Mardi 4 septembre 2007

C'est la rentrée scolaire, la vraie celle des enfants mais aussi celle des instituteurs et professeurs.

Le président s'est adressé aux  éducateurs aujourd'hui à Blois
.

Nous avons un  discours en totale contradiction avec les faits (suppression de postes,  diminution du train de vie de l'état par ailleurs louable).

Nous assistons donc à une accumulations de bonnes idées  souvent des constats sans  davantage de précisions techniques sur les moyens prévus ou supprimés.

Donc çe ne mange pas de pain, nous passons sur les  passages grandiloquents à la Française :

Aider l'intelligence, la sensibilité à s'épanouir, à trouver leur chemin, quoi de plus grand et de plus beau.

Après avoir retracé l'histoire  de l'école de la IIIème  république à ce jour avec l'inévitable choc issus de Mai 68.

Avant : leur caractère se trouvaient mal à l'aise dans le cadre unique, et puis post Mai 68 : l'éducation à travers le prisme de la psychologie, est tombée dans un excès contraire.

Les constats sur l'état actuel de l'enseignements sont clairs :

L'échec scolaire a atteint des niveaux qui ne sont pas acceptables.
L'inégalité devant le savoir et devant la culture s'est accrue
Les chances de promotion sociale des enfants dont les familles ne pouvaient pas transmettre ce que l'école ne transmettait plus se sont réduites.

Là j'ai envie de dire, oui Monsieur le Président, mais ces enfants ont des parents et pour ceux dont vous parlez, ils sont soit dans des situations précaires, soit en passe d'être expulsés.
Vous pourchassez les chomeurs, les sans-papiers tous les gens qui sont dans des situations délicates. Quelle est l'impact de ces mesures sur leurs enfants ?

Un passage très personnel qui laisse perplexe :

Cet amour et ce respect que nous leur devons(à nos enfants) exigent que nos relations avec eux ne soient empreintes d'aucune forme de renoncement ni de démagogie.

Ensuite, vient une bonne idée des années 50 :

Nul ne doit entrer en 6e s'il n'a pas fait la preuve qu'il était capable de suivre l'enseignement du collège.
Nul ne doit entrer en seconde s'il n'a pas fait la preuve qu'il était capable de suivre l'enseignement du lycée et le baccalauréat doit prouver la capacité à suivre un enseignement supérieur.

Cela veut dire que vous voulez revenir au redoublement, qui a été abandonné voilà bien longtemps....

une bonne parole ensuite à destination des éducateurs (non chiffrée):

Dans l'école de demain vous serez mieux rémunérés, mieux considérés et à rebours de l'égalitarisme qui a trop longtemps prévalu, vous gagnerez plus, vous progresserez plus rapidement si vous choisissez de travailler et de vous investir.

Une très bonne idée selon moi car c'est vous-même qui décrédibilsez le travail des enseignants à travers votre discours sans-cesse provocateur sur les fonctionnaires.

Ensuite en conclusion on retombe dans le travers Français, un appel à Jules Ferry, bref à la France de toujours, cela fait pleurer les grands-mère et cela donne des émotions à beaucoup de mères attendries.

Sur la Forme c'est cependant un discours trés réussit, qui globalement ne semble pas tellement crédible en pratique.

 

 

 

g_fck
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Jeudi 24 mai 2007
Bonjour,

Mes congés sont finis, hélas. Je reprends le boulot qui lui ne m'a pas attendu.
retour aux sources pour nous, et pour Joseph retour aux bonnes habitudes, y compris pour son sommeil.

Je republie un papier après une semaine de congés, et je vais commencer bien entendu par les symboles plutôt que de m'attarder sur les détails de ce quinquennat qui s'annonce.

La photo officielle est donc parue, avant qu'elle ne trône dans les Mairies, regardons là donc de plus près :



Ollivier Roller, photographe commente et analyse sur un support audio cette photo.

Quel symbole que cette photographie !!!
La réprésentation personnifiée durant un quinquennat de l'état régalien et répréssif au plus profond des campagnes et de la France d'outre mer.

Quel tableau pourrait on dire, tout est là ...

Cela aurait pu en rester là comme le veut la coutume, mais cela continue encré dans le symbole et en appuyant fort sur le coté émotionnel pour mieux toucher le le cerveau reptilien, la raison est alors bien loin.

