Les acteurs de cette comédie social-démocrate, sont à leurs postes, chacun vivant de son commerce, certains mieux que d'autres.

Le sort en est jeté une fois de plus cette année, les décors ont été dépoussiérés, les acteurs ont changés, les postures de faibles et de puissants ont été à nouveau endossées, les boucs émissaires sourient déjà de leurs rôles à venir.

Cette scène là est la représentation de la démocratie en France. La confusion permanente présidentielle entre le "ça" et le "moi" de l'état est en train de creuser encore davantage l'écart entre usage de l'utopie démocratique en France et pratique démocratique. Alors, Jouez messieurs, le bon peuple vous observe et la démocratie a bon dos.

Carla sarkozy a donc ouvert le grand bal 2009 de ce cénacle rutilant. Il est vrai qu'elle ne cherche plus sa pantoufle et que minuit a sonné depuis bien longtemps pour elle. Elle est à l'adjectif "désenchantée" ce qu'était Raimbaud au génie. L'entremetteur du couple présidentiel n'est il pas un publicitaire de la place ? la boucle est bouclée.

Carla avait donc lancé le lièvre en nous déclarant, la semaine dernière, lors de cette com' bien montée (la com' pas elle) qu'elle était de gauche. La rhétorique est la suivante: alors si même elle la femme de notre président est de gauche, et quelle a de plus beaucoup d'influence sur lui, il est évident que Sarkozy va être... comment dire...moins oppresseur pour les gens qui souffrent cette année.

C'est simple et ça se retient comme une pub. Les années 90 ont vues défiler des spins doctors au chevet de nos politiques; ils étaient tout de même docteur, maintenant nous avons des publicitaires et des coach sexuels.

Sarkozy vient donc de transformer l'UMP, comme il procède avec la France, faisant et défaisant les courroies de transmissions ici et là. Propulsant des "jeunes" (tout est relatif en politique) pour mieux les saturer de stress, désavouant souvent les plus agés (les sachants qui ont fait L'ENA). Nous avons donc un excellent manager qui gère sa troupe au doigt et à l'oeil. C'est très efficace, il y' a certains ratés tout de même sur le moyen terme, Rachida Dati a été virée, elle qui se croyait perchée dans un case affective du président. C'est à croire que nous avons affaire à l'élection du manager de l'année du fast-food de la troupe. Le fond de l'affaire n'est plus d'aucunes importances.

L'UMP est donc lancé à l'assaut des Européennes comme un lévrier court après le fil avec un mot d'ordre: se rapprocher du peuple. Certains passages du discours de Sarkozy d'aujourd'hui suffisent pour s'en convaincre : les ouvriers et les usines, l’identité ouvrière, la justice, l’humanité, la solidarité… La salle a retenu son souffle : « les banquiers ne doivent pas être emportés dans l’opprobre généralisée ! », ajoute Sarkozy pour compenser. La salle applaudit, l’honneur est sauf : on est encore à droite. il se dirait dans les milieux autorisés de l'UMP que sarkozy souhaiterait changer le nom de l'UMP en "parti populaire". Il le fera peut être à l'occasion des Européennes mais vraisemblablement plus tard en vue de 2012. Si cette satané crise continuait, il semblerait que se rapprocher du peuple sur le papier serait très apprécié des électeurs à venir. 

La crise économique est vue comme un évènement pour se rapprocher du peuple, étrange non ! de la belle ouvrage tricotée sur un plan com' impeccable.

On peut regretter seulement que tout cela ne ressemble trop à du théatre car Nicolas Sarkozy est pensif depuis quelques jours. Le 29 janvier, le peuple va réclamer du pain un peu partout en France. Carla Sarkozy tient au moins sa réplique briochée.