Durant les années fastes de l'industrie Etats-uniène pendant les 30 glorieuses, un gouvernement Démocrate des USA a mis en place un système de retraite, bien moins avantageux que la plupart des systèmes Européens, mais qui avait le mérite d'exister.

L'industrie automobile Etats-uniène était alors, à son apogée, et son hégémonie internationale  était incontestable. Les patrons de ces grands groupes de l'époque, General Motors, et Ford, pour ne citer qu'eux, ont refusés d'intégrer ce système Fédéral en décidant de fonder leurs propres systèmes de retraites. Un pied-de-nez au gouvernement Démocrate de l'époque qui allait coûter cher à leurs groupes par la suite.

Ceci pour des questions idéologiques, car pour les Républicains, le capitalisme n'avait pas à se draper d'un rôle social aux USA  au niveau du gouvernement fédéral, ces questions relevaient uniquement du ressort et de la liberté d'épargne de chaque individu. Cette idéologie a toujours le vent en poupe, puisque lors de son discours traditionnel sur l'état de l'union en Février 2005, Georges Bush souhaitait à nouveau privatiser le système de retraire des Etats-unis. C'était selon lui :« l’une des plus grandes causes de sa génération ». « Sauver le système des retraites est un défi économique, mais aussi une profonde obligation morale ».

L'idéologie républicaine au sujet des retraites est donc là, pregnante et intacte depuis plus de 60 ans.

La suite est connue, la productivité,  la concurrence japonaise, Européenne, asiatique, les délocalisations au Mexique des années 90 relatées par Mickael Moore dans son film Roger et Moi. Il filme dans sa ville natale Flint dans le Michigan les répercussions sociales des délocalisations de GM au Mexique. Un film admirable qui m'a fait connaitre Mickael Moore sur Arte en 1995, et que vous pouvez consommer sans modération tellement cette peinture des Etats-unis est personnelle.

La fonte des effectifs "protégés" au USA au profit de salariés Mexicains précarisés des années 90 ont donc sauvés les deux constructeurs, maintenant ce mécanisme se retourne contre les systèmes sociaux des deux groupes.
Aujourd'hui, Le nombre de salarié actuel et futur de ces deux marques est insuffisant pour couvrir les Frais de santé et de retraites des salariés.

Les actions de GM et Ford ont été abaissées au niveau de Junk bonds (actions pourries) par le marché. Les Grèves sont incessantes, la dernière Grève générale chez GM date de septembre 2007. Les comptes 2007 de GM ont été dans le rouge de 39 Milliards de dollars au 3ème trimestre 2007, après une perte 2006 de 2 Milliards et une perte 2005 de 10.4 Milliards.
Le compte de résultat de Ford est légérement dans le rouge en 2007 après être passé au purgatoire en 2006 à -12.7 Milliards de dollars.

Ces systèmes sociaux privés ont donc les mêmes problèmes que notre système public Français. Lors de faillites retentissantes comme celle d'ENRON en 2001, les salariés y laissent leurs épargnes, leurs retraites (placées souvent en actions et Obligations de l'entreprises) et des fois leurs vies.

Le gouvernement, suivant l'ampleur des dégats financier, est obligé de venir à la rescousse, d'où des inégalités profondes entre salariés de grands groupes et ceux d'entreprises de taille moyenne à petite.

Nous avons donc là, comme nous venons de le voir, une idéologie libérale que je qualifierai de simpliste et contre-productive pour les entreprises qui l'ont mise en oeuvre. Un conservatisme républicain aux USA et un conservatisme Colbertiste coté Français, au sujet des pensions des retraités.

Le système Etats-uniens libéral de retraite n'est pas la panacée, je pense que tout le monde est d'accord là dessus.

Pourtant, depuis l'éléction de Nicolas Sarkozy, un vent Atlantiste souffle sur la France et sur les retraites en particulier. L'idéologie du MEDEF dépoussiérée est de retour, faisant du neuf avec du vieux, en refusant de mettre la main à la poche sous le pretexte fallacieux que les entreprises Françaises ne le supporteraient pas (les entreprises Allemandes bien plus taxées que les Françaises sur le coût du travail et les sociétés se portent à merveille semble t'il).

Le tropisme gouvernemental au sujet des pensions, davantage que celui de son prédécesseur, souhaite laisser péricliter ce système de l'intérieur en faisant du rafistolage de crédit à court terme qui ne pérennisent aucunement notre système à long terme. Il y'a un choix délibéré dans la droite actuelle néo-conservatrice (en retard de 7 ans sur les USA) de laisser entrer le privé sur ce nouveau marché afin de faire croître les résultats des entreprises sur un marché sur lequel il y' a beaucoup à gagner.

Si cet état de fait perdurait, une perversité de ce choix serait que les salariés demanderaient des salaires plus élevés pour épargner pour leurs retraites, dans un marché où nombre de métiers sont en surchauffe actuellement. Une hausse de masse salariale se répercuterait donc de façon diffuse sur les coût des entreprises sans chiffrage possible.

Personnellement, ma retraite est déja une arlésienne, j'ai commencé à travailler à 25 ans (BAC+5 + service civil) et j'obtiendrai une retraite à taux plein à 66 ans....en l'état actuel des choses.