larves, pas encore aussi larges que la population Etasuniène ? nous y travaillons avec acharnement pourtant!
Alors si les Antilles devaient importer quelque chose d'immatériel en métropole, ce serait peut-être bien un peu de rêve, et pas celui d'un village du club med. C'est cela qui a construit notre pays, le rêve d'un ailleurs forcément impossible. Alors oui les Antillais sont davantage Français que nous métropolitains, aujourd'hui. Une vie meilleure est possible, je n'ai pas idée du comment, mais ce n'est pas en suivant le chemin que nous suivons actuellement.
Où sont passées nos humanités ?



Commentaires
Pas le temps de lire le manifeste en entier mais je m'y emploierai tres vite... une position qui me semble déterminante. Je reporte sur les "17 millions"...
pemaBukowski, troublant, dérangeant... tellement vrai
merci pour ses infos qui ont le mérite de leur originalité.
@pema : merci pema
Christophe