Irène Némirovitch est née en 1903 en Ukraine, d'une famille juive. Elle a été élevée par une gouvernante Française qui lui a donné le goût du Français. Ses romans ultérieurs seront écris en langue Française. Suite à la révolution russe, sa famille se réfugie à Paris en 1919. Elle épousera par la suite Michel Epstein, un ingénieur russe émigré lui aussi en France. Elle connaîtra le succès littéraire de 1929 à 1933 chez Gallimard, Grasset et Albin Michel, l'année de la naissance de sa fille Denise Epstein.

Bien qu'installée dans la société Française et
Écrivain francophone reconnu, membre totalement intégré de la société française, le gouvernement français lui refusera pourtant sa naturalisation réclamée une première fois 1935. Irène est arrêtée par la gendarmerie Française le 13 juillet 1942, elle est transférée au camp d'internement de Pithiviers dans le loiret puis elle est transférée à Auschwitz où elle meurt le 19 août 1942. Son mari est également arrêté par la gendarmerie Française, il est envoyé à Auschwitz le 6 novembre 1942 où il est gazé le jour même.

Deux journalistes de Libération ont eu un entretien avec Denise Epstein suite à la parution de son livre "Survivre et vivre".

  • C'était une idée ridicule et scandaleuse. Il a voulu s'approprier des moments tragiques de l'histoire pour son bénéfice politique  (suite à la proposition de Nicolas Sarkozy souhaitant faire parrainer chaque enfant juif mort par un écolier)
  • Dans mes interventions, j'essaye toujours d'élargir le débat sur les problèmes des minorités. Comme les juifs pendant la guerre, les gens qui habitent dans les quartiers dits sensibles font partie de ces minorités car ils y sont regroupés
  • J'ai longtemps rejeté ce prénom (son second prénom est France) à cause de la France qui a arrêté les enfants juifs sans que les nazis l'aient demandé. Je n'aime pas les drapeaux. Je déteste les hymnes nationaux quels qu'ils soient. Je suis indifférente au fait que l'on siffle la Marseillaise. Les drapeaux, les religions et les hymnes nationaux nous amènent en général à des guerres
  • Les centres de rétentions administratives sont des camps d'internement où l'on enferme les gens avant leur expulsion. On ne doit pas accepter ce système en France
  • Aujourd'hui, j'irais jusqu'à cacher des sans papiers. Je suis certes un peu connue pour cela, mais je ne laisserai jamais personne dehors
Je n'ai pas de commentaires à faire suite à cet entretien. C'est un destin exemplaire parmi d'autres qui confirme mon point de vue aux sujets du débat de société récurrent concernant les immigrés et plus largement l'immigration.

                                        La couverture de son dernier livre