Fadela Amara, la secrétaire d'état à la politique de la ville s'est exprimée ce matin sur france-inter au sujet de la la loi Mariani sur les test ADN :
Je le dis aussi en tant que fille d'immigrés: y en a marre qu'on instrumentalise à chaque fois l'immigration, pour des raisons très précises. Je trouve ça dégueulasse! et rajoute après cette belle tirade Je suis une femme libre, ne l'oubliez jamais. J'ai la possibilité de dire ce que j'ai à dire et, très franchement, le jour vraiment où ce sera trop insupportable, le jour où ce sera trop dur, eh bien je partirai !

A l'UMP, François Goulard, opposé à l'amendement ADN, s'est demandé, également sur France Inter, ce que Fadela Amara fait au sein du gouvernement: Si on juge que certains membres du gouvernement ont un comportement dégueulasse, une seule conclusion: on en part.
Jean Leonetti, vice-président du groupe UMP, s'insurge aussi: Elle fait partie du gouvernement donc il y a un minimum de solidarité, au moins dans les termes employés, vis-à-vis de ce qui est fait par le Parlement.

L'esprit de corps (la meute peut aussi être employée) revient au galop. François Goulard n'a donc guère le sens de la contradiction, opposé lui aussi à l'amendement ADN il envoie donc cette pique à destination.... d'une personne qui pense comme lui, et qu'il ne connait certainement pas.

L'esprit de meute contre l'esprit libre, cela nous ramène à mon billet de vendredi dernier intitulé Tropisme de la faiblesse ou de la force au sujet de la contradiction entre pensée intime et pensée de groupe.

Fadela Amara est donc rentrée au gouvernement dans le cadre de "l'ouverture" prônée par Nicolas Sarkozy, pour toute preuve, il suffit de lire son cv . Elle est la présidente de l'association Ni putes ni soumises

"L'ouverture" mis en avant par Nicolas Sarkozy, pour jeter à bas son opposition, n'aurait donc que des points positifs? C'était sans en voir les dégats colatéraux à venir. C'est donc le premier gros obstacle que rencontre ce gouvernement quant à son unité avec des personnages d'horizons sociaux et culturels si différents.

En effet, nous assistons seulement au déchirements entre la pensée profonde d'une personne qui n'est pas "naturellement" issue de l'UMP et  une volonté de groupe forcément en désaccord avec sa conviction. Quel grand plaisir j'eprouve à entendre cette voie libre sans les entraves qu'elle s'est passée aux jambes en entrant dans ce gouvernement.

Une récupération à droite, mais une à gauche aussi :Un départ logique pour André Vallini, porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale, estimant que la secrétaire d'Etat devrait « pousser la logique jusqu'au bout et démissionner » si la mesure n'est pas retirée.

Où est passée la liberté de cette femme dans cette histoire, puisque selon la gauche et la droite il ne lui reste qu'à démissionner ?
La Logique de parti comme broyeur de l'individualité, cela est sans doute la marque de notre temps à gauche, comme à droite.