Ma femme étant Camerounaise, Serena sa première fille de 5 ans et demi vivait toujours au Cameroun jusqu'à aujourd'hui. J'ai reconnu Serena fin Aout 2007, et nous avons entamé la galère admninistrative à ce moment là pour qu'elle puisse vivre avec nous. Nous avons affronté l'incompétence administrative et l'incompréhension d'un consulat visiblement en dessous de tout.

Le consulat Français de Douala n'a jamais répondu à nos deux premiers courriers envoyés en recommandé. Il est resté injoignable par mail et par téléphone durant plus de 5 mois. Jusqu'à ce que le tribunal de grande instance de Grenoble hausse le ton. Ils ont ensuite perdu le troisième dossier envoyé, avant de le retrouver deux mois après.

C'était en juin dernier, et puis plus aucunes réponses...je les ai relancé deux à trois fois par semaines sans retour, ma femme excédée leur a envoyé un courrier les implorant de répondre.

Fin septembre toujours rien en vue, prosaïquement j'ai donc envoyé un courrier au Quai d'Orsay qui a eu un effet certain...le consulat m'a contacté et a justifié à sa hiérarchie, mail à l'appui, avoir fait tout ce qui était en leur pouvoir sans réponse de ma part.

J'ai découvert par la suite qu'ils avaient envoyés ces mails à une mauvaise adresse électronique, je leur ai signalé et je me suis fait traiter de tout les noms...sous le prétexte que je remuais ciel et terre pour mon dossier. Et c'était vrai. Je n'ai jamais haussé le ton par peur de voir le dossier une nouvelle fois ajourné. Je passe les détails ici et là qui ont jonché ce parcours du combattant.

Mais j'y suis arrivé, au mois d'octobre je recevais le livret de famille remplis avec le prénom de Serena marqué en toute lettre, mais au mauvais endroit, rectification avec la mairie de Saint Egreve qui nous en avait fait faire un autre pensant avoir perdu l'original.
J'en passe de moins bonnes, et des meilleures. Nous avons rencontré durant ce parcours du combattant, dressé par Hortefeux himself des gens de toute nature, mais également des fonctionnaires simplement efficaces comme au TGI de Grenoble.

Je suis Français, ma fille est Française, je n'ose imaginer ce que peux vivre un étranger en situation régulière ou irrégulière dans ces conditions là. J'ai été résigné de nombreuses fois devant le mur qui se dérobait chaque jour davantage devant nous. Nous y sommes cependant arrivé.

Juste pour parler des conditions sanitaires à Douala: quinze jours avant son arrivée en France, Serena jouait avec une voisine de 12 ans qui avait attrapée des amibes, elle est décédée deux jours après. Serena a survécue après avoir également attrapée cette saloperie. cela vaut le coup Monsieur de consul de France à Douala de remuer ciel et terre. Cela vaut le coup.

J'ai donc pris le billet Lyon-Douala par Bruxelles Airways, départ le 27 décembre à 7h du mat' et retour le 30 décembre à 0h35. Le retour s'est fait avec 7 heures de retard. Un voyage hors du commun pour moi en Afrique Noire.

Un peu avant, nous attendions un heureux évènement qui était prévu le premier janvier, c'était au poil deux jours après mon retour par avion.

J'avais tout planifié au millimètre près: le passage de peuples sous Dotclear, la vaccination contre la fièvre jaune (obligatoire) 10 jours avant, l'antipaludisme à 46 euros les 12 comprimés, les biftons en liquide dans la poche, le seuil de la carte master card revu à la hausse. J'étais au poil sur cette affaire prêt un mois à l'avance presque. Mais rien ne se passe jamais comme prévu, j'ai contracté la Grippe (la normale bien Française celle-là) le 17 décembre et j'ai commencé seulement à me rétablir le 25 décembre - ce même jour ou mon fils Julien a décidé de venir au monde par surprise.

Julien est donc né à Noël, avec un papa dans les vappes et une maman qui a accouchée en 40 mn à l'Hopital de Valence. C'est allé tellement vite, que les infirmières me cherchaient partout dans l'Hopital pour me féliciter. C'était peine perdu, je pensais être là pour 5 à 6 heures comme la première fois. Alors pensez donc si j'avais le temps. Bref, je suis arrivé voir Julien après tout le monde toujours dans les vappes.

Joseph (deux ans) n'en revenait pas, les infirmières aussi, il en a profité pour bouloter une demi galette des rois, pendant que les sages-femmes jouaient à l'appeller d'un portable afin qu'il réponde avec son inimitable "alllllo". Bref je vous recommande Noël comme jour de naissance, c'est vraiment extra.

Mais revenons aux choses sérieuses, le vendredi soir, je devais partir chercher Serena et j'en suis revenu avec ces deux petits chérubins (en plus). Je vais essayer de me reposer sur janvier, promis juré.


Quelques photos de Serena, Joseph et Julien dit l'indéfrisable.