Travail, Famille....
Ce discours sentait tellement le réchauffé que la presse n'a retenu qu'une petite phrase: "je crois au travail et à la famille".Une phrase qui est a rapprocher de la devise officielle Travail, Famille, Patrie du gouvernement de Vichy. Est-ce de la provocation?
Nicolas Sarkozy étant un habitué de la chose, c'est fort possible, mais je n'y crois pas. Et pour quelles raisons au juste? je pense que le président durant cette allocution a beaucoup improvisé, comme nous allons le voir un peu plus loin. Je pense que nous avions durant une bonne partie du discours le "Nicolas Sarkozy à nu" qui ne triche pas. Celui qui est toujours bercé par une iconographie statique d'après-guerre. Des sortes d'images d'Epinal, collées les unes à coté des autres, d'une France révolue depuis longtemps. Et dans ces moments là, ses idées-forces, datant de l'enfance, ressurgissent au détours d'une phrase.
Il est même possible qu'il se soit empêché de dire le troisième mot tant attendu, sentant instinctivement la dérive qu'il était en train de commettre. Nous avons donc là une "locution manquée" au même titre qu'un "acte manqué" peut révéler des idées refoulées.
...et malthusianisme
Durant ces voeux aux forces économiques, Nicolas Sarkozy a également prononcé (à la 5ième minute dans la vidéo) cette phrase énigmatique:
- "Depuis trop longtemps sévit dans notre pays une vision malthusienne de l'économie: voilà le mal Français. Le malthusianisme, c'est à dire l'idée, ou plutôt l'illusion, que l'on pourrait diminuer le chômage en partageant le travail: nulle part dans le monde cette stratégie n'a réussi. c'est l'illusion que la décroissance serait la seule solution pour préserver l'environnement"
On passera sur le fond de la déclaration pour s'attarder sur la forme: Nicolas Sarkozy invoque Malthus pour justifier son raisonnement ainsi que la politique que celui-ci prônait en 1830: le malthusianisme. Chez Wikipedia, la définition du Malthusianisme est la suivante :
C'est une politique prônant la restriction démographique, inspirée par les travaux de l'économiste britannique Thomas Malthus (1766–1834). Le terme est utilisé pour la première fois par Pierre Joseph Proudhon en 1849.
À l'origine doctrine hostile à l'accroissement de la population d'un territoire ou d'un État, et préconisant la restriction volontaire de la natalité, le mot « malthusianisme » désigne aussi par extension toute attitude craintive devant la vie et le développement.
Nous pourrions donc en déduire aisément que Nicolas Sarkozy s'est mélangé les pinceaux entre deux termes. Ce que je ne pense pas non plus.
Nicolas sarkozy cite volontairement ce terme pour ensuite en faire une explication de texte complètement à coté de la plaque. Il y' a donc volonté de vendre, là aussi, une assertion qui encore une fois n'engage que lui. Nicolas Sarkozy ne comprenait donc tout simplement pas ce qu'il était en train de dire.
Avec d'autres sources d'infos..tout va mieux
Nicolas Sarkozy évoque un détail croustillant au sujet des 2 milliards d'euros de plus-values réalisées grâce aux prêts que l'état a concédé aux banques début 2009. la cour des comptes a pointé que l'état s'était assis volontairement sur plus de 12 milliards d'euros de plus-values potentielles. Un tout autre son de cloche donc, mais celui-ci était destiné, il est vrai, uniquement au secteur bancaire Français.


Commentaires
Je pense que tu donnes trop d'importance aux connaissances intellectuelles de notre Président. C'est un "âne" question réflection et lorsqu'il lit les écrits de sa"plume"le fameux Guaino" il est incapable de lire et de penser ce qu'il dit, en même temps.
Michel P.@Michel P. : un détail Michel, je donne il est vrai beaucoup d'importance aux connaissances en général et pas à celles de Sarko en particulier. Ceci dit mettre sa crasse inculture en évidence me plait bien
ChristopheMercredi 7 janvier 2010, sur le site LE FIGARO.FR :
Tout est en place pour une nouvelle catastrophe économique mondiale, a estimé aujourd’hui Simon Johnson, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2...