NICOLAS SARKOZY veut qu'il soit rendu hommage dans les lycées à un résistant communiste de 17 ans, Guy Môquet, assassiné en 1941 par les Allemands.

Qu'importe les forces qui sous-tendait le combat de ce jeune homme là et de ses amis, l'Icône va remplacer la réalité, le folklore va se substituer à l'histoire.
C'est pourtant un acte de bravoure incroyable qui nous honore tous et qui aurait dû garder l'humilité de sa grandeur.

Pourtant une bribe de réalité venue du tréfond de l'histoire nous reparle encore aujourd'hui:

Odette Nilès, dernière femme des six témoins encore vivants sur les 600 internés du camp, veut dénoncer l'usurpation du nom du jeune résistant par le ministère de l'intérieur :

"Nicolas Sarkozy, c'est tout le contraire de Guy Môquet. Il est plus proche de Le Pen que de la gauche. On ne l'aurait jamais admis avec nous s'il avait défendu ce qu'il défend aujourd'hui. Et nous l'aurions même conbattu. Tout nous oppose" affirme t'elle.

La dernière lettre Lettre bouleversante de Guy Môquet ici

Prenons quelques instants pour relire intérieurement en face de nous mêmes ces mots incroyables aujourd'hui.

Et regardons le regard de ce jeune adolescent qui ne méritait vraiment pas çà :





ce début de quinquennat s'annonce donc en fanfarre.





Christophe


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Mercredi 16 mai 2007


le premier jour de cette belle famille autoproclamée à l'Elysée, c'est y pas beau tout ça.

Tous ces jeunes gens beaux et belles à la fois, munis de portables et de chevelures blondes prêts à envahir le Monde...mmhhh ça fait frissonner de bonheur.

A tel point que Cécilia est comparée à Jacqueline kennedy ici dans un article de Libération.

Bref, tous cette magnifique famille qui prend visiblement le temps de découvrir les lieus, filmés par une caméra façon match de football pour que le téléspéctateur ne rate rien. Tout cela est bien léché et sent le réchauffé de la campagne écoulée.

Et nous n'avons rien raté du bonheur affiché qui sonne faux comme un faux de la Joconde.

Bref la première journée à l'Elysée d'une famille qui s'est affichée et qui veut reigner. Les choses ont le mérite d'être claires, avec l'aval de presque 53 % des Français, la république a tranchée.

Les codes des bombes atomiques Françaises ont été donnés ce matin par Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy, alors nous pouvons dormir sur nos deux oreilles et commencer ce quinquennat au son de la "Javas des bombes atomiques" ici de Boris Vian.

pour les fameux Bricoleurs de la droite décomplexée, le pouvoir:



Bonne soirée à tous,

Christophe

 

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Dimanche 6 mai 2007

La mouche, par Véronique Maurus

LE MONDE | 28.04.07 | 12h44  •  Mis à jour le 29.04.07 | 15h14
Plantu a un fan-club. D'aimables groupies qui ne reculent devant aucun dithyrambe - "Vous avez au Monde un génie..." (Claire Verlet et Alain Bottéro, Paris) - et ponctuent leurs lettres de : "Heureusement qu'il y a Plantu !" (Jean Cooren, courriel). Ils déplorent son absence des pages Web, tiennent un compte fidèle de ses apparitions à la "une" : "La dernière dizaine a été exceptionnellement faste en dessins de Plantu" (Michèle Pfeiffer, Bras), et s'inquiètent des moindres éclipses : " Depuis un certain nombre de jours, les dessins de Plantu ont disparu de la première page. Est-ce un indice ?" (F. Jullian, Sausset-les-Pins).

Plantu a aussi ses détracteurs, parmi les cégétistes, papistes et intégristes de tout bord choqués de voir leurs causes brocardées ou Pie XII faisant le salut nazi... Ils sont rares. Mieux vaut avoir les rieurs de son côté ; et chacun sait que, dans ce journal comme ailleurs en bonne démocratie, la liberté du dessinateur de presse est sacrée - le procès des caricatures de Mahomet l'a récemment confirmé.

