L'hebdomadaire britannique, en mal de paradoxe, vient de sortir à la une cette photo surprenante. La presse Anglo-saxonne fait donc son mea-culpa, elle qui est davantage habituée à étriller nos us et coutumes économiques et sociales...et qui se se rattrape d'habitude en louant la qualité de la vie en France...
Le-vieux-modèle-Français-ne s'en-sort-pas-si mal, dixit le journal. Passées les demi-teintes typiquement Britanniques (et passablement éprouvantes pour nous Français), nous sommes bien là, au sein même de la culture britannique du benchmark. Nous n'assistons pas à un satisfecit économique du "vieux-modèle" Français (ce que nous aimerions promptement penser...reconnaissez le mes chers compatriotes) mais à une étude comparée conjoncturelle intra-dépression économique. Et à ce jeu là, le quotidien loue notre "vieux-modèle". un espèce de modèle en étrave qui a passé un certain temps "sous la vague libérale" avant de renaitre à un moment où on ne l'attendait pas.
La revanche du modèle Français
Le quotidien encense donc le modèle Français, celui-là même qui fait partie d'un modèle continental (traduisez Européen incluant également l'Allemagne) s'opposant bien entendu à un modèle Anglo-saxon atlantiste. Ce modèle avait été l'objet d'une raillerie sans borne de la part de ce même journal par le le passé. The Economist qui menait un buzz permanent au sujet d'une France évidemment "en retard", dans laquelle les réformes étaient impossible à mener, avec une économie schlérosée et dotée d'un modèle "trop" social, fait son coming-out maintenant.
Comment! nous apprenons aujourd'hui, d'un quotidien qui s'est fait le chantre d'une économie livrée aux 4 vents de la fortune individuelle, que notre modèle est notre principale force aujourd'hui. Permettez-moi d'en sourire dans un premier temps, car c'est de cette idéologie là dont se drape la droite Française depuis une décennie, pour ne pas dire deux, pour ferrailler contre ce même modèle. Le modèle social est issu directement de l'après-guerre, il a été ensuite modelé par la droite de De Gaulle à grands coup "d'état bâtisseur".
Notre modèle comme le dit si bien The Economist n'est pas une construction théorique, ou idéologique fantasmée ou mythifiée mais le fruit de notre culture et de notre goût pour les "grandes réalisations régalienne" au nom du peuple, cela s'entend.
Ce constat est le fruit d'une analyse comparée qui ne vaut évidemment pas référence puisque le quotidien conclut que le modèle Anglo-saxon est toujours le meilleur. Comme quoi l'expérience de la dépression, que nous en sommes en train de vivre, ne vaut pas expérience pour ce quotidien, mais seulement soubresaut conjoncturel. A idée courte...analyse courte, puisque The Economist se base sur le passé pour pronostiquer le futur...ce qui n'est pas d'une prédictivité absolue ni d'une clairvoyance éclairée. Il se fend alors d'un verdict valant évidence:
"il y a un prix à payer pour plus de sécurité et plus de protection de l'emploi : moins de souplesse et d'innovation qui signifient, à plus long terme, moins de croissance"
Sarkozy sape le modèle français
Ce qui est "amazing" dans cette histoire, c'est de voir Nicolas Sarkozy porter les couleurs Françaises de notre modèle économique et social. C'est pourtant celui-là même qui s'acharne depuis plusieurs années à déstructurer et à couler les fondements historiques de ce style de vie.
N'est-il pas le plus emblématique défenseur des "subprimes". Il souhaitait d'ailleurs les instaurer en France, il n'en aura pas eu le temps. Nous vivons le reste au quotidien, ce n'est donc pas la peine d'en parler davantage ici.
Nicolas Sarkozy doit se réjouir de cette surprenante découverte que viennent de faire nos voisins, elle lui permet de buzzer à l'international. Et nom de dieu, il aime ça!
Au moment même ou les USA et le royaume-unis redeviennent propriétaire de banques, plafonnent les revenus de leurs cadres-dirigeants. Il faut croire que notre volontarisme économique, à vouloir rattraper ce modèle périmé, soit d'un anachronisme volontaire et inconséquent. La politique a ses passions souvent hors de la raison.
