Nicolas Sarkozy est le créateur de Rachida Dati, il n'a plus besoin de lui demander quoi que ce soit: la rémanence de la pression initiale, qu'il a exercé sur elle, pèse toujours sur sa création. Rachida Dati, c'est la mutation d'un docteur Mabuse croisé du plus grand rêve mono-maniaque de Sarkozy. Cette mutation génétique a osée s'extraire du milieu qui l'a vu naître pour mieux renier ses origines. Rachida Dati n'est donc qu'un rêve, comme william Sheller pouvait en faire: un rêve devenu réalité par la force de la création.

Unité de temps et de dialectique

Rachida Dati a donc souhaitée le 15 avril 2008 une rénovation de l'ordonnance du 02/02/2026 sur l'enfance délinquante sous l'emprise d'un dogme « L’ordonnance de 1945 est un texte fondateur mais il a perdu de sa pertinence et de son efficacité. Le mineur qui vivait en 1945 n’a rien à voir avec le mineur qui vit en 2008 ».  Soit, chacun ses croyances.

Le cap a ainsi été fixé: « Le code pénal prévoit que les mineurs capables de discernement sont pénalement responsables (...) Pour que les mineurs se sentent responsables de leurs actes, il faut qu’ils sachent à partir de quel âge ils risquent une sanction pénale ». Le dogme déroule sa dialectique assez peu prolixe pour se perdre en présupposés « Il faut que la victime trouve sa place dans l’ordonnance de 1945 ». Il ne restait plus qu'à trouver l'homme de la situation pour appliquer ce programme: l'obscur recteur André Varinard n'attendait plus que cette promotion pour finir sa carrière en beauté. Il a d'ailleurs depuis peu une biographie au Who's Who (tarif: 6 €) sans en avoir une sous Wikipedia. Il avait donc mis les petits plats dans les grands, ce 15 avril, avec un texte de circonstance lors de son intronisation dans le cénacle de ceux qui comptent. Moultes citations viennent ponctuer le texte: G.sand, Carbonnier, le grand Beccaria peut être même Jean Cocteau, dixit l'auteur. C'est vous dire la bonne facture du papier farci de citations de personnalités qu'il faut citer. Illico presto, le droit à la décoration a t'il dû se dire!

Celà serait resté grotesque si quelques phrases de son papier ne m'avait mis la puce à l'oreille. 

Lignes directrices du rapport

verbatim

  • On peut déduire de cette observation que la fixation d'un age minimum de responsabilité serait sans doute souhaitable
  • Il faudrait s'interroger sur la pertinance du maintien de certaines mesures éducatives dans la sphère pénale.
  • Peut-être le mineur pourrait il mieux prendre conscience de la gravité des faits qui lui sont reprochés (NDA: peut-être mais peut-être pas)
  • Il s'agirait d'imaginer un système répressif suffisamment dissuasif sans pour autant hypothéquer l'avenir du mineur.
  • Le principe de cette réecriture devrait faire l'objet d'un large consensus
  • Le bon goût: savoir jusqu'où on peut aller trop loin

Comptez sur moi pour ne pas vous décevoir as t'il dit en substance à Rachida Dati.

Le site du ministère de la justice avait mis le paquet en avril 2008 puisque trois vidéos ont été mise en ligne pour justifier l'évidence qui devait s'imposait à tous. Regardez la troisième en bas, c'est la plus marquante, elle me fait penser aux vidéos de Karl Zéro.

Oraison funèbre des libertés individuelles des enfants

Le nouvel observateur nous signalait hier que le rapport d'André Varinard doit être remis à Rachida Dati le 3 décembre. Ce rapport préconise de fixer la responsabilité pénale à 12 ans "au regard de la réalité actuelle de la délinquance juvénile". Il préconise également de fixer l'âge de la majorité pénale à 18 ans. Et pour les moins de 12 ans: ce rapport souhaite qu'une garde à vue de 6 heures, renouvelable une fois, soit autorisée.

Je doute que ces mesures ne fassent l'objet d'un large consensus.

Deux gardes des sceaux, et non des moindres, s'étaient émus de l'atteinte faite aux libertés individuelles en janvier dernier. Les sanctions, la sur-pénalisation sont en train de modifier notre façon de vivre en communauté. De très jeunes détenus craquent et se suicident, ils ont pourtant été jugés pour avoir la libertés ôtée durant une peine déterminée, mais pas pour avoir la vie supprimée. A quand les ados ? et un step plus loin à quand la génétique dans les familles? Avec Rachida Dati, le bon sens n'est plus près de chez vous, il est chez vous.

Une photo de la vidéo, avec le préambule de l'ordonnance du 2 février 1945: La France n'est pas assez riche d'enfants pour qu'elle ait le droit de négliger tous ce qui peut en faire des êtres saints.