Plantu, pourtant, n'a pas échappé aux batailles qui opposent les lecteurs à coups de courriels furieux, en cette fin de campagne présidentielle. Les "ségophiles" ont tiré les premiers, fin mars, pour déplorer qu'on "ressasse en boucle la "bravitude"" (Bernard Laplagne, Guebwiller) ou que le dessin fasse, "d'une femme plutôt jolie, une véritable mégère" (Henri Rosenthal, Paris), quand ce n'était pas une petite sirène, ou une "grande cruche ravie" (Pierre Bourdariat, courriel).

A la mi-avril, les partisans de "Sarko" ont contre-attaqué. Le premier, Claude Guérinon (courriel), s'est inquiété du ton des " premières pages d'actualité (...) cornaquées par l'ineffable et teigneux Plantu...". De jour en jour, le tir s'est fait plus précis, accusant le dessinateur tantôt de "ségolâtrie" (Charles Maulino, Paris), tantôt de "vilenie" (Pierre Bergès, Toulouse), jusqu'à la vraie offensive, menée au lendemain du 22 avril. En quelques heures, une pluie de "dégoûts", de "blessures", accompagnées d'accusations (de "démagogie", de "haine", etc.) s'est abattue sur l'infortuné trublion.

Dans un même élan, les lecteurs s'offusquent du brassard rouge et noir, marqué "I. N." (pour "identité nationale"), dont Plantu affuble régulièrement le candidat de l'UMP, ainsi que des mouches qui survolent son crâne de temps à autre. Ces attributs, réservés d'habitude à M. Le Pen, sont "une offense", disent-ils. "Il convient de modifier une caricature, dérive scandaleuse concernant le futur président de la République française" (en capitales dans le texte), écrit Jacqueline Le Goaster, en exigeant, comme plusieurs correspondants, que Plantu fasse amende honorable : "Présenter des excuses pour un comportement inacceptable me semble un impératif catégorique."

C'est très mal le connaître. Jean Plantu est de la race des provocateurs doux. Il accepte volontiers les critiques : "Les gens aiment ou détestent, il est très sain qu'ils l'expriment." Mais les intimidations ne l'arrêtent pas, au contraire, elles le stimulent.

A preuve l'histoire des mouches. Succédant à une série de moustiques nommés "Sarkungugna", la première apparut sur un dessin du 14 décembre 2005. Jacques Chirac, très ému, déposait une gerbe à la mémoire des esclaves ; dans son dos, un élu UMP en short et casque colonial murmurait une traîtrise à l'oreille du ministre de l'intérieur. Il faisait chaud, la mouche volait bas, un peu par hasard, se souvient Plantu. Lequel fut fort étonné, le lendemain, de voir débarquer un motard en tenue, pour lui remettre une lettre à en-tête du ministère de l'intérieur.

Nicolas Sarkozy, après des compliments d'usage, disait : "Je n'ai pas manqué de remarquer un détail qui agrémente ma présence sur votre dessin (...) : une mouche. (...) Je sais qu'elles accompagnent généralement la représentation de Jean-Marie Le Pen. (...) J'ignore sincèrement ce qui me vaut un tel traitement, tant je considère avoir, tout au long de ma vie politique, combattu les idées de l'extrême droite : le racisme, l'intolérance, l'antisémitisme et, de manière générale, tout ce qui atteint l'homme dans sa dignité, à commencer par l'esclavage." Suivait une proposition d'entretien pour dissiper le "malentendu".

"Bien sûr, le lendemain, j'ai dessiné trois mouches !", raconte Plantu en riant. Depuis, Nicolas Sarkozy a aggravé son cas en se plaignant auprès de la direction du journal d'avoir été croqué en petit chien, "en roquet", selon lui, puis d'avoir été affublé du brassard "I. N.". "Il provoque lui-même la réaction qu'il redoute, note le caricaturiste. Là où il y a une mouche, il en crée trois..."

Notre impertinent dessinateur n'est pas un ingénu. Il "assume", dit-il, "son rôle excessif". Et explique pourquoi : "Je tords le cou à la rumeur. Depuis six mois, Le Monde est taxé, à tort, de rouler pour Sarko. Quand le président du conseil de surveillance, Alain Minc, a fait savoir qu'il voterait en sa faveur, j'ai eu d'autant plus envie de réagir, pour faire l'équilibre. Le fait est que, depuis trois semaines, on nous accuse beaucoup moins d'être sarkozystes..."

