En effet, 53 % des électeurs ne se sont pas déplacés pour aller voter hier. Plus de la moitié des électeurs Français, c'est un sacré chiffre qui aurait dû interpeller la classe politique hier soir lors des tables rondes organisées par les médias.

Il n'en a rien été, ou si peu, les effets de manches étaient bien présents en revanche à gauche et la dialectique Elyséenne bien en place.

Rappel des faits:

Nicolas Sarkozy a souhaité, dans un premier temps, début janvier instrumentaliser ces élections à des fins personnelles, il n'était question que de scrutin avec enjeu national. Un brusque revirement de sa part, sans doute à la vue des mauvais sondages a entériné une position inverse mi-janvier. Les dés étaient donc jetés: ce scrutin resterait régional. Ce qu'il a martelé une nouvelle fois, voilà deux semaines, peu avant d'ouvrir la porte à nouveau à "une lecture des résultats", encore à la suite d'un sondage. L'interventionnisme du chef de l'état, notamment dans la campagne de Valérie Pecresse, ne plait plus. La mise au pas, pour ne pas dire la manipulation, des "collaborateurs" et des institutions à ses propres fins ne fait plus rire du tout.

Démocratie! c'est la ritournelle qui revient à chaque élection dans les bouches à feu médiatiques. Mais où est elle passée lorsque le président entérinait au congrès de Versailles la constitution Européenne au mépris d'un vote démocratique qui lui avait tourné le dos ?

Et le parti socialiste: démocratique?

Le parti socialiste est un des rare parti à avoir un mode d'élection interne transparent, du moins sur le papier. Et pourtant les bourrages d'urnes pratiqués dans le Nord ont fait de ce congrès une expérience détestable pour tous les socialistes.

Après cela qui est donc en mesure de donner des leçon de démocratie aux Français, si ce n'est les deux principaux partis potentiellement "aux manettes".

Les résultats:




Par rapport aux derniers sondages de Vendredi, l'UMP a fortement fléchi, tandis que le PS a dépassé ce dernier. C'est donc un résultat symbolique: le Parti Socialiste est depuis hier le premier parti politique Français. Le Front de gauche a trouvé son espace, il réalise presque 6 % des bulletins exprimés.

On peut d'ailleurs se surprendre à ajouter les voix du Front de gauche à celles du parti socialiste, en effet celui-ci n'existait pas en 2004, pour aboutir à un score exceptionnel de l'ex-périmètre du parti socialiste à 35%.

La surprise vient du Front National qui n'était pas attendu à cet étiage. Il fait un score important en ramenant les déçus du Sarkozysme dans son giron. Le pari de Nicolas Sarkozy de réediter son rapt de 2007 sur les voix du Front national est donc un échec. C'est un deuxième coup de bambou pour Eric Besson après son chantier sur "l'identité nationale" arrêté , pour excès de haine nationale . Contrairement à tout ce qui a été dit, le Front National existe bel et bien. Ses électeurs échaudés par 2007 doivent désormais être très méfiants envers l'UMP actuel.

Europe Ecologie, sans rééditer son score des Européennes conserve une place honorable sur l'échiquier politique.

La surprise vient du MODEM, qui était donné entre 3 et 4%, celui-ci subit son plus mauvais score depuis sa création. C'est la deuxième sanction, après celle des Européennes, que les électeurs viennent d'infliger non pas au parti, mais à François Bayrou. Les semaines qui vont venir pour le Modem sont donc cruciales.

Il va donc être intéressant de suivre les triangulaires cette semaine ainsi que les consignes de votes et alliances pour le second tour.