Le rapport de la dares concernant le décompte de chômeurs, au titre du mois de février, vient d'être publié aujourd'hui

Comme je le signale tous les mois, le chiffre dont parle Christine Lagarde concerne uniquement la catégorie A. En raison du jeu de passe-passe qui est réalisé depuis mars 2009 entre les différentes catégories, il n'est pas judicieux de s'attarder sur le chiffre de la catégorie A qui est insincère mais sur celui de l'ensemble des catégories (A,B,C,D et E).

Les chiffres du chômage ne ressortent donc pas en hausse de 3300 personnes (cat. A), sur février, mais en hausse de 24500 personnes (cat. A,B,C,D et E). La hausse n'est donc pas de 0,1 % mais de 0,6 % sur un mois.

Une dissimulation massive de chômeurs qui perdure.

1- Changement de méthodologie: 65.200 chômeurs poussés hors du champ médiatique

Un changement de méthodologie a été réalisé au mois de mars 2009. Je me suis fait l'écho de celui-ci à de multiples reprises, tout au long de l'année 2009,. Voici les incidences de ce changement:

Pour tout un chacun la sortie du pôle emploi signifie une reprise d'activité, et de fait les deux courbes sont corrélées d'octobre 2005 jusqu'au mois de mars 2009. Après cette date là, la remontée importante des sorties du pôle-emploi ne signifie plus automatiquement une reprise d'activité. C'est même le contraire pour la première fois en janvier 2010.

Ces 65.200 chômeurs, perdus pour la statistique, sont donc 31900 au titre de la "cessations d'inscription pour défaut d'actualisation" et 33.300 pour les "autre cas".

Ce changement de méthodologie a donc poussé hors des chiffres 4200 chômeurs au mois de février puisqu'ils étaient 61.000 le mois dernier, et 65200 par rapport à l'ancienne méthodologie de sortie des chômeurs des statistiques de feu l'ANPE.

2- Catégories D et E : 146.700 personnes intègrent la zone de non-droit médiatique depuis 2009

Ces deux catégories sous-exposées médiatiquement explosent littéralement depuis mars 2009: 77.600 personnes ont intégré la catégorie D depuis un an contre 69.100 personnes pour la catégorie E. Cette dernière catégorie, pour prendre encore davantage de recul a plus que doublé depuis 2006.

Définition des catégories D et E:

- catégorie D : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage, d’une formation,
d’une maladie…) y compris les demandeurs d’emplois en convention de reclassement personnalisé (CRP) et en contrat de transition
professionnel (CTP), sans emploi ;
- catégorie E : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés).

Le jeu de "vase communiquant" fonctionne à merveille entre les catégories A,B,C, D et E. Il y' a donc 146700 chômeurs, depuis mars 2009, qui ont été placé dans ces catégories et qui n'intègrent pas la communication des statistiques réservées aux catégories (A,B et C). L'augmentation sur ces deux catégories au titre du mois de février s'élève à 16.700, ils étaient effectivement 130.000 le mois dernier.

3- L'insincérité des chiffres est patente

La communication du gouvernement s'est donc calée sur 3300 chômeurs supplémentaires au titre du mois de février. Ils sont en fait comme nous venons de le voir 24500 (dont 16700 au titre du jeu de vase communiquant).

il faudrait ajouter à ce chiffre 4200 chômeurs supplémentaires sur février, ceux-ci ont été victime du durcissement de la méthodologie de pôle-emploi réalisé en mars 2009. Sur le chiffre global de chômeurs (4,425 millions), 65.200 manquent à l'appel au titre de ce changement-là.

Concernant les catégorie D et E, lorsque l'on considère le chiffre Total comme je le fais, c'est un jeu de vase communiquant qui est nul au global. Celui-permet en revanche de soulager de façon anormalement importante les catégories A,B et C.