Le CAC40 vient de perdre 4.60 % hier, et 11 % sur la semaine. Le Dow Jones perdait jeudi en séance 10 % avant de remonter miraculeusement pour clôturer à seulement 3 % de perte (voir la video de Paul Jorion pour les explications).

Nous avons donc sur les bras un nouveau crash boursier. A vrai dire, je suis assez surpris non pas du crash mais de sa précocité, je l'attendais davantage au mois d'octobre de cette année ou au mois de mars 2011. 

Un pas chassé en arrière s'impose. Les banques et les entreprises ont été renflouées à coup de centaines de milliards d'Euros en Europe et de milliers de milliards aux USA en 2007 pour pallier au défaut de paiement de toute la chaine alimentaire capitaliste. Et cela a fonctionné, tout est reparti comme si de rien n'était, les bonus des traders sont à nouveau au rendez-vous sur fond de bilan de banques toujours aussi truqués. Les sub-primes restent décidément en travers de la gorge des banques. Bref, la dette privée s'est déplacée dans le giron public, pour faire simple.

Nous voyons  maintenant ces mêmes sociétés (les agences de notations), celle là même qui ont pêchées en 2001, et en 2007 pointer du doigt les dettes des pays Européens. Et par ordre décroissant le chainage, pour reprendre la dialectique Jorionienne, est le suivant: Grêce, Portugal, Espagne et royaume unis. Nous le savons depuis plusieurs mois, comme nous savons ce qui va arriver à la dette des 3 autres pays. Quel est leur objectif aujourd'hui comme hier: faire du profit, et elles en font à nouveau, que les courbes montent ou descendent. Que les règles du jeu soient truquées ou pas, les actionnaires et les dirigeants sont choyés.

Tout cela est cousu de fil blanc comme un drame en 4 actes.

Et la France dans ce cahot international ?

Nous connaissons le déficit prévisionnel Français jusqu'en 2011 depuis l'été 2009, nous devrions finir l'année sur un déficit à 10 % du PIB contre 8 % à fin 2009. Est ce que cette situation a ému le gouvernement ? François Fillon, le père la rigueur, n'est il pas le premier ministre qui a le plus endetté la France en quatre ans (+400 milliards soit environ 30 % de la dette totale) ?

Nicolas Sarkozy avait prévu à l'été 2009 de laisser filer le déficit pour s'assurer sa réélection en 2012, personne n'était dupe à l'époque. Hélas, le climat politique, social et économique s'est conduit comme il devait se conduire, pas dans le sens qu'il aurait souhaité. Il ne fallait pourtant pas s'appeler Fabulous Fab' pour deviner cela. mais voilà !

Alors quoi, que fait on maintenant? on annule la livraison de l'airbus présidentiel prévu en fin d'année? on annule des commandes de rafales passées à Dassault, on supprime le grand emprunt de 38 milliards d'euros lancé... en février.

Non on réalise un séminaire gouvernemental, et on communique à outrance sur un gain providentiel de 5 milliards sur les niches fiscales. Oui, on ne touche pas au grisbi du paquet fiscal, le dogme Sarkozien l'interdit. On ne sait pas trop si cette économie est annuelle ou pluri-annuelle, peut importe, on fonce dans les radios et les télés annoncer la naissance du....

5 milliards par an, à compter de 2011, puisque 2010 est bouclé...sur 400 milliards de déficit en quatre ans. Il n'y a guère que Polluxe pour croire à une quelconque urgence. Il s'agit de com', uniquement de com', et c'est bien cela qui est le plus navrant.

Il s'agit sans doute d'un signe envoyé à l'Allemagne tout d'abord, et ensuite aux marchés. Cette semaine boursière s'annonce donc passionnante: mais qui va donc gagner des millions ?