Les décrets d'application de la loi sur la rétention de sûreté du 25 février 2008 ont été publiés le 5 novembre 2008. Cette loi avait provoquée un tollé en janvier 2008, deux anciens gardes des sceaux Robert Badinter et Elisabeth Guigou avaient lancés un vibrant appel pour l'abandon de cette rupture dans la tradition juridique. Cette mesure permet l’incarcération de personnes ayant purgé leur peine, du fait de leur "particulière dangerosité".

Une centaine de psychiatres appellent maintenant à la désobéissance et lancent une pétition en ligne. Ce buzz médiatique sera désormais consigné dans des cahiers bien ordonnés rangés dans des classeurs, eux mêmes alignés dans des armoires dont les synthèses arriveront aux ministères concernés. Quelle sagesse tatillonne tout de même! quel magnifique besoin de traçabilité réalisé pour notre bien-être et notre sécurité! un peu plus et l'on se sentirait un citoyen Américain du temps de feu le président Bush.

C'est pourtant une loi de l'ex garde des sceaux Rachida Dati. Cette dernière a de bonnes idées d'ailleurs, sa plus récente proposition en date est celle-ci: mettre des interphones dans les prisons pour pallier au nombres de suicides élevés en 2008. Elle aurait dû penser à mettre des caméras de surveillance, la boucle aurait été bouclée. L'interphone a donc dû se réveler être moins onéreux après coup, car
Il aurait fallu mettre davantage de fonctionnaire pour suivre ces vidéos à posteriori
De ces personnes décédées en prison il n'est question nulle part, la garde des sceaux apporte une solution pratique au problème que soulève le sous-financement de la politique carcérale actuelle. L'augmentation du nombre de détenus incarcérés a pourtant été dictée par Nicolas Sarkozy avec ce slogan délicieux: Tolérance 0. Il faut croire que les budgets associés n'ont pas été à la hauteur de la recrudescence d'interpellations qui ont été réalisées ces dernières années. Nous observons aujourd'hui les effets pervers (collatéraux) de cette décision pourtant plébiscitée à l'époque.

De surveiller et de punir, il est donc toujours question, mais d'une façon beaucoup plus insidieuse qu'auparavant. La répression mentale a remplacée la torture physique, les médecins ne sont plus que d'une faible utilité dans cette optique là. Les psychiatres sont donc maintenant mis à contribution au travers de ce nouvel ordre social se voulant sécuritaire mais étant avant tout séculier. Ils sont donc non seulement sollicités mais ils doivent également être les acteurs de cette transformation de la société Française.
Ils viennent d'apporter aujourd'hui une fin de non-recevoir retentissante aux appels du pied répétés de cette politique...sociale. Ils ont dit clairement: non, nous ne serons pas les cautions morales d'une politique qui demande pourtant à corps et à cri notre sauf-conduit scientifique.

De surveiller et de punir, il est également question lorsque l'on interpelle 10 personnnes à qui l'on colle l'étiquette d'extrême-gauche. Je m'interrogeais sous cette forme-ci le 17 juin: Quid de la lutte armée en France ?. Il semble que mon questionnement purement théorique trouve quelques échos de ce genre depuis hier.