BALecteur assidu du journal La Décroissance, je me permet d'apporter un autre angle de vue sur les déclarations imprécises de notre président. A mon sens, il savait parfaitement ce qu'il disait : en effet, depuis quelques temps, Nicolas Sarkozy prend le temps de dire du mal de la décroissance ; or, l'un des plus insupportables amalgames sur les objecteurs de croissance est de prétendre qu'ils ont des tendances malthuséennes. Ce qui véhicule la fausse idée qu'ils seraient favorables à des politiques de naissances radicales (seul Yves Cochet a osé évoquer l'idée d'une limitation des naissances..., et il a été largement désavoué par le journal La Décroissance)Pour en savoir plus, voir aussi le hors-série "La Décroissance contre Malthus", disponible sur www.décroissance.org
Par conséquent, cette déclaration de Nicolas Sarkozy, bien que techniquement inexacte, n'est qu'un moyen de discréditer les mouvements pour la Décroissance. Notre président est bien trop axé sur sa politique de communication pour faire des erreurs conceptuelles pareilles...
Antoine R.Bien vu Antoine R., d'ailleurs, il n'y a pas que Sarkozy et la droite qui tentent de discréditer l'idée de décroissance, même chez les Verts... Les médias dominants relaient aussi ce type discours qui assimilent malthusianisme et décroissance... Un exemple parmi d'autres de désinformation. L'idée de décroissance prend en compte une donnée incontestable : les ressources de notre planète sont limitées... et il serait temps d'en tenir compte. Bien-sûr, on nous balance le retour à la bougie... alors que l'idée de décroissance signifie un meilleur usage des ressources, une meilleure répartition des richesses, le respect du travailleur.
des pas perdus{{L'idée de décroissance prend en compte une donnée incontestable : les ressources de notre planète sont limitées...
}}
C'est précisément ça, l'idée de Malthus. Il pensait qu'en son temps, la planète ne parviendrait pas à nourrir tout le monde, et qu'un contrôle des naissances était par conséquent nécessaire : si on accepte les présupposés, ça se tient.
Dans l'idée d'un meilleur usage des ressources, etc., on accepte les mêmes présupposés. Cependant, au lieu de dire qu'il y a trop de monde sur la planète, on dit : il faut que chacun change ses habitudes afin de consommer moins.
En effet : Soit R la totalité des ressources disponibles, N le nombre d'habitants et C la consommation moyenne de ressources par habitant. Dans la relation R = N * C, avec R constant (ce qui est le présupposé discuté), il n'y a que deux méthodes pour conserver l'équilibre : si on consomme plus, il faut qu'il y ait moins de monde ; réciproquement, si on est plus, il faut que l'on consomme moins. C'est donc bien les deux versants d'un même problème.
En s'opposant à l'idée de malthusianisme (généralisée, qui peut s'appliquer aux ressources comme au travail), l'on pense que R, justement, n'est pas constant : que les ressources peuvent augmenter, etc. Par le malthusianisme du travail, c'est la même chose : ce qui est reproché aux socialistes et au 35 heures, c'est de postuler, selon eux, que le temps de travail total cumulés T est constant ; qu'il faut donc que chacun travail moins si on est plus nombreux, etc. Au contraire, ceux qui s'opposent au malthusianisme entendent dire que cette somme de travail peut augmenter, etc.
Gnouros@Antoine R. : même remarque que pas perdus bien vu AntoineR., cette constatation invalide mon analyse.
Christophe@Gnouros : Effectivement, mais cela reste un peu primaire comme argument.
"C'est précisément ça, l'idée de Malthus. Il pensait qu'en son temps, la planète ne parviendrait pas à nourrir tout le monde, et qu'un contrôle des naissances était par conséquent nécessaire : si on accepte les présupposés, ça se tient."
La finitude des ressources naturelles, ce n'est pas une idée : c'est un constat. C'est justement l'idée qui est différente. Les objecteurs de croissances prônent l'idée de sobriété ; Malthus prône l'idée de réduction de la population. Or, deux concepts ne peuvent pas être assimilés l'un à l'autre pour la seule raison qu'ils ont fait le même constat.
Autrement dit : n'est malthusianniste que celui qui approuve et le constat et la solution proposée. Par ailleurs, on s'accordera que, dans le langage courant comme dans la définition donnée par Wikipedia, le malthusiannisme évoque automatiquement l'idée de planification des naissances.
Donc : non, on ne doit pas tolérer l'amalgame entre l'idée de décroissance et les idées de Malthus.
Antoine R.@Christophe :
Michel P.Merci Antoine R
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