Il faut noter l'évolution sémantique, on ne parle pas de grève contre les réformes du gouvernement Fillon mais contre la politique de Sarkozy, la nuance est de taille. Les syndicats sont unis pour la première fois depuis bien longtemps. Un site internet baptisé 29 janvier 2009, pour le moins fugace, existe même pour la coordination des manifestations. Les notes des RG remontant à l'Elysée sont toutes alarmistes.
Il se passe donc quelque chose comme le prouve cette grève spontanée qui a eu lieu à Renault Sandouville suite aux aides accordées aux constructeurs automobiles par l'état. Le président a également réussit, après deux années d'humiliations systématiques à rassembler les syndicats sur quelque chose d'impensable il y' a peu: réaliser une grève générale.
67000 emplois sont partis en fumée lundi, le chômage est en hausse très nette depuis l'été dernier, et mis à part la posture de la ministre de l'économie qui vise une reprise en 2010, tout le monde broie du noir. Il semble que nous sommes en train de vivre un changement radical de société. j'en reparlerai demain. Nicolas Sarkozy n'est évidemment pas en mesure d'assurer une continuité en quoi que ce soit puisqu'il est décrédibilisé dans le domaine économique - il se voulait moteur sur ce sujet avec son slogan populiste: "travailler plus pour gagner plus". Il va récolter les raisins de la colère de cet engagement qu'il avait promis craché-juré. Il souhaitait même aller chercher le point de croissance avec les dents. Ce populisme éculé semble aujourd'hui appartenir plus que jamais au passé.
Depuis bientôt deux ans, Nicolas Sarkozy joue franc du collier sur les valeurs d'une droite décomplexée, dont il s'est voulu le héro. Il semble désormais que la laisse est en train de le rappeler près du piquet par un mouvement d'action-réaction aussi violent que les espérances qu'il avait su insuffler à une partie des Français.
Nicolas Sarkozy semble dépassé par cette crise, qui est en fait un changement radical de notre mode de vie, on ne peut pas encore percevoir quelle en sera l'issue, mais il est clair que nous vivons des transformations majeures. Sarkozy est visiblement affecté par l'investiture triomphante de Obama aux USA, mais il ressasse sans cesse ses postures afin de mieux nous convaincre de son action. Aujourd'hui, encore à Châteauroux, un message destiné aux grévistes par presse interposée:
«Je comprends vos difficultés, je comprends les questions de pouvoir d'achat, les cotisations pour les retraites, l'école des gosses (...) mais je dois voir ça avec sang froid, avec calme, réfléchir, ne pas décider en fonction de qui est écrit dans le journal ou de ce que dit celui qui crie le plus fort» mais, «L'inquiétude, l'angoisse pour certains, les souffrances pour d'autres, je comprends parfaitement ça (...), mais je ne peux pas arrêter le mouvement des réformes».
Voilà un homme qui se sent presque dépassé par le mouvement qu'il a engagé, des propos assez déroutant, somme toute, dans cette tourmente économique qui est en train de remodeler le monde. Je pense que nous sommes en train de vivre ce changement, et dans cette mécanique du chaos économique qui dépasse toutes les nations, il se peut que ces jours-ci soient le noeud gordien de cette période-ci en France. Nicolas sarkozy mêt une fois de plus en avant sa crédibilité, pourtant très affectée, pour essayer de nous convaincre que nous allons traverser cette crise avec ses méthodes d'il y' a deux ans. J'ai bien peur que personne ne soit dupe, nous attendons davantage de souffle pour notre pays qui en manque singulièrement depuis l'élection de Barack Obama.
ça réagit, à juste titre, disait dans un twit hier qu'il n'y avait aucunes raisons particulières à cette grève, et c'est exact. On pourra trouver quelques revendications ici ou là, mais pas tellement significatives. Le problème est bien là justement, puisque c'est le chef de l'état qui est visé par cette grève unitaire d'une façon symbolique
Alors, il y'a fort à parier que Nicolas Sarkozy rassemblera demain davantage de personnes contre lui que Barack Obama la semaine dernière. Ce n'est pas bon pour l'économie très certainement, mais il semble que cela fait du bien au moral de se sentir réunis contre le chef de l'état pour retrouver un semblant de cohésion nationale.
Une affiche de cette journée avec Sarkozy en filigrane:



Commentaires
C'est clair que jeudi ca va être vraiment le bordel dans les transports ! Mieux vaut rester chez soi je penses !
café parisComme je l'ai déjà écrit chez CC, cela me fait peur ces annonces de jeudi noir. J'ai peur que vendredi on ne lise "mobilisation moins importante" que prévu" "jeudi gris" "les syndicats ont peiné à mobiliser". Je me demande si ce n'est pas ce qui se trame.
magJe deviens parano, je LES vois à la manoeuvre partout.
Le mot d'ordre il s'écrit en cinq lettres. "marre" ou l'autre si tu veux.
mag
Il aura quand même fallu attendre un an et demi pour voir enfin un mouvement de masse anti-sarko. On se demande encore pourquoi...
b.mode@ café paris, ça va peut être faire tourner le commerce de proximité lol
@ mag là je crois que tu n'as aucunes craintes à avoir
@ b.mode: sarkozy a manipulé tellement son monde sous le prétexte de changement que personne n'a réellement réussi à retomber sur ses pieds. Les gens ont maintenant les pieds sur terre visiblement
ChristopheEspérons que ça ne soit qu'un début...
pas perdusUne grève uniquement dirigée contre sarkosy ? Mon oeil ! Faites un tour sur les forums qui fustigent la politique de l'ump et vous vous rendrez compte que les sarkozy, fillon, karoutchi, morano et j'en passe... sont tous faits du même bois et déterminés à mener jusqu'au bout leur politique de destruction sociale et écomique...
TinouTinou, ils se montrent comme sarkozy les a fait.
ChristopheC'est maintenant évident que cette grève était une mascarade : nous laisser nous exciter un jour entier, et comme après une salutaire séance de sport où l'on a bien transpiré, on reprend le boulot apaisé.
Ca sert à quoi une grève d'1 jour à part se foutre de nous ?
Le journalisme est mortune fois une certaine délivrance venue, on reprend le train train. Il souhaite éteindre ce mouvement dans l'oeuf
Christophe