Force de l'habitude, les protestations, officieuses ou officielles, ne le touchent guère. "Je ne le vis pas comme une tentative de pression car j'ai la chance d'être soutenu par la rédaction et la direction du Monde." Mais ailleurs, note-t-il, ce genre de méthode peut marcher. "Sarkozy impressionne tellement que, s'il y a un pétochard dans la rédaction en chef, la liberté du dessinateur est fichue."

Le plus drôle, note le caricaturiste, est que Nicolas Sarkozy, qui lui reproche, pêle-mêle, brassard, mouches et petit chien, oublie un autre déguisement, pourtant récurrent : celui d'Iznogoud, le vizir félon qui veut être calife à la place du calife. "Il ne me reproche pas de le dessiner en traître. C'est curieux..."


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Dimanche 22 avril 2007


Merci à Zazou pour ce flag, allez voir son blog là (ou sur Mercastel dans la rubrique lien)
http://mercastel.over-blog.com/
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Vendredi 13 avril 2007
LEMONDE.FR | 13.04.07 | 21h05  •  Mis à jour le 13.04.07

Accusé depuis plusieurs semaines de ne pas pouvoir aller en banlieue pour y avoir utilisé les mots de "racailles" et "karcher", Nicolas Sarkozy s'est rendu, vendredi 13 avril, dans le quartier populaire de Beauval, à Meaux (Seine-et-Marne), ville administrée par le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé.


Le candidat de l'UMP a l'élection présidentielle a apparemment longuement hésité : attendu à 17 heures dans une salle de sport pour un débat avec des habitants du quartier, des représentants d'associations et le président du Parlement des banlieues, Karim Zéribi, il n'est arrivé qu'à 18 h 35. Aucun dispositif de sécurité renforcé n'était visible, mais les lieux étaient surveillés par un certain nombre de policiers en civil.

Selon Le Canard enchaîné du mercredi 11 avril, le terrain avait été balisé depuis plusieurs jours par l'équipe de Nicolas Sarkozy et notamment la conseillère et porte-parole du candidat UMP, Rachida Dati. Selon le journal satirique, par crainte de débordement, l'adresse de la salle a été tenue secrète jusqu'au dernier moment, et les RG avait été priés de "prendre la température", la rencontre étant susceptible d'être annulée à "la première poussée de fièvre".

NICOLAS SARKOZY "PAS ENGAGÉ" PAR LES PROPOS DE BRICE HORTEFEUX

Avec une heure et demi de retard, Nicolas Sarkozy est finalement venu s'entretenir avec la centaine de participants de nombreux sujets, comme l'immigration, l'identité nationale, le culte musulman, la discrimination positive, répondant notamment à M. Zéribi, dont le mouvement a interpellé les candidats à la présidentielle en février avec un "Manifeste des quartiers populaires" présentant "trente propositions pour changer la vie dans les quartiers".

Vivement interpellé par un jeune homme sur les déclarations de son proche collaborateur Brice Hortefeux sur la proportionnelle, M. Sarkozy a affirmé : "Brice Hortefeux s'exprimait à titre personnel. Je ne suis absolument pas engagé" par ces propos. Le ministre des collectivités territoriales avait affirmé vendredi au Figaro : "sans abandonner le scrutin majoritaire, pourquoi ne pas réfléchir à l'introduction d'une dose de proportionnelle ? Cela peut concerner le Sénat (...) mais aussi l'Assemblée nationale".

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Mercredi 11 avril 2007
LEMONDE.FR | 11.04.07 | 17h48  •  Mis à jour le 11.04.07 | 17h48

Dans un entretien au Bondy Blog, l'ancien ministre du gouvernement Villepin revient sur la sortie de son livre Un mouton dans la baignoire et sur ses relations avec le candidat UMP. Pour Azouz Begag, qui a rallié François Bayrou, "quand un individu, ministre de l'intérieur, affirme devant un parterre de ministres, que moi, Azouz Begag, j'ai des antécédents psychiatriques, quand il déclare qu'il faut associer immigration et identité nationale dans un même ministère, alors oui, je dis que cet individu est dangereux". Il ajoute : "Quand un homme comme lui a la maîtrise et le soutien de tant de pouvoirs médiatiques et économiques, et qu'il peut, avec cela, marquer son emprise totale sur la société française, sans supporter la moindre contestation, alors oui, je dis que cet homme est dangereux."

