Après les présentations rapides, l'échange asymétrique entre l'homme du business, des médias et du pouvoir et les modestes blogueurs est passé sous la coupe réglée de la dialectique de ce ténor du monde d'aujourd'hui.

Minc est un des propagateurs de l'ombre des catastrophes économiques actuelles.

L'homme est jovial, avenant et causeur. Il nous livre au bout de cinq minutes son carnet d'adresse au complet: des politiques, des chefs d'entreprises, des militants syndicaux. L'art de se re-placer immédiatement au niveau qu'il souhaite incarner. il donne du tutoiement à tout le monde, et pose les banales et inévitables questions sur l'économie du Web. Il est curieux, c'est une évidence mais c'est lui qui donne le tempo.

Nous sentons le prestataire de service idéal: social, chicaneur et léger. Ce sont les certitudes d'une bonne facturation à la fin de la journée. Le jeton de présence du président n'est plus bien loin à partir de ce moment là. Il était peut être en mission d'ailleurs à ce moment là chez Vendredi. L'Homme est également écrivain, il a publié une trentaine de bouquins dont Spinoza, un roman juif. Suite à cette publication, il a été condamné à 15.000 €  de dommage et intérêts pour plagiat, reproduction servile et contrefaçon d'un livre de Spinoza.

L'homme est gonflé, la manipulation semble lui convenir comme un gant. C'est une personne avide de proximité d'avec la puissance qu'elles soient symboliques, économiques ou politique. C'est assurément quelqu'un qui a su attiser les braises pour amener la crise économique où elle en est aujourd'hui. Pas un géant, non ! car son discours est laudatif, sectaire et ne contient en son sein aucunes traces de remise en question possible. Son discours est donc basé sur des dogmes et des idées simples et efficaces. Il a la préciosité des gens frustres qui raisonnent autours d'idées et de concepts simples en y mettant beaucoup de fioritures.

Une attitude et un état d'esprit entièrement anti-scientifique. Karl Popper avait en effet brillamment définit le concept de science voilà presque un siècle: "des théories prédictives qui contiennent en elles-mêmes des hypothèses leur permettant de se transmuer en quelque chose de nouveau encore plus prédictif". Inutile de préciser que les géants se situe dans cette univers de doute là et non pas sur la scène médiatique. Ecoutez davantage les prix Nobel monsieur Minc, la modestie replacera alors votre argent et votre égo à sa place.

L'échange en lui-même

C'est donc à un homme intelligent et aux idées simples que nous avions à faire lors de cet interview. Cela importe peu d'ailleurs, il avait amené les recettes qui font le succès des soirée: les certitudes, les strass et les paillettes..et il a su les distribuer comme bon lui semblait: les bons points par ici et les remarques acerbes par là. La suffisance perçait un peu trop par moment, mais elle était aussitôt balayée par un faux-fuyant afin de corriger cette empathie négative dont il connait la désastreuse opinion laissée à l'interlocuteur.

Ce qui était fascinant, c'était d'entendre cette voix du siècle dernier nous expliquer les méthodes perdantes du XXième siècle qu'il faudrait perpétuer au XXIème siècle.

Face à ce dialogue qui s'est mué en monologue dogmatique, Vogelsong a essayé de le faire sortir des rails afin qu'un échange puisse naître. Peine perdue.

La prestation de Jacques Rosselin pour essayer de relancer les échanges a été très bonne. Mais l'assurance incroyable de l'homme (qui ne coupe pas son téléphone portable durant l'entretien) a limité la teneur des débats.

Le manque de respect de l'Homme n'a d'égale que la platitude de ses assertions éculées. Il finit par nous donner des sondages au second tour en 2012 que l'Elysée vient de lui livrer par téléphone.

Alain Minc a t'il facturé cette interview à l'Elysée ? je ne sais pas mais je le crois.

Vogelsong sur piratage(s) a fait un superbe billet au sujet de cet entretien que Alain Minc a limité à sa part congrue: l'interview.

Mes convictions sur les semaines à venir

Je suis maintenant persuadé que la position des syndicats correspond parfaitement à la stratégie de l'Elysée. Ceci ne correspond pas à mes convictions sur la société nouvelle que cette crise, contrairement à ce qui nous est dit, doit engendrer.

Les grévistes doivent donc déborder les syndicats pour pousser ce gouvernement à la négociation dans les semaines à venir. Les étudiants et les enseignants-chercheurs sont sur la bonne voie aujourd'hui.

La bande son (un monologue du siècle dernier):