La sortie de la crise est-elle pour demain ?
Le microcosme économique qui a été incapable de prévoir la dépression actuelle, prévoit la fin de celle-ci pour bientôt. Je ne partage pas du tout cet optimiste béat. En effet comme l'a confirmé le FMI récemment, les "actifs nauséabonds" dont la contrepartie s'est envolée dans les poches de ces mêmes décideurs durant la dernière décennie, n'est pas encore revenue à un niveau acceptable. De plus, certaines bulles ne se sont pas encore véritablement dégonflées (immobillier ainsi que les rachats d'entreprise avec effet levier). L'opacité des banques à ce sujet est totale, comme le confirme la découverte récente d'un nouveau trou (très certainement déjà pris dans les comptes) sans avoir eu la trainée médiatique de l'affaire kerviel puisque il est le résultat d'une stratégie d'entreprise. Et enfin et surtout, les 100.000 chômeurs supplémentaires (dont 25000 maquillés) au mois de mars en France laisse à penser que l'hémorragie des emplois n'a pas encore touchée son point bas. Le cercle vicieux entre perte d'emploi et recul de la consommation contribue à alimenter ce même cercle vicieux de suppression d'emploi/chômage. Le phénomène est connu, il va très certainement s'amplifier. Les mesurettes Sarkozy décidées en Février, qui vont à l'encontre de notre modèle social fort de part leurs ampleurs, ne sont pas suffisantes pour atténuer les effets de la dépression.
Alors remarquons cet incroyable paradoxe, au moment-même où la presse Anglo-saxonne fait preuve d'une ouverture relative - Nicolas Sarkozy démantèle ce qui fait son aura médiatique internationale aujourd'hui.
S'il ne reste qu'un seul défenseur du modèle économique qui a conduit l'économie mondiale à une impasse, n'en doutez pas: ce sera sans doute lui.


Commentaires
la "résistance" française à cette crise ne vient que de la résistance au modèle anglo saxon depuis des années.
RébusSarkozy se voit donc crédité d'un succès, relatif, qui n'est pas le sien, mini lui se rêvant,e encore maintenant en thatchérien français
Il est arrivé trop tard même si l'union européenne a commencé le boulot...
Espérons que la résistance sera assez importante...
pas perdusLa résistance est importante.
Espérons qu'elle sera efficace...
Etiam RidesCrise des subrimes : une explication simple pour ceux qui essaient encore de comprendre.
(inspiré d'un blog)
Alors voilà,
Me Ginette a une buvette à Bertancourt, dans le Nord (ch'ti).
Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses très fidèles clients, tous "alcoolo", et tous au chômage de longue durée.
Vu qu'elle vend à crédit, Me Ginette voit augmenter sa fréquentation et,
en plus, elle peut même augmenter un peu les prix de base du "calva"
et du ballon de rouge.
Ses créances deviennent assez importantes, mais elle tient (toujours/encore)
Max, jeune et dynamique directeur de l'agence bancaire locale, quant à lui,
pense que les "créances" du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Me Ginette
(il ignore ou pas qu'il a des dettes d'ivrognes comme garantie).
Au siège de la Banque, des "Traders" avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers que nul n'est capable de comprendre, non sans expliquer que ces "actifs"
ont en réalité, 10 fois leur valeur annoncée : c'est sans danger..
La Banque récolte ainsi (n) fois la créance de Me. Ginette.
Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, au Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous, mais sur-côtées à chaque transaction (les ardoises des "alcoolo" de Me Ginette).
Ces "dérivés" sont alors négociés pendant des années comme s'il s'agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de plus de 80 pays.
Jusqu'au jour où quelqu'un se rend compte que les "alcoolo" du troquet de Bertancourt n'ont pas un rond pour payer leurs dettes ..
La buvette de Me Ginette fait faillite,
Max a été viré, les "traders" ne sont pas inquiétés,
pas plus que le grands "pontes" de la Banque.
Maintenant je lance le jeu de piste :
OU EST PASSE LE POGNON ?
subprimesle premier qui trouve a gagné !