Chantal Jouanno hier sur Radio J:
Je me suis beaucoup interrogée de savoir si j'allais ou non utiliser Twitter. Twitter, c'est 120 signes écrits, donc c'est un SMS court. On ne peut pas dire grand chose."
"Quand on fait de la politique via Twitter, en général, ça ne donne pas grand chose de bon. Je trouve que le message politique ne peut pas passer sur Twitter. C'est la première campagne qu'on voit avec Twitter et globalement je trouve que ce n'est pas à la hauteur du politique"
Twitter, ce n'est pas 120 signes mais 140, cette erreur n'a cependant aucun impact sur cette déclaration pour le moins lapidaire.
Quelqu'un serait t'il en train de vous obliger à utiliser Twitter chère Chantal Jouanno ? en effet personne n'a jamais dit avant vous que Twitter allait révolutionner la politique.
Penser pouvoir faire de la politique sur Twitter, c'est la meilleure preuve de votre incompréhension du Web et des réseaux sociaux.
Cette méconnaissance teintée d'une certaine appréhension envers cet outil de micro-bloging ne trouverait certainement une solution que.... dans l'utilisation de celui-ci, que d'autres trouvent utile voire ludique. Ensuite, vous pourriez retourner faire de la politique; en effet une fois cette maitrise acquise, celle-ci vous empêcherait certainement de vous répandre sur des radios sur des problèmes qui n'en sont pas.

Commentaires
Moi, au contraire, je trouve que faire de la politique sur twitter c'est très fort !
dadavidovIl faut réussir à faire passer un message (faudrait aussi que Jouanno comprenne qu'on peut twitter des liens !) en 140 signes, donc faire concis et ainsi éviter tout le blabla habituel :)
Les médias plus immédiats sont-ils meilleurs ?
Faire vite, faire ou dire plus, en quantité, est-il préférable à en faire ou en dire moins, moins vite, mieux ?
Notre civilisation en est une d'évanescence et de vélocité. De surexposition et de légèreté. De recherche de facilité. De copiage et redondance du même. De babillage et papillonnage. On craint que la Toile favorise une trop grande rétention d'images ou données compromettantes. C'est l'inverse qu'on doit craindre (davantage): une fugacité chronique récurrente permanente de ce qui est produit ou déposé, de ce qui est dit, écrit ou montré. Quasi tout passe, fuit ou disparaît aujourd'hui. Comment avancer ainsi ?
Les Twitter peuvent peut-être mettre en relation. Propager plus rapidement. De manière plus ludique, dynamique ou succincte. Répondre au besoin de game & play humains. De diversion ou divertissement. Mais rien n'indique qu'ils pourraient, mieux qu'une pensée plus économe et plus lente, plus profonde, contribuer à (faire) comprendre le monde ou à le faire 'aller mieux'.
Le flot d'interactions rapides de cette génération est moins garant de pensées ou comportements avisés qu'ont pu l'être ou que pourront l'être un moindre flot ou une moins grande profusion-instantanéité d'échanges d'images ou de mots. Comme l'ont permis des journaux «classiques» jusqu'à aujourd'hui. Et comme le permettront des modes de communications à venir. Qui n'appréhenderont point de prendre encore le temps de bien faire. En faisant d'une part plus lentement s'il le faut. Et en ne contraignant point le journaliste ou le lecteur adepte de profondeur, d'autre part, à s'éparpiller aux quatre vents, en faisant de tout. Au lieu de s'adonner de manière privilégiée à ce à quoi ou en quoi il peut apporter du meilleur au monde. Moyennant temps, réflexion, vérification, confrontation, approfondissement, mise en perspective.
Denis Beaulé@Denis Beaulé : belle digression sur le sujet Denis. Cependant, à l'utilisation Twitter fait gagner du temps pour moi chaque jour au moment de la revue de presse de la journée.
