La farce du débat sur l ‘identité était censée initialement, dixit Eric Besson, fédérer et fidéliser les électeurs de la droite de l’UMP au sein de ce parti. L’extrême droite ayant à nouveau le vent en poupe depuis quelques mois, très certainement à cause du « Zadig et Voltaire » de L’Elysée, ce chantier a été démarré pour couper l’herbe sous le pied du Front national. L’objectif était clair, je me demande aujourd’hui si le ministre de l’intégration nationale n’a pas mis un peu trop de zèle dans sa démarche

En effet lundi 30 novembre, lors d’un débat initié, comme le souhaitait Eric Besson, par le sous-préfet de Verdun, un maire a apporté sa piètre pierre à cet édifice de régression collective. Devant plusieurs micros, qui l’attendait sans doute au tournant, Celui-ci a déclaré : «Il est temps qu'on réagisse, parce qu'on va se faire bouffer». Judicieusement, le journaliste a osé la seule réplique possible à cette embardée en lui demandant : «Par qui ? ».

Le maire UMP de Gussainville, a donc rajouté une couche : «Y'en a déjà dix millions», «dix millions que l'on paye à rien foutre» juste avant de nous prouver sa bonne foi : «sérieusement, je le crois».

André Valentin a donc proféré une opinion xénophobe et raciste. Rien de moins, rien de plus. Imaginez donc maintenant le même propos, avec comme cible non plus les immigrés, mais les juifs….
Nous connaissons ces thèses depuis fort longtemps malheureusement. La crise économique qui sévit actuellement exacerbe les sentiments et les idées les moins nobles enfouies dans notre cerveau limbique primitif. Chaque crise dans l’histoire a eu ses boucs-émissaires, et la communauté juive a largement endossé cet habit là au cours des siècles passés.

Le débat sur l’identité nationale est un formidable vecteur, comme je l’ai dit de régression collective, et il aiguille la haine vers les populations les plus faibles. Et pour une foi, les juifs sont épargnés.

La réaction de l’UMP

Je m’attendais à un cinglant désaveu de ce maire xénophobe, de la part d'un porte-parole de l’UMP. Il n'en a rien été. L’ivrognerie verbale (un magnifique terme utilisé par Finkielkraut) dont l’UMP est porteuse depuis quelques temps maintenant, Frédéric Lefebvre à l’appui, a cependant fait mouche par Jean-François Copé interposé. Le président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, a déclaré au micro de RTL : «On va libérer la parole. Point. Et moi j'estime que ces sujets, c'est parce qu'on n'en a pas parlé pendant trop longtemps.» 

Une ange passe.

Imaginez-vous encore une fois, les répercutions qu’aurait pu avoir le propos de Jean-François Copé si les boucs-émissaires visés par ce maire xénophobe avaient été juifs….
Encore une fois, et quelques semaines après les débordements verbaux du député UMP Eric Raoult, de Brice Hortefeux, et de André Valentin, l’UMP et le gouvernement ont bien du mal a faire le ménage au sein de leur famille politique concernant les délits de sale gueule répétés qui sont proférés ici et là et les attaques sans cesse réitérées contre les libertés individuelles.

Une question me vient à l’esprit : en ont t‘ils réellement encore l’envie ? je n’en suis plus tellement certain à vrai dire.

Un monstre a été lâché dans l’opinion publique, et celui-ci est en train d’échapper à ces créateurs. « 10 millions de français » vont peut-être se sentir visés ce coup-ci. Le centre de gravité de l’UMP ne cesse de se déplacer à sa droite, et ceci n’est pas une bonne nouvelle.