Après 3 années d’une gestion de l’état incarnée par un seul homme, nous vivons une étape charnière de ce quinquennat. Lors de cette période 2007-2010, aucunes de toutes les dérives possibles, consubstantielles à un pouvoir de type présidentiel poussé à l'extrême, ne nous a été épargnée. Ce scrutin régional est donc le marqueur de la seconde étape de ce quinquennat qui n’en finit plus.
Le déni de réalité : le talon d’Achille de Nicolas Sarkozy
Ces trois années se terminent symboliquement par un déni présidentiel de lèse-majesté : le refus du vote des Français aux élections régionales.
Et pourtant, la rouste que vient de recevoir la droite toute entière claquemurée derrière les vitres fumées de la citadelle UMP, pilotée depuis le château, est historique puisque c’est le plus mauvais score de celle-ci sous la Vème république. Les députés, qui possèdent encore quelques libertés ne s’y sont pas trompés. Ils ont cependant loupé la cible en pointant « l’ouverture » comme principale erreur de cette première partie de quinquennat. Ils ne sont donc pas encore allés au bout de leur analyse, du moins dans les médias. En effet, à défaut de vouloir défier l’autorité de NS, ils en viennent de façon consciente à ne pointer que les alentours de la politique Elyséenne. Si seulement nous pouvions entendre leur subconscient, nous ne serions pas déçu.
Ce résultat siffle donc le désamour des Français, non pas de la droite, mais de Nicolas Sarkozy himself. Ce premier tour sera à n’en pas douter confirmé dimanche dans les urnes. L’abstention promet de rester à un niveau record, et la gauche dans le plus mauvais des cas….ne gagnerait pas l’Alsace, et dans le meilleur des cas ferait le grand chelem. Il n’y a donc plus aucunes surprises possible.
Les derniers sondages montrent que l’abstention restera dimanche à un niveau proche de ceux du premier tour à 50 %. Celle-ci marque à nouveau la défiance des citoyens vis-à-vis de la classe politique en général, ce résultat doit être également mis à l’actif de Sarkozy.
Une fin de campagne « radiologique » sale
Nous avons eu l’impression de vivre une campagne de coups-bas , et d’un UMP qui n’en finit pas de sombrer dans la bassesse lorsque celui-ci est en difficulté. Les quelques exemples de ces derniers jours illustrent mon propos. Après avoir utilisé l’immigration comme instrument de récupération des voix FN, avec le résultat que l’on connaît, c’est à dire une résurgence du FN au premier tour. L’UMP a également stigmatisé son adversaire - un bouc-émissaire a donc été désigné à la vindicte populaire : Ali Soumaré. Les accusations étaient une fois de plus caviardées obligeant les protagonistes à des excuses minables. Avant-hier, c’était le premier ministre qui sur le thème très à droite de l’insécurité, celui-ci ne peut pourtant s’en remettre qu’à lui-même et à sa politique sécuritaire sur ce thème, annonçait à tort le décès d’un policier.
Ces dérobades successives viennent de connaître hier leur apogée après l’annonce du président de vouloir sanctionner davantage les meurtriers de personnel des forces de l’ordre. Le syndicat de la magistrature a aussitôt précisé qu’une telle volonté était anticonstitutionnelle. La course à des peines « de plus en plus lourdes » pour assouvir les tourments répressifs de notre président-du-tout-sécuritaire prend désormais la tournure d’une course à l’échalote. Ce que les français acceptaient voilà encore quelques mois, la crise leur en a fait passer le goût.
La faute à qui ou à quoi plutôt ? certainement la faute à la culture du résultat dont Nicolas Sarkozy s'est fait le chantre, c’est effectivement un thème à la mode depuis une dizaine d’année. Et des résultats, Nicolas Sarkozy ne peut guère en mettre en avant.
J’ai de la peine à voir ce spectacle puéril de cette chute annoncée, tout comme j’ai une grande admiration à voir ces soldats Sarkozyste de l’impossible venir nous raconter des bobards tous plus gros les uns que les autres. Les Xavier Bertrand, les Frédéric Lefebvre, les Yves Jégo, les Luc Chatel. Une fin de règne est tellement difficile à supporter, ils devraient s’économiser un peu.
Cette campagne se termine...enfin !
Et…après ?
Le remaniement qui n’était absolument pas à l’ordre du jour voilà encore quelques jours est maintenant plébiscité par les français. Le président livrera donc l’onction, et remaniement il y’aura. Un jeu de chaise musicale va donc s’orchestrer la semaine prochaine.
L’UMP, suivant l’ampleur des résultats de dimanche ressemblera davantage à une coquille vide ou à un champs de bataille après la bataille qu’à autre chose d’ici à quelques heures maintenant. Et ce, au moment même où le centre gauche réalise un score….d’extrême gauche. Nous vivons donc un moment propice pour une recomposition du paysage politique à droite.
Dominique de Villepin va créer un parti le 25 mars lors d’une conférence de presse, ce n’est désormais plus un secret pour personne. La seule inconnue qui demeure en l’état est de savoir si ce parti restera dans l’UMP en misant sur un entrisme avoué, façon Trotskiste ou s’il se placera délibérément hors du périmètre de l’UMP. Son premier cap sera de réunir le quorum des 20 députés nécessaire à l’assemblée afin qu’un groupe parlementaire puisse être créé. Si ce quorum est atteint, le débarquement Villepiniste en France aura lieu.
Qu’est ce que ce serait bon, nom d’un chien !
Je me réjouis bien évidemment de cette décision, de la part de cet homme dont je ne partage pas les convictions, mais avec qui je partage l’essentiel : le sentiment diffus d’avoir des valeurs en commun issues de notre socle national. La nationalité Française avec Dominique de Villepin a tout de même une autre saveur que celle frappée au fer rouge à même la nation par notre scélérat d’Eric Besson.
En attendant, et il n'y a pas de secrets, nous nous devons de voter à gauche dimanche.
Just do it


Commentaires
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Social comments and analytics for this post (uberVU - social comments)Tiens, un blog villepiniste :-)
dedalus@dedalus : et en plus tu me nargues !
Christophe