"NON ASSISTANCE À PAYS EN DANGER"

L'ancien ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances considère que "c'est un devoir personnel et politique majeur que d'informer les électeurs avant l'élection. Si je laisse faire, je pourrais être accusé de non assistance à pays en danger." Il reproche à l'ancien ministre de l'intérieur d'utiliser les procédés du Front national : "Je remarque qu'il n'a aucun scrupule pendant ces élections à jeter en pâture l'immigration, comme l'a fait Le Pen depuis 25 ans."

Azouz Begag revient également sur son expérience au gouvernement, estimant qu'il a été "victime d'une fatwa médiatique éhontée de la part de plusieurs journaux et chaînes de télévision". Il accuse Jean-Louis Borloo de lui avoir "savonné la planche" en minimisant son action au ministère.

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Mercredi 11 avril 2007
Un «néoconservateur américain à passeport français»
«Libération» s'est procuré l'enquête du PS. Extraits.

En 106 pages fouillées, l'étude décrypte l'action de Nicolas Sarkozy à Bercy comme à Beauvau, son projet de candidat à l'Elysée et, surtout, les fondements idéologiques du dessein d'un «néoconservateur américain à passeport français». Morceaux choisis.
«L'apologie du modèle communautariste religieux» 
«Raviver les sentiments communautaires et la religiosité dans un contexte de progression de l'individualisme permet de substituer à la solidarité nationale des solidarités communautaires, et ainsi de réduire le poids de l'Etat et de la Sécurité sociale dans l'économie. C'est sous cet éclairage que son ouvrage la République, les religions, l'espérance prend toute sa signification. "Je suis convaincu que l'esprit religieux et la pratique religieuse peuvent contribuer à apaiser et à réguler une société de liberté", écrit Sarkozy. Comme aux Etats-Unis, il faut en appeler aux religions pour régler nos problèmes : "Les cadres de l'Eglise en France pourraient susciter une grande réflexion sur la nécessité de construire des synagogues, des églises et des mosquées dans les banlieues. Il est aussi important d'ouvrir des lieux de culte dans les grandes zones urbaines que d'inaugurer des salles de sport, elles-mêmes très utiles ! Ce qui doit nous préoccuper, c'est ce que vont être les idéaux de la jeunesse qui vient. Tous ces jeunes qui ne croient plus à grand-chose, voilà un défi pour toutes les religions !" Que penser de la connexion entre ce projet et l'ambition de l'Union des organisations islamiques de France de promouvoir l'islam comme un moyen de lutter contre la délinquance ? L'un de ses dirigeants, Amar Lasfar, qui anime la mosquée de Lille, insiste sur ce rôle de pacification des relations sociales qui incomberait à l'islam. Et Farid Abdelkrim, figure emblématique des jeunes musulmans de France, est encore plus explicite : "L'islam, c'est un Kärcher qui permet de nettoyer les comportements les plus tordus qui soient. Avec l'islam, j'ai arrêté de fumer, j'ai arrêté de boire, j'ai arrêté de voler, j'ai respecté mes parents, j'ai voulu faire des études."» 
«Le sécuritaire dangereux et inefficace» 
«Le choix du tout répressif débouche sur celui du tout carcéral. Nicolas Sarkozy feint de ne pas "comprendre ce débat sur le nombre de personnes incarcérées : on doit mettre en prison ceux qui le méritent et on ne doit pas mettre en prison ceux qui ne le méritent pas", mais il sait que le recours à l'incarcération est un choix de société. Les Etats-Unis comptent environ 715 détenus pour 100 000 habitants. Un ratio qui leur confère la place de numéro 1, loin devant la Russie (584 détenus). En France, on constate les débuts d'une évolution à l'américaine. Les effectifs des prisons n'ont cessé d'augmenter depuis 2001. Le taux de détention s'établit à environ 100 détenus pour 100 000 habitants, contre 75 en 2000.»
«En novembre 2006, Nicolas Sarkozy répète que, pour lui, "il importe d'ouvrir un débat sur la question des peines minimales pour les délinquants récidivistes coupables d'atteintes aux personnes". Avec ce projet, il puise directement son inspiration outre-Atlantique. L'illustration la plus emblématique des peines minimales automatiques, dites "peines planchers", est la loi adoptée par l'Etat de Californie en 1994 : elle oblige le juge à prononcer une peine s'échelonnant de vingt-cinq années d'emprisonnement à la perpétuité lorsque la même personne est condamnée pour la troisième fois, et ce quelle que soit la nature des infractions.»
Le clone de Bush 
«"Certains en France m'appellent Sarkozy l'Américain. J'en suis fier. Je suis un homme d'action, je fais ce que je dis et j'essaie d'être pragmatique. Je partage beaucoup des valeurs américaines", déclare-t-il en avril 2004 devant le Comité juif américain. [...] Lors du début du conflit en Irak, il ne dit rien. Son silence tranche avec la dénonciation par les autorités françaises de la guerre préventive. [...] En avril 2004, il s'emploie à donner un faste tout particulier à un déplacement et obtient d'être reçu par Colin Powell et Condoleezza Rice. [...] Plus encore qu'aux Américains, il s'identifie au conservatisme de George W. Bush. Il a compris que le libéralisme seul ne lui permettait pas de gagner la présidentielle et qu'il fallait y ajouter, comme Bush l'a fait en 2004, d'autres dimensions : la famille, la sécurité, la religion et le patriotisme. [...] Par rapport aux credos traditionnels de la droite anglo-saxonne (méfiance à l'égard de l'Etat, préférence pour la liberté par rapport à l'égalité, nationalisme), cette droite américaine ajoute trois autres caractères novateurs auxquels Sarkozy tente de coller : elle se veut plus optimiste en se différenciant du scepticisme de la droite classique, plus égalitaire, et, enfin, plus populiste et moins élitiste.»

