LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 09.04.07 | 09h38 • Mis à jour le 09.04.07 | 19h18
Article surprenant non ?
randissant des drapeaux irakiens, des centaines de milliers de chiites scandaient "A bas Bush ! A bas l'Amérique !"
lundi 9 avril, à Nadjaf, au sud de Bagdad. Le chef radical chiite
Moqtada Al-Sadr avait appelé à manifester à l'occasion du quatrième
anniversaire de la chute du régime de Saddam Hussein.
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"Cette foule est venue pour montrer son rejet de l'occupant et demander son départ", a affirmé le député sadriste Falah Hassan Chansil. "Après quatre ans d'occupation, l'Irak n'a que du sang versé, mais pas de services publics, pas d'eau", a ajouté le député Nasser Al-Roubaie. "Nous ne disons pas qu'il y a une souveraineté partielle, nous disons qu'il n'y a pas de souveraineté du tout", a-t-il affirmé.
MOQTADA AL-SADR ABSENT
Cette manifestation est perçue comme une démonstration de force de Moqtada Al-Sadr. Pourtant, le jeune chef chiite, qui n'a pas été vu en public depuis plusieurs mois, ne n'est finalement pas montré en public à cette occasion. L'armée américaine pense que Al-Sadr, qui est particulièrement populaire chez les chiites pauvres des zones urbaines, se trouve actuellement en Iran. Mais ses proches affirment que l'imam est toujours en Irak et qu'il n'a pas fui pour échapper à l'opération "Imposer la loi" lancée par les forces conjointes américano-irakiennes afin de ramener la stabilité dans la capitale irakienne.
Dans Bagdad, le général irakien Kassim Moussaoui, porte-parole de
l'opération "Imposer la loi", a déclaré qu'une interdiction de circuler
en voiture serait en vigueur tout au long de la journée de lundi, pour "ne pas donner aux terroristes la chance de profiter"
des manifestations. La journée de dimanche a déjà été particulièrement
meurtrière. A Mahmoudiya, au sud de Bagdad, l'explosion d'une voiture
piégée a fait dix-sept morts et une vingtaine de blessés. Dans la
capitale sept personnes sont mortes dans un attentat-suicide et six
soldats américains ont également péri lors de combats dans les
faubourgs.
LA MAISON BLANCHE SE RÉJOUIT DE LA LIBERTÉ D'EXPRESSION DES IRAKIENS
L'armée américaine, par la voix de son porte-parole, le contre-amiral Mark Fox, ne s'est pas offusqué des drapeaux brûlés : "C'était un rassemblement pacifique, ce qui est la marque d'une société démocratique. Les gens sont libres de manifester, tant qu'ils le font pacifiquement. Ça ne nous ennuie pas nécessairement".
La Maison Blanche y a également vu le signe que l'Irak est "à présent un endroit où les gens peuvent librement se réunir et exprimer leur opinion, alors qu'ils ne pouvaient pas le faire sous Saddam". "Il y a beaucoup plus de progrès" à faire, a néanmoins admis un porte-parole, Gordon Johndroe, soulignant que les Américains s'occuperont "de tous ceux qui opèrent en dehors de l'Etat de droit", visant indirectement les milices chiites qui opèrent au nord du territoire irakien.
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