En ce début d’avril 2010 frais et brumeux, sous la perruque des gouvernements Fillon qui se succèdent en s’effilochant chaque fois davantage, se cache la rumeur d’un Président nouveau-né impuissant. Déjà habitués à subir la diatribe ambiante de ces métastases gouvernementaux, c’est de ce palliatif à cette impuissance que notre culpabilité se nourrit aujourd’hui.

Les déconvenues présentes sont pourtant à la fois nerveuses et résignées, elles sont le meilleur reflet de la vacuité d’un homme-providence enfin  démasqué, et d’une fonction présidentielle bradée à bon compte. La vacuité de cette imposture affleure désormais notre quotidien sans sembler en affecter la torpeur ambiante. Il serait faux de penser, que cette engourdissement, soit une non-réaction à la bankstérisation de la société – il serait plus judicieux de supposer que ces coups-tordus sont refoulés dans notre inconscient sous l’injonction punitive d’une caste  infligeant sans cesse une tension (électrique) plus élevée aux  extrémités sociales de ce corps malade de la consommation.

Le sourire Colgate à la bouche, nous feignons encore de croire qu’un sursaut est possible, qu’un messie de gauche viendra redresser le cap sous l'impulsion d'un PIB à nouveau priapique. Ce n’est qu’une illusion, un effet secondaire du Prozac/poison social administré à quantité égale régulièrement. Tout comme nos commentateurs sportifs, surtout lorsque tout est perdu, nous souhaiterions encore croire qu’une victoire magnifique est possible jusqu’à la dernière seconde du match. En vain. Il s’agit là, encore une fois d’un placébo stimulant notre croyance en notre liberté inaliénable d’insérer un vote dans l’urne, celle-ci étant pourtant destinée à ne rien changer. En vain. Le refouloir (du) présent fonctionne à merveille et il semble que celui-ci soit un puit sans fins.

D’une gauche limitée à l’horizon des égos excroissants de ces éternels candidats socialistes proposant un système libéral avec sparadrap et rustines sociales. Ce rêve éveillé là ressemble à un mouroir de la jouissance à qui ne viendra pas, puisqu’elle se libère chaque jour dans l’acte d’achat compulsif.

L’espoir et l’euphorie nées lors des régionales sont déjà derrière nous, un couvercle les a déjà ensevelies. Les Français ont vite repris leur apnée attendant les futures injonctions à payer du train de vie d’une caste qui n’en finit plus d’aboyer. Le bouclier fiscal et la future réforme des retraites ne sont que les dîme et Gabelle modernes. Ces rédemptions punitives auxquelles nous livrons nos âmes, sans cependant tromper notre conviction intérieure, font écho au désespoir actuel d’exister, celles-ci résonnent encore des émeutes passées, comme d’un jouissance pourtant possible.

Afin de condamner encore cette jouissance scrutatrice, 100 députés UMP sortants ne proposent t’il pas une modification du code électoral pour les prochaines législatives ? Les quelques rares surprises possibles ici où là ne seraient même plus envisageables.

La politique deviendrait un espace (un peu plus) mort dans lequel se débattraient quelques êtres résignés élus par des êtres socialisés à outrance, ayant encore quelques autonomies à l’occasion.

Il serait faux de penser qu’en l’état actuel des chose, la lucidité puisse venir à bout d’un avenir qui nous échappe chaque jour davantage.