aller vers l'article de Libé


L’UMP ou la tentation libérale

Le PS a organisé, le 13 décembre, un séminaire de travail sur le programme de l’UMP. Point de départ de ces rencontres, une note du secrétaire national en charge des études, Alain Bergounioux, établit une analyse critique des propositions formulées par les partisans de Sarkozy. Un texte ramasse-tout mâtiné de libéralisme. Sous couvert de «révolution politique», le conseil national de l’UMP a entériné, le 16 novembre dernier, un programme électoral qui n’est rien de moins qu’une version relookée d’un capitalisme adapté aux seules exigences de ses promoteurs. «Cette logique libérale sur le plan économique et social ne s’exprime pas de manière ouverte, elle se dissimule derrière la formule du « libre choix » individuel, ou de l’hymne récurrent au mérite», constate Alain Bergounioux, secrétaire national (SN) en charge des études.

Sans appeler ouvertement à l’abrogation de la durée légale du temps de travail, l’UMP invite les salariés à s’investir davantage pour bénéficier d’un meilleur traitement. Cette stratégie de contournement se traduit par une grave remise en cause des acquis sociaux et syndicaux, dénoncée par Eric Besson, SN à l’économie et la fiscalité, et Alain Vidalies, SN chargé du travail. Le constat vaut également pour l’éducation, où l’autonomie et le libre choix des parents justifieraient la fin de la carte scolaire, approche vivement critiquée par Claude Roiron, SN à l’Éducation. «Le service public, quant à lui, est plébiscité, mais avec toujours moins de moyens et de personnels, et dans un périmètre sans cesse plus contesté par une société de marché, présentée comme celle du libre choix», dénonce Alain Bergounioux.

Derrière cette rhétorique, l’UMP pourfend les principes d’égalité et de solidarité. Selon son discours, chacun est comptable de ses réussites et de ses échecs. S’ensuit un lot de mesures qui laissent augurer le pire : nouvelle baisse de l’impôt sur le revenu, altération profonde des droits de succession, érosion de l’ISF… «L’hymne au travail, brandi comme un étendard, ne parvient pas à dissimuler une faiblesse concrète pour la rente et les situations acquises», souligne Alain Bergounioux.

Autant dire que ces prétendues mesures «volontaristes» ressassées par Sarkozy, se perdent dans le mirage de l’ultralibéralisme, dont Benoît Hamon (Europe) Béatrice Marre (développement durable) et Pascal Terrasse (santé et protection sociale) ne cessent de dénoncer les effets. Et que dire des discours qui agitent le spectre du déclin, stigmatisant un peu plus encore exclus et immigrés, suspectés de tricher avec les revenus de solidarité ou d’assistance ? Ce qui conduit Delphine Batho (sécurité) et Razzy Hamadi, président du MJS, à adresser une violente mise en garde à l’UMP contre l’exaspération des catégories populaires touchées, de plein fouet, par la montée de la précarité et de l’insécurité.

