Jean Louis Masson, vous connaissez ? certainement pas plus que moi. Et pourtant, il vient de faire le tour du web Français en moins d'une journée. Authueil nous le décrit comme un dur à cuire qui va peut être aller au bout de son rêve solitaire et liberticide.

Mais au fait qu'a fait au juste cet auguste Homme ? celui-ci vient simplement de réaliser  une proposition de loi "tendant à faciliter l'identification des éditeurs de sites de communication en ligne et en particulier des « blogueurs » professionnels et non professionnels"Le texte de la propostion de loi en question.

Korben a déjà donné toutes les raisons valables pour haïr cette proposition. Et s'il était besoin de preuves supplémentaires pour conforter cette position, il suffirait de citer le cas de Jess, blogueuse de 31 ans, qui vient d'être licenciée par son employeur pour ses activités de bloguing sur le post. Bref, c'est à la liberté que vous vous attaquez, ni plus ni moins, Monsieur Masson, avec cette proposition de loi abjecte.

Quasiment tous les blogueurs des Leftblogs, dont moi, bloguons sous anonymat, et il semble bel et bien que nous ayons chacun nos raisons valables pour cela. Juan de Sarkofrance évoquait cette thématique récurrente voilà quelques jours. 

Authueil vous a très certainement profilé correctement, vous allez donc vouloir aller jusqu'au bout de votre démarche, je n'essayerai pas donc pas de vous convaincre, mais je livrerai juste pour réflexion à ce débat cette pensée de Jean-Paul Sartre, pour qui « tout individu peut tirer argument des circonstances pour expliquer pourquoi il n’a pas le courage de faire usage de sa liberté et de se comporter en homme libre. ».

L'anonymat n'est donc pas un camouflage, mais une protection nous permettant d'écrire sans craintes de représailles, l'anonymat est donc intrinsèque à notre liberté de penser, de réagir et d'émettre des avis et opinions sur les blogs, pour moi comme pour beaucoup de mes confrères. Votre proposition de loi est donc un casus belli pour nous, puisqu'il s'agit là d'une offense à notre boulot (non rémunéré ou si peu) et plus généralement d'une proposition de loi visant encore une fois à réduire l'espace de liberté dont nous usons, et abusons je l'espère,  quotidiennement.