Nicolas Sarkozy s'exprimait aujourd'hui
pour la première fois à la tribune de L'ONU. Tout comme ses
prédécesseurs, il a joué de grandiloquence et de lyrisme. Cette
tentation peut vite virer à l'arrogance, à l'emphase ou au populisme.
Inutile de préciser que sur ce rayon, il en connait un bout notre
président.
Verbatim :
«Peuple du monde, ensemble, nous pouvons construire un avenir meilleur.»
«Je
veux dire au nom de la France, je veux le dire solennellement et avec
gravité : il y a trop d'injustices dans le monde pour que le monde
puisse espérer vivre en paix.»
ha bon ?
Nous
pourrions donc commencer laborieusement par notre modeste pays de 63
millions d'habitants pour enrayer cette gangrène que représente
l'injustice. Il semble que le paquet fiscal, voté récemment, n'aille
pas bien dans la réduction des injustices, mais c'est un avis personnel.
Et de rajouter souhaiter:
« un New Deal économique et écologique à l'échelle planétaire», un «nouvel ordre mondial
pour le XXIe siècle», qui verrait une «plus juste répartition des profits et de la rente des matières premières». «Il faut que les choses
changent, c'est notre responsabilité, maintenant»
Après cette tirade, je me pâme presque devant l'orateur avec un râle de bonheur à la bouche.
Presqu'extomaqué, je me demande presque si Marx est revenu ?
Mais où sont les actions concrètes de ce discours dévastateur
émotionellement ? Y'a t'il la moindre trace ici bas d'une action dans
ce sens ?
L'homme de bonne volonté souhaite aussi cela :
«la justice, c'est que les Palestiniens retrouvent un Etat (...) et que le peuple israélien vive en
paix».
Un moment de justesse, dans la continuité de la Diplomatie Française, dans ce discours lénifiant à plus d'un titre :
«Il
n'y aura pas de paix dans le monde si la communauté internationale fait
preuve de faiblesse face à la prolifération des armements nucléaires
(...) Je veux dire au nom de la France que cette crise ne sera résolue
que si la fermeté et le dialogue vont de pair. C'est dans cet esprit
que la France agira.»
Le
grand écart réalisé par notre chef de l'état, lors de ce discours,
entre réalité et bonnes intentions trouvent elles échos chez quelques
chefs d'état ?
Je ne sais pas.
En revanche, ce qui est
certain c'est que l'adage disant que les promesses n'engagent que ceux
qui les reçoivent se vérifie une fois de plus.
Dans un disours plus diplomatique, on dirait que l'examen a été passé
avec brio et que les intentions ... ça ne mange pas de pain. Quand on
sait qu'en sortant de la salle, on aura oublié ce qu'on a dit, on peut
davantage céder au populisme.
un Kandinsky :


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