Des fuites autour de l'élastique ont été organisées par l'Elysée dès la semaine dernière, Celles-ci concernent un scénario "dur" au sujet de la réforme des retraites en cours. Elles ont été relayées gratuitement par nos canards préférés. L'Elysée s'est bien entendu empressé de démentir cette information. La fuite ne souffre pourtant d'aucuns doutes possibles puisque les billets de nos quotidiens électroniques préférés sont de véritables orfèvreries (et non des Lefebvreries) en la matière. Jugez par vous-même cette magnifique exégèse du copié-collé d'un menu à l'autre de nos quotidiens nationaux!
Bref, comme nous le constatons, il s'agit d'une retraite avec 43 années cotisées et ceci pas avant 62 ou 63 ans (j'irai donc planter des navets dans mon jardin à partir de 68 ans, si Dieu me prête vie d'ici là, comme dit le dicton). Et comme le constate un retraité aujourd'hui à propos de mon billet du 29 avril: c'est "une réflexion que je partage même si aujourd'hui je ne suis plus concerné". Ce retraité ne fait donc pas partie des 67 % des + 65 ans qui pensent qu'il faut retarder l'age légal de la retraite, mais Il n'ira pas non plus dans la rue le 27 mai. Bref, au royaume des mal-chaussés, les cordonniers sont légions.
Il y' a des jours où j'aimerai choisir les personnes à qui j'envoie les euros de mes points de retraites dévalués.
3 mois de vaseline sur notre temps de cerveau disponible
Cela fait maintenant trois mois que nous subissons le feu nourri des Stukas Elyséens via la rhétorique bien huilée du: "travailler plus longtemps...ce n'est pas sale". Cela fonctionne à vrai dire très bien, les français ressemblent davantage à des poulets auxquels quelqu'un aurait mis la tête sous une aile qu'à autre chose. Il faut dire que nous sommes ébouillanté depuis maintenant deux ans par la crise qui nous a enlevé tout espoir de jours meilleurs. J'ai personnellement descendu en plein vol une de ces billevesée désincarnée sur le net, et je m'en félicite à vrai dire.
La seule solution viable à cette désinformation subie depuis maintenant plusieurs mois est de saboter ce mauvais projet de loi des retraites.
Malgré les manipulations du Figaro au sujet de sondages sur les retraites, nous savons désormais que 64 % des actifs souhaitent partir "le plus tôt possible" à la retraite. Si à tort, vous pensiez que je ne propose rien et qu'il n'y a pas d'alternatives au projet gouvernemental, allez donc lire mon billet du 16 mai, celui d'Eva Joly du 20 mai, ou la proposition de Pervenche Berès, député PSE, et son excellent rapport sur la crise financière.
Bref, nous sommes passé au court-bouillon d'une cuisine qui nous dépasse et nous avons abdiqué en masse. Les manifestations du jeudi 27 mai seront sans doute un échec, la faute à personne puisque...tous le nez dans le ruisseau.
Les manifestations: une arme d'une autre époque ?
Poser la question revient à y répondre. La société a été atomisée par trente années de chômage et une individualisation forcenée, si vous n'en êtes pas persuadé, achetez donc ce formidable bouquin des éditions du CNRS : "résister au libéralisme", la situation actuelle ne vous paraîtra que plus crue après cette lecture. La manifestation est effectivement une "arme" d'une autre époque, on dira avant la mondialisation. Mais nous n'en avons pas d'autre à ma connaissance à ce jour. En attendant ces futurs apéros-facebook centrés sur des projets de sociétés à grande fréquentation, nous n'avons que cette indéracinable "manifestation"...Alors faisons avec !
Le gouvernement a donc lâché cette proposition dans la presse pour voir si les manifestations, même avec ce scénario worst case, seraient à la hauteur. il s'agit donc d'un test. Inutile de préciser qu'il s'agira du tarif si les manifestations sont modestes.
Les opérateurs des marchés à Wall street avaient les yeux rivés sur leurs écrans plasma durant les manifestations grecques la semaine dernière, et il se dit qu'ils attendent avec anxiété la mise en coupe réglée de notre système de retraite pour respirer, afin que le cas français ne fasse pas tâche d'huile en Europe. Nous avons donc la possibilité de faire taire les marchés un instant jeudi, puisque nous ne sommes pas les plus endettés en Europe. Le diapason, ma foi !
Les laisserez-vous respirer, le cul posé sur notre magot, le 27 mai ?


Commentaires
un certain climat fataliste et aquaboniste règne ici bas... Pas mal de raisons sans doute à la fois politiques (beaucoup de gens déçus par la gauche qui n'y croient plus), sociales (difficiles de lutter quand on est au chômage) et surtout l'individualisme qui prime sur le collectif, en particulier sur l'action collective, avec en trame de fond l'espoir de s'en sortir seul...).
des pas perdusl'UMP le dit ouvertement " les marchés regardent notre volonté de réformer les retraites" . C'est le contraire de la démocratie : l'oligarchie financière au service de la ploutocratie.
Dans les sondages, les retraités de + de 65 ans sont à 10/15 points + favorable a faire Travailler plus les autres , et les nantis de patrimoine les + importants ( devinez leur classe d'age) sont dans le même décalage.
En gros les vieux riches craignent pour leur bonheur, ils ont peur que leur truc qui grimpe les escaliers automatiquement ne soit plus défiscalisé, ou qu'on tique sur leur "4x4" écologique.
Pendant ce temps là les vieux à petites retraites ne font plus qu'un repas par jour ou évitent certaines dépenses de santé, ou ne sortent plus de chez eux trop souvent. C'est la mort sociale avant la boite en bois.
Et va falloir expliquer un truc : la retraite a points que nous voulons, c'est simple : Pour un job pénible sur une période donnée, on donnera des points en plus au salarié et ça fera un coefficient multiplicateur sur cette période. Du coup, il partira a la retraite plus tôt que les autres.
Y'a aussi un truc que je ne comprend pas dans ce pays : la retraite couperet . Pourquoi ne pas partir progressivement (en option) par exemple pour procéder à la transmission du savoir faire des salariés vers les plus jeunes ou d'autres collègues. Là aussi en valorisant (points) cette option par ce que le salarié va faire un cadeau à l'entreprise.
Et faudra pas oublier une chose, à 40 ans de cotisations, et un age moyen d'entrée dans la vie active de 22 ans, ça va faire du 62 ans. Ne parlons pas de ceux qui comme moi sont rentrés dans la vie active à 24 ou 25 ans : Études + sevices militaires (une année perdue, rappelons le, et + maintenant)
Bordel, je me suis énervé, du coup je vais faire un billet.
Dagrouik@des pas perdus : L'espoir même minime de s'en sortir seul est d'une puissance incroyable. Et pourtant le rouleau compresseur avance.
@Dagrouik : ha Dagrouik est remonté, miam, un billet croustillant à venir alors !
ChristopheTiens, NS tacle Mitterrand à propos de la retraite à soixante ans. Je pense qu'il ne va pas assez loin. il faut remonter au Conseil de la Résistance: si on n'avait pas créé la Sécu, on aurait pas de trou maintenant. Pour tacler le Front Populaire, on va peut-être attendre la réforme des rythmes scolaires.
magMag
@mag : Moui le nain n'en finit pas dans sa nainitude
Christophe