Un sentiment obsédant m’avait envahi lundi lors de la lecture d'un article de Claude Askolovitch dans le JDD sans que j’arrive à en tirer quoi que ce soit d’autre qu’une rêverie personnelle. Le titre de cet article : « Sarkozy en maître du monde » ; il traitait du sommet du G20, ce week-end à Washington, vu par la lorgnette Française. Je n’arrivais pas à appréhender cette première impression diffuse jusqu’à maintenant. C’est lors de la lecture de ce galop d’essai réalisé par André gunthert, ce matin, que le déclic est venu.

 

Son billet est  illustré d’une image d’une pâte à tartiner Autrichienne qui synthétise à elle seule la chute de l’empire Austro-Hongrois au début du XXème siècle. Ce n’est pas un produit laitier, c’est la survivance d’un passé révolu que la tradition Autrichienne continue de perpétuer afin de mieux conjurer son présent. Freud se marie si bien avec cette image, qu’il a été immédiatement convoqué par ma rêverie. Quoi de plus symbolique, en effet que cette image d’un empire et d’une culture à bout de souffle, qui était le creuset bien malgré elle de la psychanalyse. Cette pâte à tartiner fait donc de la psychanalyse sans le savoir comme Mr Jourdain faisait de la prose à son époque.

 

J’étais donc en prise depuis lundi avec ce sentiment latent, de pâte à tartiner associée à des montagnes enneigées, des tresses blondes avec des chopes de bières servies par un folklore haut en couleur. Le tout surplombé d’un nid d’aigle observant cette tragédie ordinaire.

 

L’article de Claude Askolovitch parce qu’il était très bon, ou très mauvais c'est selon, m’avait laissé cette impression de divulguer une réalité autre que celle qu'il relatait. C’est seulement ce matin, à la lecture de ce second article, que le long travelling qu’avait effectué l'auteur s'est cristallisé en moi. Cet article, pour le moins descriptif, se révelle n’être que la vision qu'a  Nicolas Sarkozy de lui-même et du monde qui l’entoure. Cet article se positionne malgré l'auteur à la place du cortex de sarkozy.

 

Le comportement de sarkozy, lors de ce G20, semble sous l'emprise d'une phase maniaque dont il subirait les injonctions, comme si son comportement lui était dicté par ses biais. Cet « idéal de lui » lacanien l’a poussé à aller vers cette autre personnalité comme une courbe à la limite tangente son asymptote. Nicolas Sarkozy s’est donc vu un week-end à la tête du monde et il a eu le sentiment de tutoyer les Anges.

 

Cet instant précis n’est pas un hasard de calendrier, c’est en effet la succession d'évements politiques mondiaux qui ont imposé cet agenda là.
La diplomatie Américaine, par manque de crédibilité, a désertée depuis bien longtemps le champ d’influence international qui est pourtant son tropisme favori. C’est donc grâce à un G.Bush déconfit et au bout du rouleau que la diplomatie Européenne pourtant peu audible d’habitude est surexposée depuis plusieurs mois. Là dessus, vous rajoutez une crise Financière et économique dont l’ampleur semble insondable depuis plusieurs semaines et vous mettez un Nicolas Sarkozy à la tête de la présidence tournante Européenne depuis début juillet.

 

Vous obtenez donc un cocktail, convoqué par le hasard dans lequel la nécéssité fait rage. Unité de lieu, d’action, et de temps, Nicolas Sarkozy en fin limier de l’exposition médiatique est venu cueillir ce timing offert. Les augures ont donc mis ce cadeau à la disposition de Sarkozy, inutile de préciser que celui-ci n’a pas dédaigné le présent.
Les Français ont d'ailleurs aimés et en redemandent encore, comme en témoigne les derniers sondages d'opinions désormais très favorables pour le président. Le président remonte de plus de dix points sur ses plus bas d'il y' a seulement quelques semaines.

 

C’est pourtant le crépuscule d’une sur-exposition médiatique annoncée puisque comme le constate André gunthert : L'ex-coqueluche des sommets internationaux a trouvé son maître. La version française du mythe Kennedy fait désormais pâle figure devant Barack et Michelle. C’est un concurrent de poids contre lequel Nicolas Sarkozy ne peut lutter, et il le sait.

 

L’aura internationale de Barrack Obama n’a pas d’équivalent actuellement et son poids politique ainsi que son influence sont considérables. Il n’a pas voulu se compromettre dans cette aventure, dénouant d'un trais de plume la crédibilité de ce sommet. Il n’a pas « fait » ce calendrier, le sien viendra plus tard et sera maître. La vassalisation de Nicolas sarkozy est en cours et la chute de sa sur-exposition médiatique internationale est inexorable.

 

C’est d’ailleurs très certainement pour prolonger cet orgasme médiatique que Nicolas sarkozy a souhaité siphonner la présidence Tchéque à Vaclav Klaus. Peine perdue, la petite mort est déjà là.