Nicolas Sarkozy est, et a toujours été pour une moralisation du capitalisme, c'est du moins ce que doivent penser ses
interlocuteurs internationaux depuis le mois dernier.
Il souhaite, actuellement, se tailler une stature internationale, en essayant d'engendrer un nouveau Bretton
woods.
Il est à Camp David ce week-end avec l'un des plus impopulaire
président Américain afin de faire la promotion de sa volonté. Georges
Bush a fragilisé la voix des USA comme aucun autres président ne
l'avait fait jusqu'à présent, il ne fait donc aucuns doutes que ce
Bretton Woods II aura certainement lieu. Nicolas Sarkozy souhaiterait
donc laisser une marque temporelle de son passage à l'Elysée. C'est
très certainement une constante du poste de président si l'on excepte
Jacques Chirac qui n'a pas joué sur ce terrain là.
Nicolas Sarkozy a donc un passé, c'est surprenant de dire cela, car à
vrai dire il a un passé dès qu'il se crée un nouvel avenir basé sur les
faits nouveaux qui se posent à lui en tant que contraintes. Ce
président a donc un passé revisité régulièrement, vu le rythme effréné
auquel il défraie la chronique depuis un an.
Vous vous souvenez peut être d'un des arguments clef de la campagne du
président l'an dernier: l'accession à la propriété. Ils souhaitait
qu'une grande partie des Français deviennent propriétaires, ce qui
était un argument comme un autre. Cet argument reposait sur une
nouveauté technique : le crédit
Hypothécaire, qu'il fallait modifier afin que les Français s'endettent davantage. Je le cite "Il
faut réformer le crédit hypothécaire. Si le recours à l’hypothèque
était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité
personnelle de remboursement de l’emprunteur et plus sur la valeur du
bien hypothéqué. Ceci profiterait alors directement à tous ceux dont
les revenus fluctuent, comme les intérimaires et de nombreux
indépendants". Et à nouveau "Les
ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d'Europe. Or, une
économie qui ne s'endette pas suffisamment, c'est une économie qui ne
croit pas en l'avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du
lendemain. C'est pour cette raison que je souhaite développer le crédit
hypothécaire pour les ménages"
C'était
fin 2006, lorsque cet autre Nicolas Sarkozy enviait le modèle
Américain. Nous savons aujourd'hui que la croissance de cet ex-empire
ne reposait que sur la captation de l'épargne mondiale, cette épargne
était ensuite dilapidée aussi vite que les outils financiers le
permettait. La croissance Américaine souvent vantée pour mieux
déprécier notre modèle Français n'était que du vent, mais un argument
de poids de la campagne de 2007 pour se valoriser sur les vestiges du
modèle républicain Français. Nous le savons aujourd'hui, et nous
participons également à ce financement via les recapitalisations de
Fortis et de Dexia.
Le post
vient d'inhumer une vidéo montrant Nicolas Sarkozy ventant les mérites
du crédit Hypothécaire aussi appelé Subprimes aujourd'hui. Il
souhaitait imposer la "rupture" à ce sujet également en France en
modifiant nos pratiques d'emprunts. Inutile de dire qu'il vient de la
réaliser cette "rupture" contre son grès certes, mais forcé par les
événements. Nicolas Sarkozy vient donc de changer les choses, mais
d'une façon opposée à celles qu'il préconisait en 2006. Cette vidéo
nous replonge dans la manipulation mentale dont nous avons été l'objet
durant plusieurs mois, écoutez, on frémit à nouveau.
Nous vivons une époque formidable, comme aurait dit l'ex-chroniqueur de France Inter, Philippe Meyer. Deux
années après ces
promesses de campagnes qui n'engageaient certainement que ceux qui
....; nous sommes obligés de constater aujourd'hui que les actionnaires
de cette nouvelle rupture sont les contribuables Français. Dans ces
conditions, une mélodie vient à mon esprit:
Jacques Dutronc - L'Opportuniste

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