«Visiblement, le citoyen, dans la vie politique comme dans la vie sociale, n’est pas au coeur de la démarche d’une formation politique qui marque ainsi, sur ce point clef, sa fidélité à ses devancières, l’UNR, l’UDR et le RPR», conclut Alain Bergounioux.

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Mardi 10 avril 2007
LE MONDE | 09.04.07 | 14h52  •  Mis à jour le 09.04.07 | 15h00

"On me dit que je fais peur." En lançant cette phrase devant son comité politique, Nicolas Sarkozy a de lui-même admis que la question de sa personnalité s'est installée au coeur de la campagne. De tous les candidats, c'est sans doute à celui de l'UMP que les deux semaines à venir vont sembler les plus longues. Si Nicolas Sarkozy a creusé la distance avec ses adversaires, si 59 % des Français pronostiquent sa victoire (contre 18 % Ségolène Royal et 8 % François Bayrou) selon un sondage CSA-Le Parisien publié lundi 9 avril, la droitisation de son discours, le durcissement de son ton, ont un coût. Ils ont offert un angle d'attaque commun à ses principaux concurrents, au moment périlleux où l'issue de la campagne du premier tour repose sur cette majorité silencieuse d'indécis, évaluée selon un autre sondage CSA-Le Parisien, publié dimanche, à 42 % du corps électoral, soit 18 millions d'électeurs.


François Bayrou a été le plus prompt à dégainer. "Ce qui est en jeu maintenant, ce sont les projets de société que nous défendons les uns et les autres ainsi que les caractères de ceux qui les portent", soulignait-il dans un entretien accordé au Journal du dimanche.

Rappelant les dernières déclarations du candidat de l'UMP sur le caractère "génétique" de la pédophilie ou du suicide des jeunes, M. Bayrou a observé que "cette thèse anti-scientifique et anti-humaniste (...) remet en cause les valeurs communes autour desquelles a été construite la société française". Dans l'avion qui le ramenait de Corse, samedi 7 avril, le candidat UDF confiait aux journalistes : "Sarkozy va sur le terrain de Le Pen. Or il y a un grand nombre d'électeurs qui hésitent entre lui et moi et qui ne vont pas le suivre sur ce terrain." M. Bayrou est convaincu que le choix de Nicolas Sarkozy de "jouer l'affrontement" peut lui aliéner une partie de l'électorat modéré : "La société française a besoin de stabilité et d'optimisme", dit-il, ajoutant que "les deux autres candidats, chacun, portent une inquiétude : Sarkozy parce qu'on sait où il va, Royal parce qu'on ne le sait pas".

Les allusions au caractère "anxiogène" de l'ancien ministre de l'intérieur n'ont également pas manqué dans le camp de Ségolène Royal. "La question de son aptitude est posée", a lancé Arnaud Montebourg, l'un de ses porte-parole.

"Sarkozy est un écorché vif. Il ne peut vivre que dans la tension", affirme en écho Julien Dray, conseiller spécial de la candidate socialiste. Celle-ci, qui a signé la fin des hostilités frontales avec son rival UMP, a saisi les occasions offertes par son déplacement dans le Sud-Ouest pour souligner "la brutalité" du projet de celui qu'elle désigne comme "le candidat sortant", en opposant sa vision d'une "France de la réconciliation" à celle d'une "France de l'affrontement".

Ségolène Royal a en revanche prudemment abandonné aux scientifiques "le soin de commenter les propos de M. Sarkozy sur le caractère héréditaire de la pédophilie". "Si, moi, je m'étais permis de dire des énormités pareilles...", s'est-elle contentée d'observer - mais elle n'exclut pas de relancer le sujet en faisant appel à une "voix autorisée" qui pourrait être celle de Bernard Kouchner.

