Symbole du capitalisme, non pas dévoyé, mais tel qu'il doit être c'est à dire sans cesse à son paroxysme, la crise de 2008 a mis à genou l'économie mondiale. A coup de gigantesques plans de relances, ou de gestion hasardeuse, certains pays comme la grèce se sont endettés plus que de raison. Une partie des dettes des banques privées se sont alors retrouvées dans les comptes publics. Le retour de bâton est difficile pour les européens, puisque c'est eux qui vont régler l'addition.

Vous avez aimé les subprimes, et même si vous n'y avez rien compris, ce n'est pas bien grave puisque de toute façon vous allez contribuer à régler la note. Il ne vous a en effet certainement pas échappé que la France tout comme les autres grandes économies s'est endettée au delà du raisonnable depuis quelques années.

Au moment même où l'on va nous chercher des poux dans vos comptes, bien ordonnés eux puisque sous la loupe de notre banquier, pour travailler au delà de 65 ans, on reste abasourdi par ces nouvelles révélations. En effet une grande partie de la population Française, en raison de l'allongement de la scolarité, débute dans la vie active après 25 ans. Et elle va devoir travailler plus longtemps pour combler le découvert de l'ère Sarkozy.

Un festival de mauvaises nouvelles remet donc la finance sur le devant de la scène aujourd'hui.

le CAC40 a perdu pratiquement 2 % hier, et Wall street est en mauvaise posture. la longue litanie des mauvaises nouvelles bancaires a donc recommencé.

Goldman sachs sur le banc des accusés

C'est la banque américaine, qui n'a pas perdu un sou dans la crise des subprimes, qui est ce coup-ci sur le banc des accusés. Et pour cause comme nous allons le voir.

La SEC ( le gendarme de la bourse etasuniène) l'accuse de ne pas avoir informé ses clients d'informations vitales au sujet de ses produits titrisés basés sur des subprimes. En effet la banque pariait à la baisse sur les produits qu'elle vendait à ses clients ( l'allemande IKB et la néerlandaise ABN Amro, depuis nationalisée).

Collusions d'intérêts, vol en bande organisée, manipulations, plus-values exorbitantes, tout plaide en faveur d'un démantèlement de la banque suivi d'un bon film avec Dustin Hoffman.

En 2007, Goldman Sachs et le fond spéculatif Paulson sentant le vent tourner sur les produits titrisés dit des subprimes crée un nouveau produit, baptisé du doux nom "2007-AC1 série Abacus". Celui-ci regroupe et découpe en rondelle des prêt hypothécaires Etasuniens à risque. Paulson participe au choix des produits les plus "pourris" afin de proposer un rendement important aux clients de Goldman-Sachs.

Le fond spéculatif Paulson souhaitant shorter (vendre à découvert) ces produits, c'est à dire parier sur leur baisse va les emprunter à Goldman Sachs moyennant frais, cela s'entend. Il ne restait donc ensuite qu'à trouver les pigeons acheteurs de ces produits.

Et c'est là que le bas blesse, puisque ces produits vont être disséminés par la banque avec le consentement de Paulson, comme caution morale auprès de ses clients. DIxit un des créateur de ce fond chez Goldman Sachs: « de plus en plus de levier dans le système. Toute la construction peut désormais tomber à tout moment… Seul survivant potentiel, le fabuleux Fab, debout au milieu de toutes ces transactions complexes, (…), exotiques que nous avons créées sans nécessairement comprendre toutes les implications de ces monstruosités. ».

Le patron de Paulson a gagné à titre personnel en 2007 3,7 milliards de dollars grâce à ce montage, il a fait par ailleurs engranger à ses clients environ 15 milliards de dollars de plus-values.

On sait ce que sont devenues les deux banques européennes, elles ont été recapitalisées ou nationalisées par l'Allemagne et les Pays-bas. Vous n'avez donc pas le choix, tout comme moi.

Goldman sachs vient juste de répondre à la SEC ici.

Les comptes trimestriels des banques commencent à arriver

Paul Jorion vient de faire un tour sur les comptes des banques etasuniènes, au titre du premier trimestre 2010. Non... elles n'ont pas abaissés les salaires gigantesques de quelques salariés choisis, il ne faut pas rêver ! par contre les provision en vue de nouvelles dépréciations d'actifs sont en train d'être constituées. La crise n'est donc pas entièrement apurée dans leurs comptes. Et ce même Paul Jorion de prêcher une nouvelle descente aux enfer pour 2011 ou 2012....de quoi à rêver donc.