Passons sur mon titre un brin provocateur, celui-ci n'est que le reflet des relents xénophobes pointés hier par la justice. La polémique qui avait suivie la déclaration de Brice Hortefeux  en septembre 2009, est donc à nouveau attisée. Et celle-ci prend désormais une toute autre tournure.

Nous avons pourtant une certitude aujourd'hui: Brice Hortefeux, ministre d'état Français de son état, a bel et bien été condamné pour "injure raciale" par le tribunal correctionnel de Paris. Celui-ci est donc coupable selon la définition juridique en vigueur de s'être servi d'une :« expression outrageante,  d'un terme de mépris ou d'une invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait ». Sans être juriste, les choses sont claires.

Nous aurions pu nous attendre à une démission comme je l'envisageais à l'époque, nous aurions pu nous attendre à une remontrance, ou à une mise à pied de la part de sa hiérarchie.

Que nenni!

Après les soutiens UMP, compréhensibles puisque nous avons affaire à un corps politique constitué, de Xavier Bertrand et de Dominique paillé, c'est  le premier ministre qui y est allé de son compliment personnel en lui "renouvellant son amitié et sa confiance". Dans un communiqué, François Fillon rajoute une couche de gratitude envers son poulain pour son devoir accompli dans les termes suivants: "Tous ceux qui connaissent Brice Hortefeux savent qu'il a montré, par son action, qu'il était respectueux des personnes et des lois. Les Français lui savent gré du travail qu'il effectue chaque jour au service de leur sécurité".

Justice bafouée et xénophobie légitimée

La justice n'est donc plus à même de juger, selon François Fillon, puisque celui-ci la désavoue dans les faits. En effet, selon lui les proches de Brice Hortefeux seraient à même de juger les principes moraux du ministre, ce dont je ne doute pas une seconde. Ceci-dit, il me semble que la grande majorité des Français, dont je fais partie, ne connaissent pas ce ministre.

François Fillon nous demande donc de lui faire confiance, au détriment du jugement déjà prononcé par le tribunal correctionnel de Paris, en ce qui concerne la culpabilité de son ministre.

La xénophobie de Brice Hortefeux est avérée, selon les terme du tribunal. Il ne fait aucun doute qu'un gouvernement doit se serrer les coudes, mais pour le coup, les coudes sont un peu trop imbriqués les uns aux autres. Par ricochet, c'est François Fillon qui est maintenant mouillé.

Est-ce un nouvel appel du pied aux électeurs de l'extrême droite ?

On peut légitimement se poser cette question puisque sous la cinquième république, le premier ministre, et qui plus est un ministre, n'est qu'un fusible destiné à protéger sa hiérarchie. Alors pour quelle bonne raison Brice Hortefeux est-il toujours là ?

Cet usage a certes été abandonné sous la présidence de Nicolas Sarkozy .  D'où la sensation avérée dans les faits d'une collusion d'intérêts et de copinage au sommet de l'état. Il serait donc temps de reprendre ces bonnes pratiques pour couper court aux attaques comme celle que vous lisez actuellement.

Le ratisseur auto-proclamé des électeurs du FN, j'ai nommé Eric Besson, a clairement failli dans sa tâche. Sa récente et lamentable tentative de débat national au sujet de l'identité nationale sentait bien fort le cadavre sorti du placard, du moins sous la présentation qui en avait été faite.

L'appel du pied que nous fait François Fillon, contre toute logique et contre "la justice rendue", n'est il donc pas un nouvel appel du pied aux électeurs du front national ? c'est la seule piste légitimant le soutien du premier ministre à son ministre condamné que nous pouvons esquisser aujourd'hui.

Si Brice Hortefeux reste à son poste, ce qui semble être le cas aujourd'hui, la question de la démission de François Fillon doit s'imposer naturellement à nous.

Nous ne pouvons en effet tolérer que de tels propos, et de telles pratiques ternissent le fonctionnement de notre justice, et ne fassent encore une fois du tort à une minorité de nos concitoyens.