Le candidat de l'UMP feint de ne pas s'inquiéter des accusations répétées de ses adversaires. A Saint-Rémy-de-Provence (Bouches du Rhône) où il était allé passer le week-end et dédicacer son livre Ensemble, Nicolas Sarkozy leur a lancé ce conseil : "Ce n'est pas en attaquant les autres que l'on progresse dans les sondages". Devant ses amis politiques, il a prévenu qu'il ne changerait pas de ligne. "Tout va bien. Je fais salle comble dans mes meetings, mais il faudrait que, moi, j'aille mal alors que les sondages me placent au niveau de Georges Pompidou (en 1969) ?", réplique-t-il à ceux qui évoquent ses signes de nervosité.

Il n'empêche que le week-end a été rude : aux révélations sur sa brutalité, lancées dans le livre publié par son ex-collègue du gouvernement Azouz Begag, et aux remontrances de l'évêque André Vingt-Trois à propos de ses déclarations sur les prédestinations génétiques, se sont ajoutées les rumeurs sur les tensions au sein de son couple, nourries par l'absence de Cecilia Sarkozy à ses côtés pendant ce long week-end de Pâques.

Tout en dénonçant "le retour des procès en sorcellerie", les proches de M. Sarkozy lui conseillent de "prendre de la hauteur". Henri Guaino, sa plume, s'est attelé à la rédaction d'un discours "rassembleur et gaullien" que le candidat devrait prononcer mardi 10 avril à Tours, la veille de l'intervention que Ségolène Royal a prévue à Metz sur les institutions et les fonctions régaliennes du chef de l'Etat, en présence de l'ancien garde des sceaux de François Mitterrand, Robert Badinter.

Patrick Devedjian plaide, de son côté, pour que l'on reparle sans tarder de "la (prise d'otage en mai 1993 de la) maternelle de Neuilly".

"La question de son image sera réglée pour le second tour, explique le député Dominique Paillé. A ce moment-là, une autre élection commencera." C'est aussi la conviction de Nicolas Sarkozy : "Les compteurs seront remis à zéro." D'ici là, le candidat vit le dilemme du favori : fort parce qu'il est en tête, mais vulnérable parce qu'il est à découvert. C'est encore loin, le 22 avril ?

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publié dans : Pathologie brune claire
Mardi 10 avril 2007
LE MONDE | 10.04.07 | 16h02  •  Mis à jour le 10.04.07 | 16h02



Ils voulaient "réveiller la France qui se lève tôt". Ils se sont donc donné rendez-vous à 6 heures, mardi 10 avril, avec djembé, maracas et sifflets dans le 17e arrondissement de Paris. Un rassemblement qui s'est fait au métro Guy-Môquet, du nom du jeune résistant communiste dont Nicolas Sarkozy revendique l'héritage, pour un parcours "bruyant et festif". Objectif affiché : alerter la France "des simples employés" qui "serait a priori la plus sensible aux idées de Nicolas Sarkozy". Et la dissuader de voter pour lui.


Les traits bouffis, encore endormis, les membres du collectif tout récemment baptisé La France qui se lève tôt, souvent des étudiants ou de jeunes actifs, se sont donc retrouvés à une vingtaine, au petit matin. Parmi eux, de nombreux anciens du collectif Jeudi noir, ce petit groupe qui s'invitait dans les visites d'appartements loués à des prix jugés prohibitifs.

"Le fait que la majorité des Français pensent que Nicolas Sarkozy va gagner l'élection présidentielle et qu'il a désormais les mains libres nous paraît assez grave", justifie ainsi l'un d'eux, Manuel Domergue, 25 ans, assistant parlementaire du sénateur de Paris Jean Desessard (Verts).

Selon M. Domergue, le programme du candidat UMP ne favorise pas "les Français qui se lèvent tôt" mais "ceux qui s'enrichissent en dormant". "On veut dire à tous ces gens : attention, le discours de Sarkozy sur la valeur travail, le mérite... c'est du gros bluff !", explique Leila Chaibi, 24 ans, membre du collectif Génération précaire.

Mardi matin, après avoir tracté à l'entrée du métro auprès des voyageurs pressés, ils se sont donc élancés "à l'arrache" et en fanfare, la camionnette de l'un d'eux ouvrant la voie, autoradio à fond. Les rares riverains au balcon, souvent en pyjama, ont modérément apprécié le cortège. "La France qui se lève tôt" compte cependant répéter l'expérience au moins une fois par semaine, jusqu'au deuxième tour.

Elise Vincent
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