Le parti socialiste nous offre une belle leçon de démocratie, encore une fois, lors de ce congrès. Ségolène Royal est arrivée au congrès auréolée de sa victoire acquise lors du vote de Mardi, depuis il semble que les choses soient moins évidentes pour elle. Le tout sauf ségolène est en train de refaire son apparition, comme si ses déboires à l'intérieur du PS en 2007 n'avaient pas suffit à ses détracteurs. Elle vient donc de concéder à ceux-ci une consultation des militants (de plus) pour savoir si le moment venu, une alliance avec le Modem serait possible. Il semble qu'elle soit bien la seule à porter un semblant, non pas d'idéologie, mais simplement une envie comme elle le dit si bien. La transformation de Royal à laquelle nous venons d'assister est époustouflante, elle doit être drivée cette fois-ci par des DirCom' assez doués, il faut le dire.
Beaucoup la croyaient ringardisée depuis l'an dernier, il faut croire qu'elle fait preuve d'une capacité de rebond surprenante. Certains appelleront cela peut-être de la résilience, si ce terme n'est pas déjà passé de mode.

Au royaume des Francs, c'est sans aucuns doutes le parti socialiste qui cultive avec le plus d'entrain cette idée mortifère d'un passé Français revisité dans lequel tout était...rose.

Les démons du PS ressurgissent au grand jour, les barons font la loi, et le conservatisme de gauche leur sied à merveille. Si la gauche n'avait pas gagnée tant de conseils généraux en 2004 ainsi que de cantons et de mairies au mois de février de cette année la contestation de l'impulsion Royal serait sans doute moins virulente aujourd'hui. Ces élus locaux ont été élus grâce au rejet de la politique de droite qui est à l'oeuvre depuis bientôt six ans. Ils ne sont absolument pas des champions de conquête, ce sont des second choix par défaut élus à un moment donné plus par la contestation de la rue que par le désir populaire. Il faut croire que ceux-ci une fois installés prennent leurs aises mais également leurs désirs pour la réalité.

Pour paraphraser Renaud qui chantait on choisit ses copains mais on ne choisit pas sa famille, Royal pourrait conserver cette phrase et rajouter à la fin de celle-ci le mot politique. Bref avec des camarades comme ceux-là au sein du PS, Royal mérite ses ennemis.

Sans dresser une couronne de lauriers sur la tête de la reine Ségolène de Reims, l'impulsion est de son coté, c'est indubitable. Les manoeuvres, les humeurs, les personnes et les choix des uns et des autres se cristallisent autour de ses positions à elle. La route est encore longue et semée d'embûche pour elle. Elle se retrouve donc encore une fois candidate avec M. Aubry et B. Hamon.

A défaut de synthèse court-circuitant les militants, nous n'avons pas eu de synthèse du tout, ni même de synthèse molle. On en viendrait presque à regretter le François Hollande rassembleur du coté des baronnies. Ce sont donc les militants qui vont élire le premier secrétaire mardi et/ou mercredi suivant le nombre de tours. C'est une grande victoire de la démocratie, et une belle leçon n'en déplaises aux commentateurs souhaitant par dessus tout la castagne. Le premier secrétaire sera élu démocratiquement. Les autres partis politiques Français peuvent prendre de la graine sur ce congrès du PS. A défaut d'avoir un projet performant et porteur pour l'avenir, le parti socialiste peut se targer de faire ses gammes sur un registre très plaisant, basé sur la solidité de ses institutions.

Les poupées Vaudou allant par deux, j'ai soudain envie de rajouter un petit couplet sur son vainqueur lors du dernier tournoi: j'ai nommé l'ôte de l'Elysée. Il pensait avoir ravi la vedette au congrès de Reims, ce week-end, grâce au G20 fantoche puisque sans Barrack Obama. Il n'en a rien été, la passion et la ferveur des Français est toujours présente non pas pour le congrès de Reims, ni même pour le parti socialiste mais pour Ségolène Royal. Pourtant, certains anciens PDG disent encore que la France n'est pas le lieu de la seconde chance.