ChristopheConcernant les constructions en zones inondables, Nicolas Sarkozy a dit ces phrases hallucinantes le 29 avril 2009 ( page 8 ) :
"Le problème c’est la réglementation. Pour libérer l’offre il faut déréglementer, élever les coefficients d’occupation des sols et rétablir la continuité du bâti dans les zones denses, permettre à chaque propriétaire d’une maison individuelle de s’agrandir, d’ajouter une pièce ou un étage, rendre constructible les zones inondables pour des bâtiments adaptés à l’environnement et au risque, utiliser les interstices, les délaissés d’infrastructures…"
http://www.elysee.fr/documents/inde...
"Le problème c'est la réglementation. Pour libérer l'offre il faut déréglementer ... rendre constructible les zones inondables pour des bâtiments adaptés à l’environnement et au risque"
Nicolas Sarkozy a toujours eu des idées géniales.
BARien ne vaut les mots ou des mots ? Trop de mots tue. Les mots, les faits, la pensée.
Mais le silence aussi tue.
Le fait de ne pas dénoncer ou de ne pas énoncer comme il faut ce qu'il faut lorsqu'il le faut.
Enfin, on sait que la vitesse tue. Ainsi que la lenteur ou certains ralentissements contraints.
Chantal Jouanno dit qu'en 140 signes, on ne peut guère argumenter. Ce qui est assez vrai.
Notre civilisation en est une plus portée sur et par l'émotion, le feeling, ainsi que par ou vers l'interréaction, que par la raison, le raisonnement, l'argumentation. Si bien que Jouanno, quoiqu'ayant raison à cet égard, restera perdante au cours des prochaines années. Car...
Car à la presse d'hier a succédé le ça presse d'aujourd'hui. Un impératif de short and sweet. And fast.
Faire vite, faire ou dire plus, en quantité, est-il préférable à en faire ou en dire moins, moins vite, mieux ?
La pensée, les mots ont-ils encore une valeur, une «utilité»? Si oui, laquelle et comment ou... combien ?
La qualité de ce qu'on rapporte ou communique importe-t-elle moins que sa fréquence ou sa cadence ?
Si les mots portent, peut-on avoir autant d'impact juste en écrivant qu'en s'impliquant en politique live ?
N'aurait-on plus besoin de pensée ni de penser, pouvant désormais se contenter de (se) dépenser ?
Si crier et décrier sommairement, gueuler et dégueuler, courir, vaut bien écrire ou discourir fair/lent.
Mais ce qui vaut, aujourd'hui, ne préjuge aucunement de ce qu'on veut. Encore moins d'où l'on va.
Où l'on va ? Qui le sait ? Serait-ce ces myriades de suiveux ou suivants, ces followers du siècle ?
Pas de pause. On pose. S'expose. Se surexpose. S'oppose. Propose. Dispose. S'impose. Mais...
Qui se repose ? Est-ce possible de « pondre entre trois et cinq billets sur son blogue ... émettre de huit à dix commentaires sur Facebook et Twitter. Et jusqu'à 16 fois par jour, ... quitter son bureau, enfiler son veston et se planter devant une caméra sur le gazon de la Maison Blanche pour commenter l'actualité politique pour les chaînes NBC et MSNBC », tout en étant "là", tout là, intellectuellement et mentalement, tout à fait exact, précis ou complet ?
Est-ce que ce monde-vélocité, hypercommuniqué ou hypercommunicant,
Denis Beauléde l'immédiat, où ça presse donc!, n'en serait pas un qui passe aussi ?
Vérité? Presse? Non, ça presse. Immédiatvitebref.
Écrire? Penser? Dépassé. Dépenser, crier, décrier.
Réflexion? Raison? Émotion. Expression. Écoute?
À quoi bon dire ou faire, si l'on ne peut faire faire?
Ne vaut-il pas mieux alors se taire ou laisser faire?
À quoi bon avoir droit de parole si nul n'écoute?
Le silence est d'or, la parole d'argent
Denis Beauléla parole silencieuse, l'écriture, arme
mais elles ne sont plus, reste le bruit