Et sous le motif de «libérer la parole », la xénophobie semble se déployer sans fards, avec comme cible préférée l’immigration maghrébine et Africaine des 40 dernières années. Il faut dire que la votation Suisse concernant l’interdiction des minarets est venu involontairement déchaîner les passions ainsi que la xénophobie refoulée de certains extrémistes de tout poil.
La « libération de la parole » dont nos protagonistes UMP se sont drapés à cette occasion, afin de couper l’herbe sous le pied du Front National est d'ores et déjà un échec. L’escalade verbale, dont ce débat est porteur ne peut être emprunté que par un parti extrémiste, l’UMP ne peut donc pas suivre cette dérive indéfiniment et en cela il ne peut être que le grand perdant pour la cible qu'il est censé atteindre: les électeurs sensibles à ces thèses-là. Le président l’a bien compris puisqu’il vient de se décliner aujourd’hui l'invitation de l'institut Montaigne (le pauvre!) concernant ce débat, son propos se voulait naturellement offensif sur ce sujet qui le tient à coeur. Ce discours, que le président devait prononcer dixit Matignon, a été prononcé par le premier ministre et il est délibérément défensif, comme en témoigne cet extrait "Ce qui doit être recherché, c'est un islam de France, plutôt qu'un islam qui s'impose en France. C'est cet objectif que le gouvernement poursuit avec les représentants de la communauté musulmane". On peut se demander quel est le rapport entre ce discours, visiblement réécrit, et le débat sur l’identité nationale ? le fait est là : le gouvernement est maintenant sur la défensive.
Les envolées lyriques d’un Eric Besson et d’un Sarkozy du mois dernier sont désormais bien éloignées de ces déclarations. Un appel au calme semble donc désormais de mise, en effet ce débat qui contient en lui les germes du racisme et de l’antisémitisme pourrait se traduire dans la rue par des actes malheureux dans les semaines à venir. Leurs auteurs pourraient de plus se prévaloir de l’identité nationale pour légitimer leurs actes. Une hypothèse que l’on ose envisager, mais qui a été rendu possible par ce débat.
Les français de l’immigration
L’immigration choisie, de préférence dans les campagnes Africaines par le patronat dans les années 60 à 70, pour fourbir en main d’œuvre une industrie Française en plein essor est donc en train de subir les foudres de ceux-là même qui ont été les instigateurs de cette immigration. L’ironie de la situation fait frémir.
Le Front national, comme je le pensais le mois dernier, va sans doute être le grand gagnant de ce débat sur l’identité nationale. L’UMP perd donc par KO sur le terrain, et qui plus est, sur l’un des thèmes fondateurs de la présidence Sarkozy : celui de l’identité. L’UMP ne joue pas à arme égale avec l’extrême-droite, et je m’en réjouis.
La « libération de la parole » voulue ici et là à droite n’est qu’une extension nationale de la tentative de relativisation des droits fondamentaux de l’Homme en vogue depuis plusieurs années. Cette tentative s’accompagne évidemment de visées peu reluisantes et non compatibles avec notre état de droits actuel.
Contre cette barbarie d'état, vingt chercheurs viennent de demander non pas la suppression de ce débat mort-né mais la suppression pure et simple du ministère de l'identité nationale. Le sort en est jeté pour ce débat, le holà vient d'être décidé par l'Elysée. Eric Besson peut donc continuer à s'agiter:
Nous sommes tous des Français de l'immigration.
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Commentaires
♺ @Donjipez: RT @peuples: La bataille de l'identité nationale est perdue pour Eric Besson http://o-x.fr/wxc0...
patb77's status on Friday, 04-Dec-09 21:13:32 UTC (patb77)@ Christophe,
Michel P.@ à Christophe
Michel P.@Michel P. : j'avais zappé la pétition. merci, je vais faire un billet demain
Christophe@Christophe
KieserJe prends ces mots au passage : "Harki de Sarkozy". Qu'est-ce que cela veut dire ? Sous la plume de certains cela veut dire "Kapo". Quand on réprouve un débat insane, on évite soi-même de stigmatiser une partie de cette population qui a été parquée dans des camps comme le furent les espagnols durant la guerre civile... Que savez-vous du recrutement des Harkis sur place durant la guerre de libération de l'Algérie ? Ils furent recrutés de force dans les bleds, dans les villes, dans les campagnes. Et quand l'armée française s'est embarquée dans les ports algériens, ils furent laissés sur place, massacrés sous les yeux de leurs anciens officiers, plus de 3000 périrent ainsi, autant disparurent. Mon père, Harki lui-même, fut fait prisonnier... il n'en réchappa que parce qu'il put prouver qu'il était agent du FLN...
J'ai signé la pétition de Médiapart avant bien d'autres.
Dès la campagne présidentielle j'ai dénoncé les méthodes du prince président, en 2008, j'ai, à nouveau tiré la sonnette <http://www.betapolitique.fr/Racines...
Les anciens Harkis ne sont ni des sous-hommes, ni des auxiliaires du Sarkozisme. Changez de mot !
Fils de Harki et fier de l'être !
@Kieser : Désolé si j'ai pu vous blesser, bien que je ne sache pas où, puisque je n'ai pas utilisé le mot harki dans cet article. Je ne connais pas grand chose sur les Harkis, si ce n'est ce que dit Wikepedia. en revanche ce que je sais, c'est que Boussad Azni qui vient du lot et Garonne, tout comme moi, vient d'être viré récemment d'un cabinet ministériel dans lequel il était http://o-x.fr/evbc
ChristopheBonjour à tous,
Je comprends que les objectifs réels / sous-jacents de l'UMP à l'organisation de ce e-débat hérissent le poil de certains mais ne pensez-vous pas que l'on peut en retirer des éléments intéressants ?
- les avis déposés (contenu, fond, forme, ton) par les uns et les autres donnent une idée plus claire de ce que pense réellement les Français qui se lâchent du fait de l'anonymat du média Internet.
- et avec de l'espoir, ne peut-on pas espérer un effet boomerang bénéfique et l'ouverture d'un vrai débat sur l'intégration des migrants ne venant pas de l'espace Schengen ?
Cdlt. Gael.
Gael--
ps: j'ai lancé une discussion sur le net parmi les Français qui vivent à l'étranger depuis un certain temps afin d'avoir le point sur 'qu'est-ce qu'être Français lorsque l'on vit depuis des années hors de Fr ?" Et quelles ont été nos propres expériences d'intégrations dans nos pays d'émigrations, c'est en cours et c'est assez intéressant (LinkedIn > 'Think Tank des Français à l'étranger')
@Gael : bonsoir Gaël, effectivement je ne pense pas que quelque chose de constructif ne puisse sortir de ce débat. Sa forme, son orientation ,ainsi que l'usage qui en est fait, ne permettent nullement à celui-ci de s'ouvrir et d'oxygéner cette thématique.
Christophe