Le parti socialiste est de nouveau en effervescence depuis quelques jours, le vote des militants a eu lieu
et la motion de ségolène Royal est arrivée en tête. C'est ainsi que la motion,
ce terme galvaudé à souhait a été repris en veux-tu en voilà par les
médias en général. La presse a mis en exergue la lutte des chefs à la
tête du PS à juste titre, ainsi que la soit-disant mollesse avérée de
François Hollande. Nous aurions donc un parti en voie de décomposition
avancée ne sachant trop à quel sein se vouer. Ce parti n'aurait plus
que deux alternatives pour gagner: aller chercher une alliance au
centre ou se recentrer, en ces temps difficiles, sur ses valeurs les
plus à gauche. Ceci dans le but de stopper l'avancée d'un Olivier
Besancenot ratissant large sur le thème du "tous pourris", mais ne
mettant en avant qu'une concorde internationale des Hommes, par
ailleurs sympathique, mais guère utilisable dans les faits
Cette rhétorique ronronne dans les médias depuis un certain temps déjà,
elle est pourtant erronée. Les médias encensent les vainqueurs
potentiel bien longtemps à l'avance mais anticipent également leurs
chutes bien avant leurs départs, et ce d'une façon assez malveillante
en général.
Avant d'habiller le parti socialiste pour l'hiver il faudrait voir les
avancées qui ont été accomplies par François Hollande au sein de ce
parti:
Tout d'abord, il faut noter le bon en avant démocratique qui a été
réalisé par François Hollande au sein de son parti pour l'élection
présidentielle de 2007. J'ai eu l'impression et le bonheur, en 2006, de
regarder le processus du choix du candidat socialiste comme une
élection à part entière - façon US. J'ai vu une vrai processus robuste,
et j'ai été étonné par la très grande maturité démocratique de ce parti
pour cette primaire réalisée d'une main de maître par le premier
secrétaire. C'est sans doute cette vitalité démocratique, orchestrée
par François Hollande, qui a insufflée un vent nouveau sur l'éléction
présidentielle elle-même. La forte de baisse de l'abstention lors de
cette élection est sans doute attribuable en partie à François Hollande
himself.
Les barons et noeuds d'influences du PS n'étaient pas préparés à une
telle "ouverture" lors de cette primaire, ils ont d'ailleurs tellement
été ulcérés par cette leçon de démocratie qu'il n'ont jamais soutenus
la candidate désignées par les militants.
La
comparaison du processus interne d'élection du candidat vis-à-vis des
autres partis est pour le moins douloureuse pour eux. En effet tous les
autres partis pour cette même primaire nous ont joués au mieux une
belle mascarade comme à l'UMP, une déchirure pour l'ex UDF et au pire
au FN une magnifique continuité de l'oligarchie familiale.
Il y'a donc eu un grand renouveau démocratique au sein du PS en 2006 et
2007, puisque c'est ce parti qui a su (re)donner un élan à la
démocratie Française. Il n'est pas certain que ce gain démocratique
perdure dans le temps.
Deuxième gros reproche qui lui est adressé ici et là: la fameuse synthèse molle.
Qu'il n'ait pas su orienter le PS vers un centre modéré ou une gauche
plus radicale c'est une évidence, qu'il soit le responsable des
fameuses synthèses molles, c'est également certain. Mais un parti
rassemblant tant de mouvances contradictoires en son sein ne doit-il
pas lui aussi être dirigé au centre ?
Poser la question, c'est déjà y répondre partiellement,
si l'on prend le point de vue de l'intégrité même du parti. François
Hollande a maintenu l'unité de son parti durant une décennie, contre
tous les courants qui tiraient à hue et à dia. L'orientation du parti
ne devait et ne pouvait être donnée que par le candidat à l'élection
présidentielle et c'est ce qui a été fait.
Les élections présidentielles précédentes ont vues le patron de chaque
parti de gauche et de droite cumuler les deux casquettes de responsable
du parti et candidat à l'élection. C'était sans doute une faille de
leurs système internes respectifs. La main mise d'un homme sur un
"appareil" est toujours plus complète dans ce cadre là. C'est à l'orée
de ce passé récent que l'on voit l'avancée réalisée aujourd'hui.
Le parti socialiste est libéral au
sens Américain du terme, et il est novateur sur le fond, puisqu'il est
à même d'apporter des réponses aux questions qui se posent à nous
maintenant lors de cette crise. Le moins que l'on puisse dire, c'est
que ce parti n'est pas présenté par ses dirigeants et pasr la presse
sous son meilleur angle. C'est la loi du genre, du moins pour la presse.
Toute cette transformation de fond ainsi que cette intégrité du parti conservée est à mettre au crédit
d'un François Hollande.
La vitalité de ce parti est toujours présente aujourd'hui puisque
beaucoup de motions se sont affrontées avec un vote pour le moins clair
et précis. C'est encore une victoire du premier secrétaire qui vient de
remettre les clefs du parti dans les mains de la motion arrivée en
tête, en souhaitant toujours avec la même constance, que les autres
motions y participent. Consensuel le gars non ?
Au dessus de cette réalité pas tellement mis en relief
ces temps-ci, la lutte des chef est bel et bien présente...et quoi de
plus naturel dans une démocratie de bon aloi. Presque dix années sans
aucunes responsabilités au sommet de l'état ont fait tomber nombres
d'ambititions personelles de l'autre coté de la barrière. Quoi de plus
naturel chez les plus versatiles, ceux qui font de la potilique comme
on monte sur le premier cheval qui passe au galop. Les Talleyrand du
PS, inutile de les nommer, ils donnent encore des leçons au PS, mais
ils y reviendront certainement.
Ce n'est pas l'UMP et Sarkozy qui pourront dire le contraire tant ce
parti est désormais schlérosé de l'intérieur au niveau de ses statuts.
Y'a ti'l un président à l'UMP ? la réponse saute aux yeux: non, il y'en
a plusieurs, la maxime diviser pour mieux régner est donc d'une grande
nécessité pour comprendre ce qui se passe à l'UMP aujourd'hui. La
naïveté d'un parti regroupé autour du président
est donc toujours à l'oeuvre dans les faits et dans la pratique à
l'UMP. Ceci est à mettre en parallèle d'une affectivité d'un président
guère mature. Dans la réalité, beaucoup attendent la chute du président
pour prendre les rènes de l'UMP. Il y'a donc de la rancoeur étouffée à
l'UMP.
La dramatisation excessive réalisée aujourd'hui autour de François
Hollande et/ou du parti socialiste est à mettre à l'actif des
frustrations des ambitions personnelles bien compréhensibles par
ailleurs au sein de ce parti. La recherche de l'événementiel à tout
pris de nos médias, fort peu enclin à réaliser du travail de fond comme
nous le constatons
tout les jours davantage, est également à mettre au crédit de cette
hypothèse pour expliquer ce consensus poisseux qui tient lieu de vérité
au sujet du parti socialiste et de François Hollande en particulier
aujourd'hui. Il n'y a pas de chienlit rampante au parti socialiste. Il
y'a au contraire une continuité qui a été gérée correctement par le
premier secrétaire.
François Hollande laisse donc un parti entier, renouvelé, et mature à
son successeur. De plus, il ne peut pas lui être reproché d'avoir fait
perdre le parti socialiste en 2007 puisque cette responsabilité revient
toute entière à Ségolène Royal.
François Hollande


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